En bref
Les Assises de la ménopause (15 octobre 2026) renforcent la visibilité du sujet et la place de la prévention, mais ne créent aucun statut pour les praticiens de bien-être : l'opportunité est réelle pour ceux qui savent se positionner en complément du suivi médical, avec une formation sérieuse et une communication sans promesse thérapeutique.
Ce qui a été annoncé lors des Assises du 15 octobre 2026
Selon la presse spécialisée, les premières Assises nationales de la ménopause se sont tenues le jeudi 15 octobre 2026 au Paris Santé Campus, à l'initiative de la ministre de la Santé Stéphanie Rist. La date avait été choisie en lien avec la Journée mondiale de la ménopause, célébrée le 18 octobre. L'événement faisait suite à un rapport remis en amont, qui plaidait pour une meilleure information, un dépistage plus structuré et une prise en charge moins dépendante de la bonne volonté de chaque médecin.
Trois annonces ressortent des comptes rendus. D'abord, le renforcement du dispositif Mon Bilan Prévention pour les femmes de 45 à 50 ans, afin de repérer notamment les facteurs de risque cardiovasculaires et osseux. Ensuite, l'ouverture de négociations conventionnelles avec l'Assurance Maladie pour créer une consultation longue dédiée à la ménopause, en se tournant vers les sages-femmes après des discussions infructueuses avec les médecins. Enfin, la saisine de la Haute Autorité de santé, dont les recommandations actualisées sont attendues début 2027, y compris sur la possibilité pour les sages-femmes de prescrire certains traitements hormonaux.
Une précision s'impose : plusieurs éléments restent des intentions. Une consultation dédiée aux 45-65 ans est bien inscrite dans la loi depuis fin 2025, mais, selon l'analyse publiée le jour des Assises, aucun tarif correspondant ne figurait encore dans la grille des médecins. Quant à une campagne nationale de sensibilisation évoquée pour janvier 2027, elle n'apparaît que dans une seule source consultée. Comme toujours en matière d'actualité, distinguer l'annonce de la mise en œuvre évite de promettre à vos futures clientes ce qui n'existe pas encore.
Les chiffres qui expliquent l'enjeu
La ménopause concerne une très large part de la population : un article publié à l'occasion des Assises avance le chiffre de 17,2 millions de Françaises de plus de 45 ans. D'autres sources citent des estimations plus basses, autour de 14 millions de femmes, ce qui montre que les périmètres retenus varient selon les études. Quel que soit le chiffre retenu, il s'agit d'un public massif, longtemps peu écouté, pour lequel le parcours de soins reste inégal d'un territoire à l'autre.
Côté financement, le Bilan Prévention, lancé en 2024 et gratuit, devrait concerner 2,5 millions de femmes d'ici 2028 pour un coût annoncé de 180 millions d'euros sur trois ans. Une autre publication évoque, elle, un coût de l'inaction de 2,3 milliards d'euros par an, en lien avec les arrêts de travail, les consultations répétées et la perte de productivité. Ces montants proviennent de sources différentes et ne sont pas directement comparables : retenez surtout l'ordre de grandeur, qui explique pourquoi le sujet monte dans l'agenda politique.
Pour un praticien de bien-être, ces chiffres ont une lecture simple. Ils décrivent une demande d'écoute, d'information et d'accompagnement du quotidien que le système de santé, saturé, ne couvre qu'en partie : sommeil perturbé, bouffées de chaleur, fatigue, variations d'humeur, questions sur l'alimentation ou l'activité physique. Ce besoin n'est pas médical au sens strict dans tous les cas, et c'est précisément là que l'accompagnement non médical peut trouver sa place, à condition d'en respecter les limites.
