En bref
Tout thérapeute en micro-entreprise doit pouvoir recevoir des factures électroniques dès le 1er septembre 2026, et émettre ses factures B2B au format électronique dès le 1er septembre 2027 — même en franchise en base de TVA. Pour un praticien qui facture surtout des particuliers, l'obligation concrète immédiate est l'e-reporting (remontée des données de vente) via une plateforme agréée (PA), et non l'émission de factures électroniques structurées, réservée aux transactions avec d'autres professionnels. Le Portail Public de Facturation n'étant plus un outil gratuit, il faut choisir une plateforme agréée : la liste officielle complète (142 plateformes au 20 juillet 2026) et notre sélection des 5 plus adaptées à une activité de thérapeute figurent plus bas, avec un PDF téléchargeable à jour.
Le calendrier officiel, sans jargon
La réforme de la facturation électronique concerne tous les assujettis à la TVA établis en France, y compris les auto-entrepreneurs en franchise en base de TVA — ce qui couvre la grande majorité des thérapeutes et praticiens de bien-être exerçant en micro-entreprise. Deux échéances structurent le calendrier : à partir du 1er septembre 2026, toutes les entreprises, sans exception de taille, doivent être en mesure de recevoir des factures électroniques de leurs fournisseurs professionnels.
La deuxième échéance concerne l'émission : les grandes entreprises et ETI devront émettre leurs factures au format électronique dès septembre 2026, tandis que les PME et micro-entreprises bénéficient d'un délai supplémentaire, jusqu'au 1er septembre 2027. Ce décalage donne aux plus petites structures, thérapeutes compris, le temps de s'organiser sans précipitation.
Un point mérite d'être clarifié d'emblée, car il change beaucoup pour un praticien indépendant : cette obligation d'émission au format électronique structuré ne concerne que les transactions entre professionnels (B2B). Les factures adressées à des particuliers (B2C) restent hors du champ de la facture électronique proprement dite — mais elles ne sont pas pour autant exemptées de toute obligation, comme expliqué dans la section suivante.
B2B, B2C : la nuance qui change tout pour un thérapeute
La quasi-totalité des clients d'un thérapeute ou d'un praticien de bien-être sont des particuliers venus pour une séance individuelle : une facture électronique structurée, au sens strict de la réforme, n'est donc pas exigée pour ces transactions B2C. En revanche, dès qu'un praticien facture un client professionnel — une entreprise pour un atelier de gestion du stress, un centre de bien-être qui l'accueille en tant que prestataire, un collègue thérapeute dans le cadre d'une sous-traitance — cette facture-là entre dans le champ de l'obligation B2B et devra être émise au format électronique dès septembre 2027.
Pour les transactions avec les particuliers, l'obligation qui s'applique est différente mais bien réelle : l'e-reporting. Il s'agit de transmettre à l'administration fiscale, via une plateforme agréée, les données agrégées de chiffre d'affaires (montant, période, régime de TVA), sans transmettre facture par facture le détail de chaque client. Concrètement, un thérapeute qui ne facture que des particuliers devra malgré tout passer par une plateforme agréée pour cette remontée de données, même s'il n'aura pas à émettre de « vraies » factures électroniques structurées pour ses clients.
Cette distinction évite une confusion fréquente : penser qu'être un praticien de bien-être en B2C exclusif dispense de toute démarche. Ce n'est pas le cas — seule la nature de l'obligation change (e-reporting plutôt que facture électronique complète), pas son existence. D'où l'intérêt de choisir dès maintenant une plateforme agréée capable de couvrir les deux cas de figure, au cas où l'activité évoluerait vers davantage de clients professionnels.
