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Actualité · Publié le 24 août 2026 · 10 min de lecture

Rentrée 2026 sous tension : ce que la mobilisation enseignante et l'épuisement des profs changent pour les praticiens du bien-être

Dans L'US n°873 du 22 août 2026, le SNES-FSU détaille son plan d'action pour une « rentrée offensive » : préavis de grève dès la pré-rentrée du 31 août, enquête flash sur les postes non pourvus, mobilisation sur les salaires alors que le point d'indice n'a progressé que de 5 % depuis 2020 pour une inflation de 21 %. Cette mobilisation s'ajoute à une crise de recrutement documentée (18 % des postes du second degré restent non pourvus après les concours, jusqu'à 67 % en NSI) et à un baromètre Ecolhuma qui chiffre à 47 % la part des enseignants en épuisement émotionnel clinique. Une rentrée sous tension qui n'est pas sans lien avec le champ d'action des praticiens du bien-être et de la qualité de vie au travail, à condition de bien cadrer ce qu'ils peuvent — et ne peuvent pas — apporter face à une crise avant tout structurelle.

Rentrée 2026 sous tension : ce que la mobilisation enseignante et l'épuisement des profs changent pour les praticiens du bien-être

En bref

Le SNES-FSU a publié le 22 août 2026 (L'US n°873) un plan d'action pour une rentrée « offensive » : préavis de grève dès la pré-rentrée du 31 août, enquête flash sur les postes non pourvus et mobilisation salariale, dans un contexte où 18 % des postes du second degré restent non pourvus après les concours 2026 et où le baromètre Ecolhuma mesure à 47 % la part des enseignants en épuisement émotionnel clinique. Pour les praticiens du bien-être (relaxologues, sophrologues, coachs QVCT), cette actualité confirme un terrain d'intervention réel en milieu scolaire — ateliers de gestion du stress, accompagnement individuel des équipes — mais strictement complémentaire : ni les salaires, ni les postes vacants, ni les effectifs par classe ne relèvent de leur champ d'action.

Ce que révèle L'US n°873 du SNES-FSU à la veille de la rentrée 2026

Le 22 août 2026, le SNES-FSU — principal syndicat des enseignants du second degré — a publié le numéro 873 de L'US, sa publication de référence, entièrement consacré à la rentrée 2026. Le syndicat y présente un plan d'action pour une « rentrée offensive », avec des préavis de grève déposés dès la journée de pré-rentrée du lundi 31 août et reconduits chaque semaine à partir du retour des élèves, le mardi 1er septembre.

Dès la pré-rentrée, le syndicat prévoit de diffuser dans les établissements des tracts, publications et affiches destinés à la réunion plénière d'ouverture d'année, pour informer les collègues et engager des mobilisations locales. La question salariale est présentée comme centrale : entre 2020 et 2026, la valeur du point d'indice de la fonction publique n'a progressé que de 5 %, quand l'inflation cumulée sur la même période atteint 21 %, un écart que le syndicat qualifie de intenable pour le pouvoir d'achat des personnels.

Autre axe du plan d'action : dès la semaine de la rentrée, le SNES-FSU appelle les enseignants à répondre à une enquête flash sur les postes non pourvus dans leur établissement, un outil de mobilisation qui doit documenter, terrain par terrain, l'ampleur de la crise de recrutement au moment même où les élèves retrouvent leurs salles de classe.

Une rentrée marquée par la pénurie de personnel et la crise d'attractivité

Ce plan d'action s'appuie sur des données déjà connues avant même la rentrée. Si le ministère annonce une amélioration du taux de pourvoi dans le premier degré pour la session 2026 (98,5 % des postes pourvus au niveau national, contre 92,1 % en 2025), la situation reste beaucoup plus tendue dans le second degré : environ 18 % des postes restent non pourvus à l'issue des résultats d'admission des concours, avec de très fortes disparités selon les disciplines — jusqu'à 67 % en numérique et sciences informatiques (NSI), 42 % en allemand, 40 % en économie-gestion et 30 % en mathématiques.

À cette crise de recrutement s'ajoute une trajectoire de suppressions de postes : 3 256 postes d'enseignants sont finalement supprimés à la rentrée 2026, une décision justifiée par le ministère par une baisse démographique du nombre d'élèves, mais qui, combinée aux postes non pourvus, pèse directement sur les conditions d'encadrement dans de nombreux établissements dès les premières semaines de septembre.

