En bref
Un thérapeute qui s'installe en micro-entreprise doit, au minimum : s'immatriculer via le Guichet unique de l'INPI, choisir un code APE cohérent avec son activité, respecter le seuil de chiffre d'affaires du régime micro-BNC (77 700 € en 2026 pour une activité de prestation de service), déclarer et payer ses cotisations URSSAF chaque mois ou trimestre, et faire figurer les mentions obligatoires sur ses factures et son site. Le régime micro-entreprise reste allégé sur le plan comptable, mais il n'exonère d'aucune de ces obligations déclaratives.
Le choix du statut : pourquoi la micro-entreprise domine chez les thérapeutes
La très grande majorité des thérapeutes et praticiens de bien-être qui démarrent leur activité optent pour le régime de la micro-entreprise (auto-entrepreneur), et ce choix n'a rien d'anodin. Ce régime simplifie considérablement la gestion administrative : pas de comptabilité d'engagement à tenir, un simple livre des recettes suffit, et les cotisations sociales se calculent directement en pourcentage du chiffre d'affaires encaissé, sans avance de trésorerie à faire sur des cotisations non encore générées par l'activité.
Cette simplicité a une contrepartie : le régime micro-BNC (bénéfices non commerciaux, celui qui s'applique à la quasi-totalité des professions de thérapeute et de coaching) plafonne le chiffre d'affaires annuel à 77 700 € en 2026 pour rester éligible. Au-delà, il faut basculer vers un régime réel, avec une comptabilité plus complète. Pour la grande majorité des praticiens en début d'activité, ce plafond reste largement suffisant, mais il doit être surveillé à mesure que l'activité se développe.
L'autre limite du régime micro-entreprise concerne la déduction des charges réelles : impossible de déduire ses frais professionnels (loyer de cabinet, formation continue, matériel) du chiffre d'affaires déclaré, puisque l'administration applique un abattement forfaitaire. Pour un praticien qui a des charges élevées (location d'un cabinet en centre-ville, par exemple), un passage en entreprise individuelle au régime réel peut, à partir d'un certain volume d'activité, devenir plus avantageux — un arbitrage à faire avec un expert-comptable plutôt qu'en autodidacte.
L'immatriculation et le choix du code APE
Depuis le 1er janvier 2023, toutes les démarches de création d'activité passent par le Guichet unique de l'INPI (procedures.inpi.fr). Pour une activité de thérapeute ou de praticien de bien-être non réglementée, la démarche est gratuite : création d'un compte, déclaration de début d'activité, puis attribution automatique d'un numéro SIRET par l'INSEE, qui transmet ensuite le dossier à l'URSSAF et aux services fiscaux.
Le choix du code APE (activité principale exercée), attribué par l'INSEE à partir de la description de l'activité fournie lors de l'immatriculation, mérite une attention particulière. Ce code n'a pas de valeur juridique contraignante sur le contenu réel de l'activité, mais il oriente certaines obligations (conventions collectives applicables en cas d'embauche, statistiques sectorielles) et peut être corrigé après coup si le code attribué ne correspond pas à la pratique exercée.
Pour les praticiens qui hésitent sur la formulation exacte de leur activité lors de la déclaration, mieux vaut rester précis et honnête sur la nature de l'accompagnement proposé (bien-être, coaching, accompagnement non médical) plutôt que d'employer des termes qui pourraient prêter à confusion avec une profession de santé réglementée — une confusion qui expose à un risque bien plus sérieux que celui d'un mauvais code APE.
Les mentions obligatoires sur factures, devis et site internet
Chaque facture émise par un thérapeute micro-entrepreneur doit comporter un socle de mentions obligatoires : nom et prénom (ou nom commercial), adresse, numéro SIRET, date et numéro de facture, description de la prestation, prix hors taxes et mention de la franchise en base de TVA si applicable (« TVA non applicable, article 293 B du CGI »), ainsi que les délais et pénalités de retard de paiement pour les prestations à des professionnels.
Le site internet ou la page de réseaux sociaux utilisée à des fins commerciales est également soumis à des obligations : mentions légales complètes (identité, SIRET, hébergeur), et depuis le RGPD, une information claire sur la collecte de données personnelles dès qu'un formulaire de contact ou de prise de rendez-vous est utilisé. Pour un praticien qui traite des informations relevant de la santé au sens large (même dans un cadre bien-être non médical), cette vigilance RGPD doit être renforcée.
L'affichage des tarifs, encadré par l'arrêté du 3 décembre 1987, s'applique également aux prestations de services : les tarifs doivent être visibles avant la prestation, que ce soit en cabinet, sur le site internet ou lors de la prise de rendez-vous. C'est un point de vigilance simple à respecter, mais fréquemment oublié en tout début d'activité.