« Immatriculation provisoire » : un statut normal, pas un signal d'alerte
Le Portail Public de Facturation (PPF), qui devait initialement offrir un service gratuit de facturation, a vu son rôle recentré : il fonctionne désormais comme l'annuaire central de la réforme et le point de collecte des données transmises à la DGFiP, mais il ne permet plus d'émettre ou de recevoir des factures électroniques directement. Il faut donc obligatoirement passer par une plateforme agréée (PA, anciennement appelée PDP) immatriculée par l'administration fiscale — gratuite ou payante selon l'offre choisie.
En consultant la liste des plateformes agréées, un terme revient systématiquement : « immatriculation provisoire ». Il ne s'agit pas d'un statut incomplet ou fragile : c'est simplement l'étape actuelle de toutes les plateformes agréées existantes, sans exception. L'immatriculation provisoire confère une accréditation pleine et opérationnelle, valable trois ans ; l'immatriculation définitive n'intervient qu'après qu'un rapport d'audit de conformité technique a été produit et validé, dans un délai d'un an après l'obtention du numéro provisoire.
Autrement dit, choisir une plateforme en immatriculation provisoire aujourd'hui n'expose à aucun risque particulier : c'est le statut de la totalité des plateformes en activité au moment de la rédaction de cet article. Le seul réflexe utile consiste à vérifier que la plateforme choisie dispose bien d'un numéro d'immatriculation en cours de validité, ce que l'on peut confirmer sur la liste officielle de la DGFiP publiée sur impots.gouv.fr.
Notre sélection : les 5 plateformes les plus adaptées à un praticien indépendant
Sur les 142 plateformes agréées recensées à ce jour, la plupart ciblent des grands comptes, des ETI ou des besoins très spécifiques (EDI industriel, grands flux B2B). Pour un thérapeute en micro-entreprise — peu de factures par mois, clientèle très majoritairement B2C, besoin de simplicité plutôt que de fonctionnalités comptables avancées — nous avons retenu cinq plateformes agréées, gratuites ou accessibles, pensées pour les indépendants :
Shine — néobanque pensée pour les indépendants, avec facturation intégrée directement liée au compte professionnel ; l'option la plus simple pour qui veut centraliser compte bancaire et facturation en un seul outil, très utilisée par les auto-entrepreneurs. Indy — le pack gratuit le plus complet pour un micro-entrepreneur : facturation, suivi de la comptabilité et aide aux déclarations URSSAF réunis dans un seul outil, avec des options payantes à partir de 9 € HT/mois pour aller plus loin. Tiime — une référence installée pour la facturation et la comptabilité des indépendants, avec une interface pensée pour aller vite sans compétences comptables. Abby — une application de facturation gratuite, simple et directement ciblée sur les besoins d'un micro-entrepreneur qui démarre. Dougs Facturation gratuite — l'outil de facturation gratuit du cabinet d'expertise-comptable en ligne Dougs, bien identifié auprès des indépendants et utile pour qui envisage à terme un accompagnement comptable plus poussé.
Ce choix n'est ni exhaustif ni universel : une plateforme adaptée à un praticien qui facture uniquement des particuliers ne conviendra pas forcément à celui qui développe une activité B2B plus importante (ateliers en entreprise, formations pour d'autres praticiens). Avant de vous engager, vérifiez systématiquement les conditions actualisées (tarifs, fonctionnalités couvertes, statut d'immatriculation) directement sur le site de la plateforme et sur la liste officielle de la DGFiP, ces éléments évoluant régulièrement.
La liste complète des 142 plateformes agréées
Au-delà de notre top 5, la DGFiP recense à ce jour 142 plateformes agréées, du grand compte spécialisé dans l'EDI industriel jusqu'à l'application pensée pour les indépendants. Plutôt que de noyer cet article dans un tableau de 142 lignes, nous avons mis cette liste en forme dans un PDF clair et pratique, avec le site officiel de chaque plateforme en lien cliquable et sa date d'immatriculation.