C'est ce cumul — recrutement en tension, suppressions de postes et gel salarial de fait — que le SNES-FSU met en avant pour justifier son plan de mobilisation, en insistant sur le fait que la dégradation des conditions de travail des enseignants n'est pas un ressenti isolé mais un phénomène mesurable, chiffré et documenté chaque année par les résultats mêmes des concours de recrutement.

L'épuisement émotionnel des enseignants, une réalité documentée avant même la rentrée

Cette actualité syndicale fait écho à un constat déjà posé cet été par le monde de la recherche : la troisième édition du baromètre de l'observatoire Ecolhuma, menée auprès de plus de 1 000 enseignants du premier et du second degré et relayée par franceinfo et l'agence de presse spécialisée AEF info, mesure que 47 % des enseignants atteignent un seuil clinique d'épuisement émotionnel — près d'un sur deux, un chiffre en léger recul par rapport aux 59 % mesurés en 2024, mais qui reste extrêmement élevé.

Les auteurs du baromètre nuancent d'ailleurs cette baisse statistique : elle pourrait en partie traduire non pas une amélioration réelle, mais l'adoption par une partie des enseignants de stratégies de mise à distance ou de dépersonnalisation face à une pression jugée trop forte — une forme de retrait protecteur qui, à terme, risque de désengager davantage encore la dimension relationnelle du métier, pourtant centrale dans l'enseignement.

Parmi les causes d'épuisement identifiées par les enseignants eux-mêmes figurent en premier lieu les conditions matérielles d'exercice du métier, le manque de reconnaissance et le désengagement perçu des élèves — des facteurs qui recoupent largement les revendications portées par le SNES-FSU dans son plan de rentrée : effectifs, moyens humains et reconnaissance salariale.

Pourquoi cette tension concerne aussi les praticiens du bien-être et de la QVCT

Face à ce cumul de pression institutionnelle et d'épuisement individuel, la place des praticiens du bien-être en milieu scolaire ou périscolaire — relaxologues, sophrologues, coachs en qualité de vie au travail, instructeurs de méditation — n'est pas nouvelle, mais elle prend un relief particulier à cette rentrée. Plusieurs établissements, notamment via leurs comités sociaux ou leurs associations de personnels, font ponctuellement appel à des intervenants extérieurs pour proposer des ateliers de gestion du stress ou des temps de relaxation collective aux équipes pédagogiques, en complément des dispositifs de médecine du travail.

Ces interventions s'appuient sur des techniques simples et non médicamenteuses — respiration, relaxation progressive, cohérence cardiaque, temps de pleine conscience — dont l'intérêt est justement de proposer un outil accessible, rapide à mettre en œuvre et sans prérequis, à des professionnels dont l'emploi du temps laisse peu de place à un accompagnement plus lourd. Notre article sur la pénurie de psychologues scolaires à la rentrée détaille un constat proche côté élèves : le système public peine à absorber seul l'ensemble des besoins d'accompagnement psychologique en milieu scolaire, qu'ils concernent les élèves ou les personnels.

Un praticien du bien-être qui souhaite intervenir dans ce contexte a intérêt à se rapprocher des dispositifs déjà existants d'accompagnement des personnels de l'Éducation nationale — infirmiers de prévention, médecine du travail, assistants sociaux des personnels — pour proposer une offre clairement identifiée comme complémentaire, plutôt que de démarcher les établissements de façon isolée sans connaître ce cadre institutionnel.

Où s'arrête l'accompagnement bien-être, où commence la responsabilité de l'employeur

Il est essentiel de ne pas confondre les deux plans qui se jouent à cette rentrée. D'un côté, une crise structurelle — recrutement, suppressions de postes, rémunération — qui relève exclusivement de décisions politiques et budgétaires, et que ni un atelier de relaxation ni une séance de sophrologie ne peuvent résoudre. De l'autre, une souffrance individuelle bien réelle, documentée par le baromètre Ecolhuma, sur laquelle un accompagnement bien-être peut apporter un soulagement ponctuel, sans jamais s'y substituer.

