En bref
En micro-entreprise, le praticien bien-être ne paie des cotisations sociales et de l'impôt que sur ce qu'il encaisse réellement : pas de recette, pas de charge. La TVA est en général non applicable sous un certain seuil de chiffre d'affaires (régime de franchise en base), ce qui simplifie la facturation. Les règles évoluent : vérifiez les seuils et taux en vigueur auprès de l'URSSAF et des impôts, ou avec un expert-comptable, avant de vous lancer.
Comment fonctionne le chiffre d'affaires en micro-entreprise ?
En micro-entreprise, le chiffre d'affaires, c'est tout ce que vous encaissez de vos clients. Pas ce que vous avez facturé, pas ce qu'on vous a promis : ce qui est réellement tombé dans votre compte ou dans votre main. C'est le principe du régime des encaissements, et il simplifie vraiment la gestion au quotidien.
Vous n'avez pas à tenir une comptabilité d'entreprise au sens traditionnel. Un tableau ou un carnet où vous notez chaque encaissement avec la date, le montant et le nom du client suffit. C'est ce registre qui servira de base pour vos déclarations auprès de l'URSSAF et de l'administration fiscale.
Un point à bien comprendre : vous ne déduisez pas vos dépenses professionnelles de ce chiffre d'affaires. Si vous achetez du matériel ou suivez une formation, ces frais ne réduisent pas votre base imposable en micro-entreprise. C'est la contrepartie de la simplicité du régime. Si vos charges professionnelles sont importantes, le régime réel peut devenir plus intéressant, comme expliqué dans notre article sur le statut juridique du thérapeute.
Les cotisations sociales : comment ça se calcule ?
C'est le principe le plus rassurant de la micro-entreprise : vous payez un pourcentage fixe de ce que vous avez encaissé sur la période. Rien de plus. Si vous n'avez rien encaissé, vous ne payez rien.
Ce pourcentage couvre les cotisations sociales (retraite, maladie, maternité, allocations familiales...) et, si vous avez opté pour le versement libératoire de l'impôt, également l'impôt sur le revenu. Les taux applicables aux activités de service comme les consultations bien-être sont publiés sur le site de l'URSSAF et peuvent être révisés chaque année : consultez toujours la source officielle pour avoir le chiffre exact au moment où vous exercez.
La déclaration se fait en général chaque mois ou chaque trimestre selon votre choix initial. La régularité est importante : ne laissez pas s'accumuler plusieurs périodes sans déclarer, même si vous n'avez rien encaissé. Une déclaration à zéro reste obligatoire.
La TVA en franchise : ce que ça change pour vos factures
La grande majorité des thérapeutes et praticiens bien-être débutants bénéficient de la franchise en base de TVA. Cela signifie que vous ne collectez pas de TVA sur vos prestations et que vous n'en déduisez pas non plus sur vos achats. Vos factures affichent la mention 'TVA non applicable - article 293 B du CGI'.
C'est un avantage réel pour vos clients particuliers, qui paient le prix net sans TVA ajoutée. Et c'est une simplification administrative notable pour vous.
Ce régime est conditionné au respect d'un seuil de chiffre d'affaires annuel. Au-delà, vous devenez redevable de la TVA et devez la facturer, la déclarer et la reverser. Ce seuil est fixé par la loi et peut être ajusté ; vérifiez le montant actuellement en vigueur sur impots.gouv.fr ou auprès de l'administration fiscale.
Comment rédiger une facture quand on est micro-entrepreneur thérapeute ?
Une facture conforme en micro-entreprise doit comporter plusieurs mentions obligatoires : vos nom et prénom (ou dénomination commerciale), votre adresse professionnelle, votre numéro SIRET, la date, un numéro de facture séquentiel, le détail de la prestation, le montant et la mention TVA non applicable si vous êtes en franchise.
La mention 'TVA non applicable, article 293 B du CGI' est obligatoire : son absence peut poser un problème en cas de contrôle. Elle signale à votre client qu'il ne peut pas récupérer de TVA sur cette dépense, ce qui n'a pas d'impact pour les particuliers mais peut avoir de l'importance si vous facturez des entreprises.
Conservez toutes vos factures émises et reçues dans un classeur ou un outil numérique pendant au moins dix ans. C'est la durée légale de conservation. Des logiciels simples et souvent gratuits ou peu coûteux permettent de les générer et les archiver proprement. Pour l'ensemble de la démarche d'installation, notre article sur les obligations légales du praticien bien-être complète utilement ces bases.
Les erreurs les plus courantes à éviter
La première erreur, c'est de ne pas séparer compte personnel et compte professionnel. Ce n'est pas obligatoire en micro-entreprise sous un certain seuil, mais c'est fortement recommandé pour s'y retrouver et éviter les confusions en cas de contrôle.
La deuxième, c'est d'oublier de mettre de l'argent de côté pour les charges. En micro-entreprise, les cotisations ne sont pas prélevées automatiquement à la source comme sur un salaire : c'est à vous d'anticiper les échéances. Mettre systématiquement un pourcentage de chaque encaissement de côté sur un compte dédié est une habitude simple qui évite des mauvaises surprises.
Enfin, ne pas se faire accompagner quand les questions se compliquent. Un expert-comptable, même consulté une ou deux fois par an, permet de vérifier que tout est en règle et d'anticiper les évolutions. Certaines associations de gestion agréées proposent aussi un accompagnement abordable pour les indépendants. Le catalogue des formations thérapeute peut par ailleurs vous aider à trouver des programmes qui incluent ces aspects pratiques d'installation.
Questions fréquentes
Dois-je ouvrir un compte bancaire professionnel en micro-entreprise ?
La loi impose d'avoir un compte dédié à votre activité professionnelle au-delà d'un certain seuil de chiffre d'affaires annuel (vérifiez le montant en vigueur). En dessous, ce n'est pas une obligation légale, mais c'est fortement conseillé pour la clarté de votre gestion et en cas de contrôle.
Que se passe-t-il si je dépasse le seuil de franchise TVA en cours d'année ?
Vous devenez redevable de la TVA à partir du premier jour du mois de dépassement. Vous devez alors modifier vos factures pour y ajouter la TVA et effectuer des déclarations régulières. L'administration fiscale doit être informée rapidement. Un expert-comptable peut vous accompagner sur cette transition.
Les séances de bien-être sont-elles exonérées de TVA ?
Les prestations des praticiens bien-être (naturopathie, coaching, hypnose...) ne bénéficient pas d'une exonération spécifique de TVA comme c'est le cas pour certains actes médicaux. C'est la franchise en base (liée au seuil de chiffre d'affaires) qui permet aux micro-entrepreneurs de ne pas facturer la TVA, pas une exonération propre à la profession.
