En bref
Gratitude et forces de caractère sont des outils simples, utiles pour renforcer l'attention portée aux ressources. Leur efficacité dépend de la manière de les proposer : sans injonction, en respectant le vécu du client, et avec une orientation vers un professionnel de santé quand la souffrance dépasse le cadre du coaching.
La psychologie positive en deux mots
La psychologie positive est un courant de recherche né à la fin des années 1990, qui s'intéresse à ce qui contribue à une vie satisfaisante : les émotions agréables, l'engagement, les relations, le sens et l'accomplissement. Elle ne nie ni les difficultés ni les émotions désagréables ; elle élargit simplement le regard pour s'intéresser aussi aux ressources des personnes, et pas uniquement à leurs problèmes.
En coaching, cette approche prend la forme d'exercices courts, concrets et reproductibles entre deux séances. Le coach ne « soigne » pas : il accompagne un client vers ses objectifs, en l'aidant à clarifier ce qui compte pour lui et à mettre en place de petites habitudes. C'est précisément ce cadre qui rend les outils de psychologie positive accessibles à un praticien du bien-être formé.
Deux de ces outils reviennent très souvent parce qu'ils sont faciles à expliquer et à tester : la gratitude et les forces de caractère. Ils demandent peu de matériel, un peu de régularité et une bonne présentation. Pour situer ces pratiques dans un parcours complet, vous pouvez consulter la fiche de la formation de coach en psychologie positive.
Le journal de gratitude : principe et mise en pratique
Le principe est simple : noter régulièrement, par exemple chaque soir, quelques éléments de la journée pour lesquels on éprouve de la reconnaissance. Il peut s'agir d'un échange chaleureux, d'un repas apprécié, d'un moment de calme, d'un service rendu. La consigne la plus efficace reste modeste : trois éléments, une phrase chacun, pendant deux à trois semaines, puis un bilan avec le coach.
Pour que l'exercice garde du sens, mieux vaut demander le « pourquoi » : qu'est-ce qui a rendu ce moment agréable, et quel rôle ai-je joué ? Cette précision évite une liste mécanique et relie la gratitude à l'action et aux valeurs du client. Variez aussi les formats : lettre de remerciement, message à un proche, photo du jour. Une pratique trop répétitive finit par s'user.
Les études sur la gratitude montrent des effets modestes mais intéressants sur le bien-être déclaré, avec des résultats variables selon les personnes et les protocoles. Il faut donc rester prudent : on parle de soutien au bien-être, jamais de traitement d'une dépression ou d'un trouble anxieux. Proposez l'exercice comme une expérience à tester, et laissez le client juger de son utilité.
Les forces de caractère : repérer et utiliser ses ressources
Les forces de caractère désignent des qualités positives qui se manifestent dans la pensée, le sentiment et le comportement : curiosité, gentillesse, persévérance, humour, courage, équité, créativité, etc. La classification la plus connue en recense vingt-quatre, regroupées en six grandes vertus. Des questionnaires en ligne gratuits permettent d'obtenir un profil, point de départ d'une discussion plutôt que verdict définitif.
En séance, l'idée n'est pas d'étiqueter la personne mais de l'aider à reconnaître ce qu'elle fait déjà bien, puis à l'utiliser plus souvent et de façon nouvelle. Exemple : une personne qui identifie la curiosité comme une force peut décider d'explorer une nouvelle compétence professionnelle ; une autre, forte en gentillesse, peut apprendre à s'appliquer cette bienveillance à elle-même. Le travail porte sur des actions précises et mesurables.
Attention à ne pas trop insister sur les forces au détriment de la réalité : une force sur-utilisée peut devenir un obstacle (la persévérance qui se transforme en entêtement, par exemple). Le rôle du coach est d'aider le client à ajuster, pas à tout orienter vers le positif. Pour approfondir les méthodes de suivi, notre article avancé sur le coaching en psychologie positive apporte des repères complémentaires.
