En bref
Depuis le 1er octobre 2026, Mon Soutien Psy fonctionne en tiers payant : le patient ne paie que 20 € par séance et n'avance plus la part prise en charge par l'Assurance maladie. Le dispositif reste réservé aux psychologues partenaires sur adressage médical ; les praticiens de bien-être ne sont pas remboursés mais profitent d'une demande accrue et doivent clarifier leur positionnement (accompagnement, pas soin médical).
Les faits : ce qui change au 1er octobre 2026
À compter du 1er octobre 2026, la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 généralise le tiers payant sur la part obligatoire du dispositif Mon Soutien Psy. Concrètement, le patient n'avance plus la somme prise en charge par l'Assurance maladie : lors de la séance, il règle uniquement son reste à charge, soit 20 €, et le psychologue est rémunéré directement par la caisse pour le reste.
Cette évolution répond à une critique récurrente : même remboursée, la séance imposait une avance de frais et des démarches que certains publics, notamment les jeunes et les personnes en situation de précarité, ne parvenaient pas à assumer. Le tiers payant supprime cette barrière et simplifie le parcours, sans modifier le principe du dispositif : l'accès passe par un médecin qui oriente le patient vers un psychologue partenaire.
Le gouvernement affiche par ailleurs un objectif de montée en charge : doubler le nombre de psychologues partenaires, de 6 000 à 12 000 d'ici 2027. Cet objectif s'inscrit dans le contexte de la santé mentale déclarée grande cause nationale en 2025 puis prolongée en 2026. Les chiffres cités ici sont ceux relayés par la presse spécialisée à la date de rédaction ; ils sont à recouper avec les textes officiels avant toute décision professionnelle.
Qui est concerné, et qui ne l'est pas
Il est essentiel de bien distinguer les publics. Mon Soutien Psy ne concerne que les psychologues ayant signé la convention avec l'Assurance maladie. Un naturopathe, un sophrologue, un hypnothérapeute en pratique de bien-être, un coach ou un art-thérapeute non conventionné ne peut ni être remboursé, ni facturer en tiers payant au titre de ce dispositif. Rien ne change pour eux sur le plan administratif.
En revanche, les patients découvrent un dispositif plus lisible, et les questions affluent : « Puis-je consulter chez vous en passant par ce dispositif ? », « Pourquoi n'est-ce pas remboursé ? ». Le praticien de bien-être doit être capable de répondre avec précision, sans jamais laisser croire qu'il propose un acte remboursable ni qu'il se substitue à un professionnel de santé.
Les professions réglementées gardent leurs titres protégés : en France, l'usage du titre de psychologue ou de psychothérapeute est encadré par la loi. Un praticien de bien-être qui présenterait son activité comme une « thérapie psychologique remboursée » s'exposerait à des risques juridiques réels, tout comme celui qui afficherait des allégations thérapeutiques non démontrées.
Un effet indirect : plus de demande, plus d'exigence
Le premier effet attendu est une hausse de la demande d'accompagnement psychique en général. Quand un premier pas devient plus simple et moins coûteux, une partie des personnes qui hésitaient franchissent le cap, puis cherchent parfois des approches complémentaires : gestion du stress, relaxation, développement personnel, accompagnement de transition de vie. Ces besoins relèvent précisément du champ des praticiens de bien-être.
Mais cette demande est aussi plus informée. Les patients qui ont découvert la psychologie remboursée comparent, posent des questions sur la formation, la déontologie, le cadre de la séance, le suivi. Un praticien capable d'expliquer sa démarche, ses limites et les cas où il oriente vers un médecin ou un psychologue gagne en crédibilité.
Il faut aussi anticiper un possible effet de concurrence perçue : pourquoi payer une séance de bien-être à plein tarif quand un accompagnement psychologique est accessible pour 20 € ? La réponse n'est pas de baisser ses prix mais de clarifier sa valeur : un accompagnement orienté vers l'action, la prévention, le mieux-être au quotidien, complémentaire plutôt que concurrent d'un suivi psychologique.