TVA, cotisations et facturation électronique : ce qui change en 2026
Sous le seuil de la franchise en base de TVA (37 500 € de chiffre d'affaires en 2026 pour les prestations de services), un thérapeute micro-entrepreneur ne facture pas la TVA à ses clients et ne la récupère pas sur ses achats professionnels. Ce seuil doit être surveillé chaque année : son dépassement entraîne l'obligation de facturer la TVA, ce qui modifie la présentation des factures et impose une déclaration périodique à l'administration fiscale.
Les cotisations sociales URSSAF, calculées en pourcentage du chiffre d'affaires encaissé (autour de 24,6 % pour une activité libérale de prestation de service en 2026, hors éventuelle exonération ACRE la première année), se déclarent mensuellement ou trimestriellement selon l'option choisie à l'immatriculation. Une déclaration à zéro reste obligatoire même en l'absence total de chiffre d'affaires sur la période concernée.
La généralisation progressive de la facturation électronique entre professionnels, dont le calendrier s'est précisé au fil de l'année 2026, concerne à terme l'ensemble des micro-entrepreneurs facturant d'autres professionnels (par exemple un praticien qui intervient en entreprise). Il est recommandé de se tenir informé du calendrier définitif applicable à sa propre taille d'entreprise plutôt que d'attendre la dernière minute pour s'équiper d'un outil de facturation conforme.
La couverture sociale et la retraite du thérapeute indépendant
Le régime social des indépendants (rattaché depuis 2020 au régime général de la Sécurité sociale pour la plupart des praticiens du bien-être) ouvre des droits à l'assurance maladie, aux indemnités journalières sous conditions d'ancienneté et de chiffre d'affaires minimum, et à la retraite de base et complémentaire, calculée en points selon les cotisations versées.
Un point souvent découvert tardivement : les indemnités journalières en cas d'arrêt de travail restent, pour un micro-entrepreneur, calculées sur la base d'un chiffre d'affaires déclaré souvent modeste en début d'activité, ce qui donne des indemnités réduites, voire nulles la première année. Une assurance prévoyance complémentaire, facultative mais peu coûteuse, permet de sécuriser ce risque pour un praticien dont l'activité dépend entièrement de sa capacité physique à recevoir des clients.
Pour la retraite, chaque euro de chiffre d'affaires cotisé ouvre des droits, mais les débuts d'activité souvent modestes en revenus se traduisent mécaniquement par des trimestres de cotisation réduits. Ce n'est pas une raison de s'alarmer en début de parcours, mais un élément à intégrer dans une vision de long terme de l'activité, notamment pour les praticiens qui s'installent après 45 ou 50 ans.
S'entourer plutôt que tout gérer seul
Aucune de ces obligations n'est individuellement complexe, mais leur accumulation représente une charge mentale réelle pour un praticien dont le métier principal reste l'accompagnement de ses clients, pas la gestion administrative. Un expert-comptable, même pour quelques heures ponctuelles de conseil en début d'activité, permet souvent d'éviter des erreurs coûteuses (mauvais code APE, oubli de déclaration, dépassement de seuil non anticipé).
De nombreuses applications de facturation en ligne, pensées pour les micro-entrepreneurs, automatisent aujourd'hui les mentions obligatoires et le suivi des seuils de TVA et de chiffre d'affaires, réduisant d'autant le risque d'oubli. Leur coût, généralement modeste, se justifie largement au regard du temps gagné et des erreurs évitées.
La checklist complète des obligations légales pour ouvrir un cabinet complète ce panorama comptable par les obligations liées au local d'exercice (règles ERP, assurance, accessibilité), pour une vue d'ensemble avant de recevoir son premier client. Ce cadre légal et comptable, une fois posé, libère du temps et de l'énergie pour ce qui fait la valeur réelle de l'activité : la qualité de l'accompagnement proposé, un sujet que développe la formation Développer son activité de thérapeute.
Questions fréquentes
Quel est le plafond de chiffre d'affaires pour rester en micro-entreprise en tant que thérapeute ?
Le régime micro-BNC, applicable à la quasi-totalité des thérapeutes et coachs, plafonne le chiffre d'affaires à 77 700 € en 2026. Au-delà, il faut basculer vers un régime réel d'imposition, avec une comptabilité plus complète.
Un thérapeute doit-il facturer la TVA à ses clients ?
Pas tant que son chiffre d'affaires reste sous le seuil de la franchise en base de TVA (37 500 € en 2026 pour les prestations de services). Au-delà, la facturation de la TVA devient obligatoire et impose une déclaration périodique à l'administration fiscale.
Quelles mentions sont obligatoires sur une facture de thérapeute micro-entrepreneur ?
Nom, adresse, numéro SIRET, date et numéro de facture, description de la prestation, prix hors taxes et mention de la franchise en base de TVA si applicable, ainsi que les délais et pénalités de retard en cas de facturation à un professionnel.




