En bref
Un thérapeute en micro-entreprise relève du régime micro-BNC (bénéfices non commerciaux). L'administration applique un abattement forfaitaire de 34 % sur le chiffre d'affaires encaissé : vous n'êtes imposé que sur les 66 % restants. Vous pouvez ensuite être imposé selon le barème classique, ou opter, sous condition de revenus, pour le versement libératoire à 2,2 % du chiffre d'affaires. Impôt et cotisations sociales sont deux choses distinctes. Ces taux et seuils évoluent : faites confirmer votre cas par un expert-comptable ou l'URSSAF.
Micro-BNC : le régime fiscal par défaut du thérapeute
L'activité d'un praticien bien-être relève des bénéfices non commerciaux (BNC), la catégorie des professions libérales et des prestations de services intellectuelles. En micro-entreprise, vous êtes donc au régime micro-BNC, qui est le cadre par défaut tant que vous restez sous les seuils prévus.
L'atout de ce régime est sa simplicité : pas de comptabilité complexe, pas de bilan, seulement un suivi des recettes encaissées. Vous déclarez votre chiffre d'affaires, et l'administration se charge d'en déduire une part forfaitaire de charges. Vous ne déduisez donc pas vos frais réels : ils sont réputés couverts par l'abattement.
Ce cadre convient bien à un démarrage, comme le rappelle l'article comparant le statut de micro-entrepreneur et l'entreprise individuelle au réel. Le régime micro reste avantageux tant que vos charges réelles sont faibles, ce qui est fréquent pour une activité de conseil ou d'accompagnement.
Que vous exerciez comme coach en nutrition, praticien en relaxation ou naturopathe, le régime fiscal est identique : c'est la nature libérale de la prestation qui le détermine, pas la discipline. La formation pour devenir coach en nutrition en est un exemple parmi d'autres.
L'abattement de 34 % : sur quoi êtes-vous imposé ?
En micro-BNC, l'administration retient un abattement forfaitaire de 34 % sur votre chiffre d'affaires, avec un minimum plancher. Autrement dit, seuls 66 % de vos encaissements sont retenus comme bénéfice imposable. C'est ce bénéfice, et non votre chiffre d'affaires brut, qui entre dans le calcul de l'impôt sur le revenu.
Le tableau ci-dessous illustre ce mécanisme sur quelques niveaux de chiffre d'affaires annuel. Les montants sont donnés à titre d'exemple, hors cas particuliers, pour visualiser la logique de l'abattement.
Retenez le principe plutôt que les chiffres exacts : l'abattement réduit mécaniquement la base imposable, mais il ne dit rien de l'impôt final, qui dépend ensuite de l'ensemble des revenus du foyer et du mode d'imposition choisi.
| Chiffre d'affaires encaissé (an) | Abattement forfaitaire (34 %) | Bénéfice imposable retenu |
|---|---|---|
| 10 000 € | 3 400 € | 6 600 € |
| 20 000 € | 6 800 € | 13 200 € |
| 30 000 € | 10 200 € | 19 800 € |
| 40 000 € | 13 600 € | 26 400 € |
Barème classique ou versement libératoire : deux options
Une fois le bénéfice déterminé, deux façons d'être imposé s'offrent à vous. Par défaut, ce bénéfice s'ajoute aux autres revenus du foyer et suit le barème progressif de l'impôt sur le revenu. L'impôt dépend alors de votre tranche marginale et de votre situation familiale : il peut être nul si vos revenus sont modestes.
La seconde option est le versement libératoire de l'impôt sur le revenu. Vous réglez alors l'impôt en même temps que vos cotisations, sous forme d'un pourcentage fixe du chiffre d'affaires — 2,2 % pour une activité libérale relevant des BNC. C'est simple et lissé, mais cette option n'est ouverte que si le revenu fiscal de référence de votre foyer (année N-2) ne dépasse pas un plafond par part.
Le versement libératoire est rarement intéressant si votre foyer n'est de toute façon pas imposable, puisque vous paieriez 2,2 % là où le barème ne vous coûterait rien. Il peut l'être davantage si vous êtes imposé et que l'activité génère un chiffre d'affaires régulier. Ce calcul dépend trop de votre situation pour être tranché dans l'absolu : c'est typiquement le point à valider avec un professionnel.