Comment vous positionner concrètement
Premier réflexe : écrire noir sur blanc ce que vous proposez et ce que vous ne proposez pas. Sur votre site, votre fiche de présentation et vos conditions générales, précisez que votre pratique est un accompagnement de bien-être, qu'elle ne remplace ni un diagnostic, ni un traitement médical, ni un suivi psychologique ou psychiatrique.
Deuxième réflexe : construire un réseau d'orientation. Connaître un ou deux psychologues partenaires de Mon Soutien Psy près de chez vous, et savoir vers qui adresser une personne en détresse, est un atout professionnel. Cela rassure vos clients, protège votre responsabilité et peut déboucher sur des recommandations croisées, dans le respect du cadre de chacun.
Troisième réflexe : consolider vos compétences d'écoute et de posture. Les approches centrées sur les ressources, comme la psychologie positive appliquée à l'accompagnement, permettent de proposer un cadre structuré sans empiéter sur le soin. C'est l'un des axes de la formation de coach en psychologie positive, qui peut servir de socle pour un accompagnement sérieux et bien délimité.
Ce que cela signifie pour une reconversion dans l'accompagnement
Pour qui envisage de se former, la nouvelle n'est pas un obstacle mais un repère : le marché de l'accompagnement psychique se structure, se légitime et se banalise. Les consultations ne sont plus taboues, et la demande de solutions complémentaires reste solide, notamment sur la prévention du stress, la gestion des émotions et la recherche de sens.
Cela impose en retour une exigence de sérieux dans le choix de sa formation : contenu clair, cadre déontologique, mise en pratique, honnêteté sur les débouchés. Notre guide pour devenir thérapeute détaille les critères à examiner, et celui sur la reconversion dans le bien-être aide à construire un projet réaliste, sans promesse de revenus garantis.
Enfin, gardez en tête que ces métiers du bien-être ne sont pas des professions de santé réglementées : leur valeur repose sur la qualité de la relation, la transparence et le respect des limites. Les évolutions réglementaires comme celle d'aujourd'hui renforcent la nécessité de cette rigueur. Retrouvez l'ensemble des parcours sur la page thérapies naturelles et testez vos envies via le bilan du site.
Sources et précautions
Sources consultées : « Gaz, carburant, santé, APL : ce qui change au 1er octobre 2026 » (Le JDD, lejdd.fr) ; « Santé, logement, carburant… Ce qui change au 1er octobre 2026 » (demarchesadministratives.fr) ; page « Mon Soutien Psy tiers payant 2026 » du blog formationtherapeute.fr ; informations publiques sur la santé mentale, grande cause nationale 2026 (banquedesterritoires.fr, sante.fr). Ces éléments sont à vérifier auprès de l'Assurance maladie et du ministère de la Santé.
Précaution : cet article est informatif. Les pratiques de bien-être évoquées ne constituent pas des actes médicaux ni des traitements, et ne remplacent pas l'avis d'un médecin ou d'un psychologue. En cas de détresse psychique, de pensées suicidaires ou de symptômes persistants, consultez un professionnel de santé ou appelez le 3114, numéro national de prévention du suicide.
Questions fréquentes
Mon Soutien Psy est-il accessible aux praticiens de bien-être ?
Non. Le dispositif est réservé aux psychologues conventionnés avec l'Assurance maladie, sur adressage d'un médecin. Les praticiens de bien-être, coachs et thérapeutes non conventionnés ne peuvent pas le proposer ni facturer à ce titre.
Combien le patient paie-t-il avec le tiers payant ?
Depuis le 1er octobre 2026, le patient ne règle que son reste à charge de 20 € par séance, la part prise en charge par l'Assurance maladie étant versée directement au psychologue. Vérifiez toujours les conditions en vigueur sur ameli.fr.
Comment un praticien de bien-être doit-il en parler à ses clients ?
Avec clarté : présenter sa pratique comme un accompagnement de bien-être, non remboursé, qui ne remplace pas un suivi médical ou psychologique, et orienter vers un professionnel de santé dès que la situation l'exige.



