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Actualité · Publié le 21 août 2026 · 8 min de lecture

Pénurie de psychologues scolaires à la rentrée 2026 : ce que ça change pour les thérapeutes et praticiens de bien-être

À quelques jours de la rentrée, la France compte environ un psychologue de l'Éducation nationale pour 1 600 élèves, loin de la recommandation européenne d'un pour 800. Des postes de concours restent non pourvus, des syndicats appellent à la mobilisation dès la prérentrée, et de nombreuses familles n'auront tout simplement personne à consulter dans l'établissement de leur enfant. Un vide que les coachs, praticiens en relation d'aide et accompagnants du bien-être sont de plus en plus sollicités pour combler, à condition de rester strictement dans leur périmètre.

Pénurie de psychologues scolaires à la rentrée 2026 : ce que ça change pour les thérapeutes et praticiens de bien-être

En bref

La France compte environ 7 000 psychologues de l'Éducation nationale pour 12,5 millions d'élèves, soit un praticien pour 1 600 jeunes en moyenne (jusqu'à 1 pour 1 500 sur plusieurs établissements dans certaines académies), très en dessous de la recommandation européenne d'un psychologue pour 800 élèves. En 2025, 41 des 147 places ouvertes au concours de psychologue de l'Éducation nationale premier degré sont restées non pourvues. Ce trou d'air, aggravé par des appels à la mobilisation syndicale dès la prérentrée 2026, pousse davantage de familles vers des coachs parentalité, praticiens en relation d'aide ou art-thérapeutes en complément — jamais en remplacement — du suivi psychologique et médical.

Ce qui se passe : une pénurie structurelle qui s'aggrave à la rentrée 2026

À quelques jours de la reprise des classes, le constat est connu de tous les acteurs de terrain mais rarement mesuré aussi précisément : la France compte environ 7 000 psychologues de l'Éducation nationale pour 12,5 millions d'élèves, soit un praticien pour 1 600 jeunes en moyenne. Le chiffre, documenté par une enquête de basta.media, est à comparer à la recommandation généralement admise au niveau européen d'un psychologue scolaire pour 800 élèves au maximum. La France se situe donc à environ la moitié du seuil recommandé, et ce alors que les signaux de mal-être chez les jeunes n'ont jamais été aussi présents dans le débat public.

Le nombre de professionnels a par ailleurs reculé sur le temps long : environ 3 330 psychologues étaient affectés au second degré ces dernières années, contre près de 4 700 au début des années 1980, pour une population scolaire qui n'a pas diminué dans les mêmes proportions. Dans certaines académies, un seul psychologue doit couvrir jusqu'à 1 500 élèves répartis sur trois ou quatre établissements différents, ce qui rend le suivi individuel quasi impossible en dehors des situations les plus critiques.

Le problème ne se limite pas aux effectifs en poste : il touche aussi le recrutement. Sur les 147 places ouvertes au concours 2025 de psychologue de l'Éducation nationale dans le premier degré, 41 sont restées non pourvues faute de candidats, un signal clair d'un manque d'attractivité du métier (rémunération, statut, charge de travail) que plusieurs organisations professionnelles documentent depuis des années.

Une rentrée sous tension : mobilisations syndicales et alertes de terrain

Cette pénurie structurelle rencontre, à la rentrée 2026, un climat social tendu. Plusieurs organisations syndicales de l'enseignement (dont le SNES-FSU et des sections départementales de FO) ont déposé des préavis de grève couvrant la prérentrée et les premières semaines de classe, dénonçant notamment l'absence de créations de postes de psychologues et d'accompagnants suffisantes pour répondre aux besoins identifiés sur le terrain. Ces mobilisations ne portent pas uniquement sur les salaires : elles pointent explicitement le manque de personnels de soutien psychologique dans les écoles, collèges et lycées.

Du côté du gouvernement, la santé mentale a été reconduite comme grande cause nationale pour 2026 après l'avoir été en 2025, avec plusieurs annonces destinées à répondre à l'urgence chez les plus jeunes. La ministre en charge de la Santé a notamment annoncé un dispositif de « coupe-file » : lorsqu'un médecin scolaire, une infirmière, un psychologue ou un assistant social identifie un jeune en détresse, celui-ci doit pouvoir être orienté vers une structure adaptée avec un objectif de rendez-vous sous 48 heures en cas de situation critique, piloté par les agences régionales de santé.

Ces annonces, aussi bienvenues soient-elles sur le papier, ne changent pas la réalité immédiate vécue par les familles à la rentrée : entre l'annonce d'un dispositif d'urgence et sa mise en musique concrète dans chaque académie, il existe un délai que les parents, les enseignants et les enfants eux-mêmes doivent traverser sans accompagnement suffisant côté institution scolaire.

Ce que ça change concrètement pour les thérapeutes et praticiens de bien-être

Ce vide institutionnel a un effet direct, documenté par de nombreux praticiens en exercice : les familles se tournent de plus en plus, en complément du parcours scolaire et médical, vers des professionnels du bien-être installés en libéral. Coachs en parentalité positive, praticiens en relation d'aide, art-thérapeutes travaillant avec les enfants et les adolescents, ou encore sophrologues spécialisés dans la gestion de l'anxiété scolaire constatent une hausse des demandes concentrée précisément sur les semaines qui précèdent et suivent la rentrée.

