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Actualité · Publié le 30 septembre 2026 · 8 min de lecture

Arrêts maladie longs : l'indemnisation limitée à un an pour certaines ALD dès le 15 octobre, ce que ça change pour les thérapeutes et praticiens de bien-être

Deux décrets publiés au Journal officiel le 18 septembre 2026 réduisent de trois ans à un an la durée maximale de versement des indemnités journalières pour les assurés en affection de longue durée (ALD) dite « non exonérante ». La mesure s'applique à partir du 15 octobre 2026. Elle concerne des personnes en arrêt prolongé, souvent après un épuisement, une maladie chronique ou un cumul de fragilités, qui devront préparer plus tôt leur retour à l'emploi ou une réorientation. Pour les praticiens de bien-être, l'enjeu n'est pas de se substituer au soin, mais de comprendre ce public, de se positionner honnêtement et de proposer un accompagnement complémentaire, en lien avec les professionnels de santé.

Arrêts maladie longs : l'indemnisation limitée à un an pour certaines ALD dès le 15 octobre, ce que ça change pour les thérapeutes et praticiens de bien-être

En bref

À partir du 15 octobre 2026, la durée maximale d'indemnisation des arrêts de travail passe de trois ans à un an pour les assurés en ALD non exonérante, alors que les ALD exonérantes conservent trois ans. Cette réforme accélère la question du retour à l'emploi et de la reconversion de personnes fragilisées. Les praticiens de bien-être peuvent proposer un accompagnement complémentaire (gestion du stress, relaxation, hygiène de vie, projet de reprise), à condition de rester dans leur champ et d'orienter vers le médecin pour tout ce qui relève du soin.

Ce que prévoient les décrets : les faits à retenir

Selon les sources spécialisées en droit social consultées (Legisocial, TPE Actu, Code du travail numérique), deux décrets ont été publiés au Journal officiel le 18 septembre 2026, l'un d'eux étant daté du 16 septembre. Ils modifient la durée maximale de versement des indemnités journalières de la Sécurité sociale (IJSS) pour les assurés en affection de longue durée non exonérante : elle passe de trois ans à un an.

La mesure ne vise qu'un cas précis. Les ALD dites « exonérantes », c'est-à-dire les affections figurant sur la liste officielle ouvrant la prise en charge à 100 %, conservent la durée maximale de trois ans. Sont concernées les ALD non exonérantes, reconnues lorsque la maladie entraîne un arrêt prolongé et des soins coûteux sans figurer sur cette liste. Elles peuvent inclure des situations de santé mentale ou des pathologies chroniques complexes.

La date clé est le 15 octobre 2026. Les arrêts prescrits à compter de cette date sont soumis à la nouvelle règle, et des dispositions transitoires encadrent les situations déjà en cours, notamment pour les personnes dont l'ALD est reconnue avant cette date. Les modalités précises varient selon les dossiers : toute personne concernée doit se rapprocher de sa caisse d'assurance maladie, de son médecin ou d'un conseiller en prévention de la désinsertion professionnelle.

Un public concerné : arrêts prolongés, épuisement et maladies chroniques

Derrière le terme technique d'ALD non exonérante se trouvent des personnes bien réelles : salariés en arrêt long après un burn-out, personnes vivant avec une douleur chronique, une maladie inflammatoire, les suites d'un cancer ou d'un long épisode dépressif. Beaucoup se sentent déjà isolées, parfois coupées de leur milieu professionnel depuis des mois.

Pour ces assurés, la perspective d'un plafonnement à douze mois d'indemnités crée une échéance nouvelle. Elle peut susciter de l'anxiété, une pression à reprendre trop tôt, ou au contraire le besoin d'anticiper un changement de poste, un temps partiel thérapeutique, une demande d'invalidité ou une réorientation. Les organisations syndicales ont d'ailleurs critiqué une mesure qui, selon elles, réduit les droits des malades ; le gouvernement la présente pour sa part comme un moyen de maîtriser la dépense d'indemnités.

Ce débat n'a pas à être tranché ici. Ce qui compte pour un praticien de bien-être, c'est de mesurer que ce public devient plus visible et plus demandeur de soutien : reprendre confiance, retrouver un rythme, apaiser le stress, redéfinir un projet. Mais c'est aussi un public vulnérable, pour lequel la prudence et la déontologie ne sont pas négociables.

Ce que cette actualité change (et ne change pas) pour les praticiens

Première évidence : les praticiens du bien-être ne sont pas des professionnels de santé au sens du Code de la santé publique. Ils ne prescrivent pas d'arrêt, ne posent aucun diagnostic et n'ont aucun pouvoir sur l'indemnisation. Ils ne doivent jamais conseiller à un client d'interrompre un traitement, de contester un avis médical ou de reprendre son travail à telle date.