Un praticien sérieux qui intervient auprès d'enseignants en tension doit être au clair sur cette limite : proposer des outils de régulation du stress au quotidien, oui ; laisser entendre que ces outils suffisent à compenser un manque chronique de personnel ou une charge de travail structurellement excessive, non. C'est cette honnêteté qui distingue une intervention utile d'un discours qui minimiserait, involontairement, la réalité de ce que vivent les équipes.

Cette vigilance protège aussi la crédibilité de la profession : un employeur — ou un rectorat — qui financerait des ateliers de bien-être comme réponse unique à une alerte sur les conditions de travail s'exposerait à une critique légitime, largement documentée par les mêmes chercheurs qui alertent sur l'épuisement émotionnel des enseignants.

Ce que cela signifie pour une reconversion vers la relaxologie ou l'accompagnement du stress en milieu professionnel

Pour une personne en reconversion qui envisage un métier centré sur la gestion du stress et la relaxation, ce contexte confirme un besoin réel et documenté, au-delà du seul secteur de l'Éducation nationale : la détresse psychique liée au travail touche aujourd'hui de très nombreux secteurs professionnels, et la demande d'outils simples, accessibles et non médicamenteux continue de croître, portée à la fois par les salariés eux-mêmes et par des employeurs de plus en plus attentifs à leurs obligations de prévention.

Cela suppose de se former sérieusement aux techniques de relaxation — respiration, training autogène, relaxation progressive, cohérence cardiaque — mais aussi de bien comprendre le cadre dans lequel ces techniques s'exercent : la formation de relaxologue pose ces bases, techniques comme déontologiques, indispensables pour intervenir de façon crédible en entreprise ou en établissement scolaire.

Notre guide pour se reconvertir dans le bien-être détaille par ailleurs les étapes concrètes pour construire un projet réaliste — statut, financement, prospection —, et notre guide pour devenir thérapeute resitue plus largement la place de ces accompagnements non médicaux aux côtés des professions de santé réglementées.

Sources

SNES-FSU, « Le plan d'action pour une rentrée 2026 offensive » et L'US n°873 du 22 août 2026, snes.edu.

Données sur les postes non pourvus et la répartition des concours enseignants 2026 (18 % de postes non pourvus dans le second degré, jusqu'à 67 % en NSI ; 98,5 % de postes pourvus dans le premier degré) : SNES-FSU, « Concours 2026 : la pénurie malgré la réforme », et ministère de l'Éducation nationale, education.gouv.fr.

Baromètre 2026 de l'observatoire Ecolhuma sur la santé mentale des enseignants (47 % en épuisement émotionnel clinique, contre 59 % en 2024), mené auprès de plus de 1 000 enseignants du premier et du second degré : relayé par franceinfo, « Près d'un enseignant sur deux reste en souffrance émotionnelle, au bord du burn-out », et par AEF info.

Questions fréquentes

Que demande le SNES-FSU pour la rentrée 2026 ?

Dans L'US n°873 du 22 août 2026, le syndicat annonce des préavis de grève dès la pré-rentrée du 31 août, reconduits chaque semaine, ainsi qu'une enquête flash sur les postes non pourvus. Ses revendications portent principalement sur les salaires (le point d'indice n'a progressé que de 5 % depuis 2020 pour 21 % d'inflation) et sur les moyens humains, alors que 18 % des postes du second degré restent non pourvus après les concours 2026.

Que révèle le baromètre Ecolhuma sur l'épuisement des enseignants ?

Sa troisième édition, menée en 2026 auprès de plus de 1 000 enseignants, mesure que 47 % d'entre eux atteignent un seuil clinique d'épuisement émotionnel — près d'un sur deux. Ce chiffre recule par rapport aux 59 % de 2024, mais les auteurs de l'étude avertissent que cette baisse pourrait en partie traduire des stratégies de retrait protecteur plutôt qu'une réelle amélioration des conditions de travail.

Un praticien du bien-être peut-il répondre à l'épuisement des enseignants ?

Il peut proposer des outils utiles et complémentaires — ateliers de relaxation, gestion du stress, respiration — en s'appuyant si possible sur les dispositifs déjà en place (médecine du travail, infirmiers de prévention). Mais il ne peut en aucun cas se substituer à ce qui relève de la responsabilité de l'employeur : effectifs suffisants, postes pourvus et rémunération, qui sont les leviers structurels identifiés à la fois par les syndicats et par les chercheurs sur l'épuisement professionnel.

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