Ce que cela change (et ne change pas) pour les praticiens de bien-être
Premier effet : la visibilité. Lorsque l'État organise des Assises, les médias, les entreprises et les mutuelles s'emparent du sujet. Les femmes en péri-ménopause osent en parler, cherchent des informations, des ateliers, des relais. Cette dynamique est favorable aux coachs et aux praticiens qui proposent de l'accompagnement du mode de vie : routine de sommeil, gestion du stress, activité douce, alimentation, groupes de parole. Les demandes de conférences en entreprise ou en association devraient suivre.
Deuxième effet, moins spectaculaire : le renforcement du rôle des professionnels de santé. En renforçant le dépistage et en discutant de la prescription par les sages-femmes, les pouvoirs publics consolident le circuit médical. Le praticien de bien-être n'y entre pas : aucun statut, aucun remboursement, aucune reconnaissance particulière ne lui est attribué par ces annonces. Son rôle reste complémentaire, et son efficacité dépend de sa capacité à orienter vers un médecin ou une sage-femme lorsque les symptômes le justifient.
Troisième point : la responsabilité de communication. Plus le sujet est médiatisé, plus les promesses abusives prolifèrent : compléments miracles, protocoles « sans hormones » présentés comme équivalents d'un traitement, discours anxiogènes. Un praticien sérieux se démarque en parlant de confort, d'hygiène de vie et d'écoute, jamais de guérison ni d'arrêt de traitement. Cette posture est aussi une protection : elle limite le risque d'exercice illégal de la médecine et renforce la confiance des clientes comme des professionnels de santé.
Un contexte porteur pour les coachs ménopause : comment s'y positionner
Pour les personnes qui envisagent de se former, l'actualité confirme que le coaching de la ménopause répond à un besoin durable, pas à un effet de mode. Si vous voulez comprendre en quoi consiste concrètement l'accompagnement et ses bienfaits, notre article sur le coaching de la ménopause détaille les séances, les outils et les limites. Pour les aspects économiques, le métier de coach ménopause : revenus, débouchés et réalité donne des repères honnêtes, sans promesse de revenus garantis.
Le positionnement gagnant combine trois éléments. Une spécialisation claire (péri-ménopause, vie professionnelle, sommeil, activité physique) plutôt qu'une offre généraliste. Un réseau de renvoi : médecin traitant, gynécologue, sage-femme, diététicien, kinésithérapeute, à qui vous adressez les situations hors de votre champ et qui, en retour, connaissent votre travail. Et une offre lisible : séance individuelle, parcours de quelques semaines, atelier collectif ou intervention en entreprise, avec un tarif libre mais transparent.
Le marché de l'entreprise mérite une attention particulière. Le thème de la ménopause au travail progresse dans les politiques de qualité de vie et de conditions de travail, et les directions des ressources humaines cherchent des intervenants formés pour des conférences ou des ateliers. Notre article sur la ménopause et la vie professionnelle explore ce débouché. Là encore, la crédibilité repose sur une formation sérieuse et sur une communication mesurée, sans empiéter sur le champ médical.
Se former sérieusement : les critères à vérifier avant de s'engager
Aucun diplôme d'État n'est requis pour exercer comme coach ou praticien de bien-être en France, et les Assises n'y changent rien. C'est une liberté, mais aussi un risque : la qualité des formations varie fortement. Un programme solide couvre la physiologie de la péri-ménopause et de la ménopause, les repères de santé à connaître (cardiovasculaire, osseux, sommeil), la posture d'écoute, les limites de compétence et l'orientation vers le médecin, ainsi que les bases de l'installation en indépendant.
Soyez vigilant face aux formations qui promettent de « soigner » les symptômes ou d'apprendre à remplacer un traitement hormonal. Ces promesses sont incompatibles avec le cadre légal et avec l'éthique d'un accompagnement de bien-être. Préférez les cursus qui précisent clairement ce que le praticien peut et ne peut pas faire, qui comportent des cas pratiques et un suivi par des formateurs identifiables. Notre guide pour choisir sa formation de coach ménopause détaille ces critères point par point.