Nous avons mis tout cela en forme dans un guide PDF gratuit et complet, téléchargeable en un clic (bouton en bas de votre écran) : pourquoi cette réforme, ce qu'est vraiment une facture électronique, le calendrier détaillé, un plan d'action en 6 étapes pour vous mettre en conformité, notre sélection des 5 plateformes avec tarifs et arguments, et la liste intégrale des 142 plateformes agréées au 20/07/2026.
Cette liste évolue au fil des sessions d'examen de la Commission de la certification ; pour une vérification en temps réel avant de vous engager, consultez toujours la liste officielle publiée sur impots.gouv.fr.
Vous connaissez d'autres thérapeutes, coachs ou praticiens de bien-être concernés par cette obligation ? Partagez-leur cet article et la liste — un praticien bien informé en amont s'évite bien des mauvaises surprises au moment de s'y mettre.
Comment vérifier et choisir sereinement
Avant de vous engager auprès d'une plateforme, quelques vérifications simples évitent les mauvaises surprises : confirmez que le nom exact de la plateforme figure bien sur la liste officielle de la DGFiP (les noms commerciaux diffèrent parfois légèrement du nom juridique), vérifiez que l'offre gratuite couvre bien l'e-reporting si vous ne facturez que des particuliers, et demandez explicitement si l'outil sait aussi émettre des factures électroniques B2B structurées, au cas où votre activité évoluerait.
Pensez également à la simplicité d'usage au quotidien : un thérapeute n'a ni le temps ni toujours l'appétence pour un outil de facturation complexe pensé pour des équipes comptables. Une application mobile, une prise en main rapide et une intégration avec les démarches auto-entrepreneur (déclaration URSSAF notamment) comptent souvent davantage qu'une liste de fonctionnalités avancées jamais utilisées.
Pour resituer cette obligation dans une démarche administrative plus large de lancement ou de structuration d'activité, le guide pour se reconvertir dans le bien-être et le guide pour devenir thérapeute détaillent les autres étapes clés (statut, assurance, communication) à ne pas négliger.
Sources
Direction générale des Finances publiques (DGFiP), liste des plateformes agréées immatriculées (immatriculation provisoire), impots.gouv.fr, juillet 2026.
Pennylane, « Facture électronique auto-entrepreneur : obligations, calendrier 2026 et solutions », pennylane.com, 2026.
Indy, « La liste des PA immatriculées à jour 2026 », indy.fr, juillet 2026.
Comparateur e-Facturation, « Liste des plateformes agréées (PDP) DGFiP », comparateur-efacturation.fr, juillet 2026.
Questions fréquentes
Un thérapeute qui ne facture que des particuliers est-il concerné par la réforme ?
Oui, mais différemment d'une entreprise qui facture d'autres professionnels. Les transactions avec des particuliers (B2C) ne nécessitent pas de facture électronique structurée, mais restent soumises à l'e-reporting : la transmission des données de chiffre d'affaires à l'administration fiscale via une plateforme agréée. Un thérapeute en B2C exclusif doit donc tout de même choisir une plateforme agréée, même s'il n'émettra pas de véritables factures électroniques pour ses clients.
Que signifie « immatriculation provisoire » pour une plateforme agréée ?
C'est le statut actuel de la totalité des plateformes agréées en France : une accréditation pleine et opérationnelle, valable trois ans, en attendant la production d'un rapport d'audit de conformité technique dans un délai d'un an, qui permettra ensuite d'obtenir l'immatriculation définitive. Ce n'est pas un signe de fragilité ni un motif d'inquiétude pour choisir une plateforme.
Faut-il obligatoirement payer pour se mettre en conformité ?
Non. Plusieurs plateformes agréées proposent une offre gratuite adaptée à un faible volume de facturation, comme Indy, Tiime ou Abby. Le coût dépend surtout du niveau de fonctionnalités recherché (comptabilité intégrée, déclarations automatisées, gestion multi-comptes) plutôt que de l'obligation réglementaire elle-même, qui n'impose pas de solution payante particulière.