Les erreurs à éviter : positivité toxique et injonction
L'erreur la plus fréquente consiste à faire de la positivité une obligation. Dire à quelqu'un de « voir le bon côté » alors qu'il traverse un deuil, un licenciement ou un burn-out revient à nier sa souffrance. Une bonne posture accueille d'abord ce qui est difficile, puis explore, si le client le souhaite, ce qui peut l'aider. La gratitude n'efface pas la colère ni la tristesse : elle coexiste avec elles.
Autre écueil : promettre des résultats. Un coach ne garantit ni bonheur ni guérison. Il évite les formules comme « ce programme va vous guérir de l'anxiété » et préfère « cet exercice peut vous aider à porter votre attention sur ce qui fonctionne ». Cette sobriété est aussi une protection juridique : parler de traitement relève de la médecine, pas du coaching.
Enfin, méfiez-vous de l'effet culpabilisant : un client qui n'arrive pas à tenir son journal ne doit pas conclure qu'il échoue. Adaptez la consigne, réduisez la fréquence, changez d'outil. La psychologie positive est un ensemble d'options, pas un régime à suivre à la lettre. Ce souci d'ajustement fait la différence entre un coach apprécié et un coach qui lasse.
Intégrer ces outils dans un accompagnement structuré
Dans un parcours de coaching de six à dix séances, la gratitude peut ouvrir l'accompagnement (retrouver de l'attention pour ce qui fonctionne) et les forces de caractère nourrir la partie « objectifs et plan d'action ». Le coach alterne exercices, retours d'expérience et ajustements. À chaque séance, quelques minutes suffisent pour faire le point sur ce que le client a tenté et ressenti.
Ces outils conviennent aussi aux ateliers collectifs, par exemple en entreprise : atelier « forces d'équipe », temps de gratitude en début de réunion, retour d'expérience positif. Notre article sur le coaching en psychologie positive en entreprise montre comment les adapter à ce contexte, avec des précautions sur la confidentialité et le volontariat.
Pour construire une activité autour de ces pratiques, il faut aussi penser positionnement, tarifs et acquisition de clients. Le guide comment devenir thérapeute décrit les étapes clés, et se reconvertir dans le bien-être aide à structurer votre projet. N'oubliez pas de rappeler le caractère non médical de votre accompagnement dans vos supports.
Les limites du coaching et quand orienter
Le coaching s'adresse à des personnes qui souhaitent avancer sur un objectif, pas à celles qui présentent une souffrance psychique importante. Si un client évoque une tristesse persistante, une perte d'intérêt, des idées noires, des troubles du sommeil sévères ou une consommation problématique, le rôle du coach est d'orienter vers un médecin ou un psychologue, sans minimiser et sans tenter de traiter.
En cas de détresse aiguë, le 3114 (numéro national de prévention du suicide) est joignable 24 h/24, et le 15 en cas d'urgence vitale. Garder ces numéros à portée de main fait partie de la boîte à outils d'un praticien. Il est également judicieux de disposer d'un réseau de professionnels de santé vers lesquels adresser, et de se faire superviser pour rester à sa juste place.
Cet article est informatif et ne constitue pas un avis médical. Les outils décrits sont des pratiques de bien-être : ils peuvent soutenir l'élan et la connaissance de soi, mais ne remplacent ni un suivi médical, ni une psychothérapie lorsque celle-ci est nécessaire. Un coach compétent connaît ses limites et les respecte, au bénéfice de ses clients.
Questions fréquentes
Le journal de gratitude est-il efficace ?
Les études montrent des effets modestes mais intéressants sur le bien-être déclaré, avec des résultats variables selon les personnes. Il s'agit d'un soutien au bien-être, pas d'un traitement. Proposez-le comme une expérience à tester sur quelques semaines.
Que sont les forces de caractère ?
Ce sont des qualités positives comme la curiosité, la gentillesse, la persévérance ou l'humour. Une classification en recense vingt-quatre. En coaching, on aide le client à les repérer et à les utiliser plus souvent dans des actions concrètes.
Un coach en psychologie positive peut-il traiter une dépression ?
Non. Le coaching accompagne des objectifs et ne traite aucun trouble. En cas de souffrance importante, le coach oriente vers un médecin ou un psychologue. En détresse aiguë, le 3114 est joignable 24 h/24 et le 15 en cas d'urgence vitale.