Si vous êtes en pleine réflexion de reconversion, prenez le temps de vérifier votre motivation, votre situation financière et votre capacité à construire une clientèle progressivement. Le guide pour devenir thérapeute et celui sur la reconversion dans le bien-être vous aident à structurer cette décision. La fiche de la formation de coach ménopause présente le programme, la durée et les modalités. Rappel : un accompagnement de bien-être ne remplace jamais un avis médical.
Les bons réflexes à adopter dès maintenant
Si vous exercez déjà, profitez de la dynamique sans en rajouter. Mettez à jour vos supports pour utiliser un vocabulaire prudent : « accompagner », « soutenir », « améliorer le confort », plutôt que « traiter » ou « soulager » au sens médical. Ajoutez une mention claire indiquant que votre accompagnement ne se substitue pas à un suivi médical, et prévoyez dans votre questionnaire d'accueil les signaux qui imposent une orientation (saignements anormaux, douleurs thoraciques, symptômes dépressifs importants).
Construisez votre réseau local. Une rencontre avec une sage-femme ou un médecin de votre secteur, expliquant ce que vous faites et ce que vous ne faites pas, coûte peu et peut générer des orientations durables. Les Assises ont montré que les professionnels de santé cherchent des relais pour l'accompagnement du quotidien ; encore faut-il qu'ils sachent qu'ils existent, et qu'ils aient confiance dans votre cadre déontologique.
Enfin, suivez le calendrier : les recommandations de la Haute Autorité de santé attendues début 2027, l'éventuelle consultation longue, les décisions sur les sages-femmes. Chacune de ces étapes peut modifier le parcours des femmes et donc la demande qui vous est adressée. Restez factuel avec vos clientes sur ce qui est annoncé et ce qui est effectif. En cas de détresse psychologique, le 3114 (numéro national de prévention du suicide, 24 h/24) et le 15 restent les réflexes à connaître.
Sources
Vidal, « Ménopause : des Assises nationales mi-octobre, annonce Stéphanie Rist » : https://www.vidal.fr/actualites/37398-menopause-des-assises-nationales-mi-octobre-annonce-stephanie-rist.html
Pourquoi Docteur, « Ménopause : ce que prévoit le gouvernement pour mieux accompagner les femmes » : https://www.pourquoidocteur.fr/Articles/Question-d-actu/56043-Menopause-prevoit-gouvernement-mieux-accompagner-femmes — Selectra, « Ménopause, Assises, consultation 45-65 ans » : https://selectra.info/assurance/actualites/marche/menopause-assises-consultation-45-65-ans — Economie Matin, « Ménopause : l'inaction coûte 2,3 milliards d'euros par an à la France » : https://www.economiematin.fr/?p=234033
Les chiffres et dates proviennent de ces publications et peuvent varier d'une source à l'autre ; vérifiez les annonces officielles du ministère de la Santé et de l'Assurance Maladie avant toute communication auprès de vos clientes. Cet article est informatif et ne constitue pas un avis médical.
Questions fréquentes
Les Assises de la ménopause créent-elles un statut pour les praticiens de bien-être ?
Non. Les annonces concernent le dépistage, la consultation longue, le rôle des sages-femmes et les recommandations de la Haute Autorité de santé. Le coaching et l'accompagnement de bien-être restent des activités non réglementées, complémentaires du suivi médical et sans remboursement.
Un coach ménopause peut-il conseiller un traitement hormonal ?
Non. Prescrire, déconseiller ou arrêter un traitement relève des professionnels de santé. Le coach accompagne l'hygiène de vie, le sommeil, la gestion du stress et l'écoute, et oriente vers un médecin ou une sage-femme dès que la situation le nécessite.
Faut-il un diplôme pour devenir coach ménopause en France ?
Aucun diplôme d'État n'est exigé. Une formation sérieuse reste toutefois indispensable pour connaître la physiologie, les repères de santé, les limites de compétence et les bases de l'installation. Vérifiez le programme, les formateurs et l'absence de promesses thérapeutiques.