Ce qui change réellement, c'est le contexte de la demande. Davantage de personnes en arrêt long chercheront des solutions complémentaires pour se préparer à un retour progressif : techniques de relaxation, gestion de la fatigue, sommeil, alimentation, activité douce, travail sur la confiance et sur le sens du travail. Le praticien peut répondre à ces besoins dans un cadre clair : accompagnement complémentaire, jamais substitutif, et articulé avec le médecin traitant.

Ce qui ne change pas, c'est l'exigence de transparence. Il faut annoncer ce que l'on fait et ce que l'on ne fait pas, éviter toute promesse de guérison, garder une trace écrite du cadre de l'accompagnement et savoir dire « cela relève d'un médecin ». Cette rigueur protège le client, et elle protège aussi votre activité, dans un secteur où les signalements de dérives thérapeutiques attirent l'attention des pouvoirs publics.

Retour à l'emploi et reconversion : un accompagnement à construire

Pour une partie des assurés concernés, la question n'est pas seulement de reprendre le même poste. L'arrêt long provoque souvent un questionnement plus large : ce métier est-il compatible avec ma santé ? Quelles conditions de travail me conviendraient ? Quelles compétences puis-je réinvestir autrement ? C'est le terrain naturel de l'accompagnement à la reconversion et au bilan de vie.

Un coach en santé et bien-être ou un praticien formé à la relation d'aide peut ici jouer un rôle utile : aider à clarifier les priorités, à organiser une reprise progressive, à identifier des habitudes de vie soutenables et à préparer les échanges avec l'employeur, la médecine du travail ou un conseiller d'insertion. Il complète alors le travail des professionnels de santé sans jamais s'y substituer.

Cette évolution rappelle aussi qu'un accompagnement de qualité suppose une vraie formation, notamment sur l'écoute, les limites de compétence et l'orientation. Notre fiche sur la formation de coach en santé et bien-être détaille ces points. Notre article sur le rôle du coach santé bien-être en entreprise complète utilement cette lecture, tout comme le guide pour devenir thérapeute.

Comment se positionner : cadre, orientation et posture

Concrètement, si vous accueillez des personnes en arrêt long, commencez par un premier échange qui clarifie la demande, l'état de santé général et le suivi médical en cours. Demandez si le médecin traitant est informé de votre accompagnement. Formulez vos objectifs en termes de bien-être et d'autonomie, pas de résultat médical.

Adaptez ensuite votre offre : séances plus courtes, rythme progressif, outils simples à pratiquer chez soi, tarifs raisonnables pour des personnes dont les revenus baissent. Évitez l'écueil marketing qui consisterait à exploiter l'angoisse liée à la fin des indemnités : « retrouvez un emploi avant la fin de vos droits » est une promesse que vous ne pouvez pas tenir.

Enfin, connaissez votre réseau : médecin du travail, service social de l'Assurance maladie, dispositifs de reprise et de reconversion, associations de patients. Savoir orienter est une compétence à part entière, et c'est souvent elle qui fait la différence entre un praticien perçu comme fiable et un praticien qui prend des risques. Si vous envisagez de vous former, commencez par le guide pour se reconvertir dans le bien-être.

Sources

Sources consultées (septembre 2026) : Legisocial, « La durée d'indemnisation des arrêts de travail pour ALD non exonérante réduite » ; TPE Actu, « Arrêts maladie : certaines ALD indemnisées un an maximum » (18 septembre 2026) ; Code du travail numérique (ministère du Travail), « Indemnisation en cas d'arrêt maladie : ce qui change au 15 octobre 2026 » ; Caducée, « Arrêts longs et ALD : qui restera indemnisé trois ans et qui passera à un an » ; CGT, « Arrêts maladie : une nouvelle mesure qui réduit les droits des malades ». Les modalités d'application détaillées (situations en cours, dérogations) doivent être vérifiées auprès de l'Assurance maladie. Cet article est informatif ; il ne constitue ni un conseil médical, ni un conseil juridique. Les pratiques de bien-être ne remplacent pas un suivi médical.

Questions fréquentes

Que change exactement la réforme des arrêts maladie en ALD non exonérante ?

À partir du 15 octobre 2026, la durée maximale de versement des indemnités journalières passe de trois ans à un an pour les assurés en ALD non exonérante. Les ALD exonérantes gardent trois ans. Des dispositions transitoires existent pour les situations en cours : à vérifier auprès de la caisse d'assurance maladie.

Un praticien de bien-être peut-il accompagner une personne en arrêt long ?

Oui, dans un cadre complémentaire et transparent : gestion du stress, relaxation, hygiène de vie, préparation d'un projet de reprise. Il ne pose pas de diagnostic, ne conseille aucune décision médicale ou administrative et oriente vers le médecin pour tout ce qui relève du soin.

Quelle formation choisir pour accompagner ce public ?

Une formation de coach en santé et bien-être ou en relation d'aide, qui insiste sur l'écoute, les limites de compétence, l'orientation et la déontologie, est adaptée. Vérifiez le contenu, la place de la pratique et la clarté sur ce que le métier permet ou non.

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