Cette demande porte moins sur le soin clinique — qui reste le champ du psychologue, du pédopsychiatre ou du médecin — que sur l'accompagnement du quotidien : aider un enfant à verbaliser son appréhension, outiller des parents démunis face à des troubles du sommeil ou des maux de ventre liés au stress de la rentrée, ou simplement offrir un espace d'écoute régulier quand le rendez-vous avec le psychologue scolaire se fait attendre plusieurs mois. C'est un rôle de première ligne, complémentaire et non substitutif.

Pour les praticiens déjà installés, c'est une période où la communication autour de ces sujets (rentrée, anxiété, parentalité) trouve un écho particulièrement fort. Pour ceux qui envisagent une reconversion vers ces métiers, c'est aussi un indicateur de marché : la demande d'accompagnement autour de l'enfance et de la parentalité ne faiblit pas, et le secteur public, structurellement sous tension, n'est pas en mesure de l'absorber seul dans les années qui viennent.

Le cadre à respecter : accompagner sans jamais se substituer

Cette opportunité s'accompagne d'une responsabilité déontologique claire, que tout praticien sérieux doit connaître avant de se positionner sur ce créneau. Un coach en parentalité, un praticien en relation d'aide ou un art-thérapeute n'est ni psychologue, ni médecin, ni pédopsychiatre : il ne pose aucun diagnostic, ne prescrit rien et n'a pas vocation à traiter des troubles psychiques avérés (dépression, troubles anxieux caractérisés, phobie scolaire installée, idées suicidaires). Ces situations relèvent d'un accompagnement médical ou psychologique, sans exception.

Le rôle du praticien de bien-être est d'écouter, d'outiller, de rassurer et surtout de savoir repérer les signaux qui justifient une orientation rapide vers un professionnel de santé. Cette vigilance protège l'enfant et la famille, mais elle protège aussi le praticien lui-même : exercer hors de son périmètre expose à des risques déontologiques et, in fine, nuit à la crédibilité de toute la profession.

Beaucoup de praticiens sérieux construisent, dès leur installation, un petit réseau de professionnels de santé (médecin traitant, psychologue, CMP local) vers qui orienter sans délai en cas de doute. C'est ce filet de sécurité, plus que n'importe quel argument commercial, qui distingue une pratique responsable d'une pratique à risque — un point que toute formation sérieuse de coach en parentalité positive doit aborder explicitement.

Comment se positionner sereinement sur ce sujet en pleine actualité

Pour les personnes en reconversion vers les métiers de l'accompagnement, cette actualité illustre un phénomène plus large : le secteur du soin et de l'accompagnement fait partie des rares filières qui continuent de recruter et de générer de la demande, y compris en période de tensions sur le marché du travail. La demande liée à la parentalité, à l'enfance et à la gestion du stress ne dépend pas d'un cycle économique — elle est structurelle, portée par une pression scolaire et sociale qui ne se relâche pas.

Se former sérieusement reste néanmoins la condition de départ : comprendre le développement de l'enfant, les mécanismes de l'anxiété, les techniques de communication bienveillante et, surtout, les limites précises de son champ d'intervention. C'est tout l'enjeu d'une formation de coach en parentalité positive structurée, qui pose ce cadre avant d'aborder les outils pratiques.

Pour aller plus loin sur la manière de construire une reconversion solide dans ces métiers, notre guide pour se reconvertir dans le bien-être détaille les étapes à suivre, et notre guide complet pour devenir thérapeute explique les prérequis communs à l'ensemble de ces professions d'accompagnement.

Sources

Chiffres sur la démographie des psychologues de l'Éducation nationale (7 000 psychologues pour 12,5 millions d'élèves, ratio 1/1 600, recommandation européenne 1/800, données sur le concours 2025) : « Un psychologue pour 1 600 élèves dans l'Éducation nationale : la réalité derrière le chiffre », basta.media.

Sur les préavis de grève et mobilisations syndicales concernant la rentrée 2026 et le manque de personnels de soutien (psychologues, AESH) : couverture syndicale relayée notamment par le SNES-FSU et des sections départementales FO (Ille-et-Vilaine, Eure, Orne, Mayenne).

Sur les annonces gouvernementales de 2026 (grande cause nationale santé mentale, dispositif de « coupe-file » à 48 heures pour les jeunes en détresse) : « Série d'annonces en santé mentale : des 'coupe-files' pour les jeunes en souffrance et un objectif 'zéro contention' », santementale.fr.

Questions fréquentes

Un coach en parentalité ou un praticien de bien-être peut-il remplacer un psychologue scolaire ?

Non. Ces praticiens accompagnent le quotidien, l'écoute et les outils pratiques pour les parents et les enfants, mais ils ne posent pas de diagnostic et n'interviennent pas sur des troubles psychiques avérés. Toute situation préoccupante (anxiété sévère, phobie scolaire installée, idées suicidaires) doit être orientée sans délai vers un psychologue, un médecin ou un pédopsychiatre.

Pourquoi manque-t-on autant de psychologues scolaires en France en 2026 ?

Le nombre de postes n'a pas suivi l'évolution des besoins depuis les années 1980, et le concours de recrutement peine à faire le plein : 41 des 147 places ouvertes en 2025 sont restées non pourvues, un signe d'un manque d'attractivité du métier plus que d'un manque de candidats potentiels.

Comment se former pour accompagner les familles sur les enjeux de rentrée et de parentalité ?

Une formation de coach en parentalité positive, de praticien en relation d'aide ou d'art-thérapeute permet d'acquérir des outils concrets d'écoute et d'accompagnement, tout en posant clairement le cadre déontologique : savoir reconnaître les signaux qui nécessitent une orientation vers un professionnel de santé.

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