Ne pas confondre impôt et cotisations sociales
C'est la confusion la plus fréquente. L'impôt sur le revenu et les cotisations sociales sont deux prélèvements distincts, calculés séparément. L'abattement de 34 % concerne l'impôt ; il ne s'applique pas au calcul des cotisations sociales.
Les cotisations sociales, elles, se calculent en pourcentage du chiffre d'affaires encaissé, à un taux propre aux activités libérales, et se déclarent auprès de l'URSSAF de façon mensuelle ou trimestrielle. Elles financent notamment votre protection sociale et votre retraite. Le fonctionnement pratique est détaillé dans l'article sur la déclaration URSSAF en micro-entreprise.
La question de la retraite mérite une attention particulière, car les praticiens libéraux relèvent de caisses spécifiques. L'article sur la retraite du thérapeute indépendant, entre CIPAV et SSI, explique ce que financent réellement ces cotisations et les droits associés.
TVA et CFE : les autres lignes à connaître
Tant que votre chiffre d'affaires reste sous le seuil de la franchise en base de TVA, vous ne facturez pas de TVA et n'en récupérez pas. Vos factures portent alors la mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI ». Au-delà du seuil, vous devenez redevable de la TVA, ce qui change votre facturation.
La cotisation foncière des entreprises (CFE) est un impôt local dû par la plupart des indépendants, généralement à partir de la deuxième année d'activité, avec une exonération possible la première année et pour les chiffres d'affaires très faibles. Son montant varie selon la commune.
Ces seuils et exonérations évoluent régulièrement d'une année sur l'autre. Ne vous fiez pas à un chiffre lu sur un forum : vérifiez les montants de l'année en cours sur les sites officiels, ou faites-les confirmer par un professionnel avant toute décision.
Ce qu'un expert-comptable peut trancher pour vous
Comprendre le mécanisme est une chose ; l'appliquer à votre foyer en est une autre. Le choix entre barème et versement libératoire, l'opportunité de rester au micro ou de passer au réel, l'impact de vos autres revenus : ce sont des arbitrages qui dépendent de chiffres précis et personnels. Un expert-comptable, même consulté ponctuellement, sécurise ces décisions.
Pour vous faire une première idée des ordres de grandeur, vous pouvez estimer votre situation avec le calculateur de revenus du thérapeute, puis affiner avec un professionnel. Le guide pour devenir thérapeute replace par ailleurs le sujet fiscal dans l'ensemble de la création d'activité.
Enfin, si votre projet est encore au stade de la réflexion, un bilan gratuit et sans engagement peut vous aider à en clarifier les grandes lignes avant même d'entrer dans le détail fiscal. Mieux vaut choisir sa discipline et son positionnement d'abord, et régler la fiscalité ensuite, avec les bons interlocuteurs.
Questions fréquentes
Quel est l'abattement fiscal d'un thérapeute en micro-BNC ?
Le régime micro-BNC applique un abattement forfaitaire de 34 % sur le chiffre d'affaires encaissé, avec un minimum plancher. Vous n'êtes imposé que sur les 66 % restants, considérés comme votre bénéfice. Cet abattement remplace la déduction des frais réels : vous ne déduisez donc pas vos dépenses séparément.
Le versement libératoire est-il intéressant pour un thérapeute ?
Cela dépend de votre situation. Le versement libératoire fait payer l'impôt sous forme de 2,2 % du chiffre d'affaires, en même temps que les cotisations. Il n'est ouvert que sous un plafond de revenu fiscal de référence. Il est rarement avantageux si votre foyer n'est pas imposable, puisque vous paieriez un impôt là où le barème ne vous coûterait rien. Faites le calcul avec un professionnel.
Impôt et cotisations sociales, est-ce la même chose ?
Non, ce sont deux prélèvements distincts. Les cotisations sociales, versées à l'URSSAF, financent votre protection sociale et votre retraite ; elles se calculent sur le chiffre d'affaires, sans l'abattement de 34 %. L'impôt sur le revenu se calcule à part, sur le bénéfice après abattement. Il ne faut pas additionner les deux comme s'ils suivaient la même règle.




