En bref
La Journée mondiale Alzheimer 2026 (21 septembre) rappelle que plus de 1,4 million de personnes vivent avec la maladie d'Alzheimer ou une maladie apparentée en France, avec environ 225 000 nouveaux diagnostics par an et près de 2 millions d'aidants directement mobilisés. Faute de traitement curatif, les approches non médicamenteuses — dont l'art-thérapie, la stimulation sensorielle et le soutien psychologique des aidants — occupent une place reconnue en complément du suivi médical, en établissement comme à domicile. Pour un praticien en art-thérapie ou en accompagnement du bien-être, c'est un terrain d'intervention concret, à condition de connaître précisément le cadre : jamais de diagnostic, jamais de promesse de ralentissement de la maladie, toujours en coordination avec l'équipe soignante.
Ce que rappelle la Journée mondiale Alzheimer 2026
Le 21 septembre 2026, la Journée mondiale de la maladie d'Alzheimer s'est tenue en France autour du thème « Avec vous, sur tous les terrains », porté par les associations France Alzheimer et leurs antennes départementales. L'occasion de rappeler des chiffres qui, bien que régulièrement cités, restent impressionnants par leur ampleur : plus de 1,4 million de personnes vivent aujourd'hui en France avec la maladie d'Alzheimer ou une maladie apparentée, et environ 225 000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année.
Autour de ces patients gravite un autre chiffre tout aussi déterminant : près de 2 millions d'aidants accompagnent au quotidien un proche atteint, un rôle qui pèse lourd sur leur propre équilibre physique et psychologique. En intégrant l'ensemble des proches directement concernés par les répercussions de la maladie sur le foyer, ce sont environ 3,5 millions de personnes dont le quotidien se trouve bouleversé, selon les associations de patients.
Autre donnée structurante pour comprendre les besoins d'accompagnement : environ 70 % des personnes atteintes vivent à domicile, le plus souvent soutenues par un aidant principal, très majoritairement un membre de la famille. Cette proportion élevée de maintien à domicile explique pourquoi la demande d'accompagnement complémentaire — au-delà du seul suivi médical — continue de progresser, aussi bien pour les malades que pour leurs proches.
Pourquoi les approches non médicamenteuses prennent une place croissante
Il n'existe à ce jour aucun traitement curatif de la maladie d'Alzheimer : les traitements médicamenteux disponibles visent à ralentir certains symptômes ou à améliorer le confort, sans stopper l'évolution de la pathologie. Face à cette limite thérapeutique, les recommandations des sociétés savantes et des associations de patients accordent depuis plusieurs années une place reconnue aux approches non médicamenteuses, en complément — jamais en remplacement — du suivi médical.
Parmi ces approches, la stimulation cognitive, la réminiscence (travail autour des souvenirs anciens, souvent mieux préservés que la mémoire récente), la stimulation sensorielle (musique, toucher, odeurs familières) et l'expression créative occupent une place documentée dans de nombreux établissements d'accueil (EHPAD, accueils de jour) comme, de plus en plus, à domicile. Ces approches n'ont pas vocation à ralentir la maladie elle-même, mais elles contribuent à maintenir un lien, apaiser l'anxiété et préserver un sentiment d'identité chez la personne malade.
C'est dans ce cadre que l'art-thérapie trouve une place particulièrement adaptée : elle ne repose pas sur la performance verbale ni sur la mémoire immédiate, deux fonctions souvent altérées par la maladie, mais sur l'expression sensorielle et créative — dessin, peinture, collage, modelage — qui reste accessible même à un stade avancé. De nombreux accueils de jour et EHPAD proposent aujourd'hui des ateliers réguliers construits sur ce principe.
Le rôle spécifique de l'art-thérapie auprès des personnes atteintes
Auprès d'une personne atteinte de la maladie d'Alzheimer, un atelier d'art-thérapie poursuit des objectifs précis et mesurables à l'échelle d'une séance : solliciter une motricité fine encore fonctionnelle, offrir un espace d'expression non verbal quand les mots deviennent plus difficiles à mobiliser, et procurer un moment de plaisir sensoriel dans un cadre sécurisant et sans enjeu de résultat. L'absence de jugement esthétique, principe fondateur de l'art-thérapie, prend ici tout son sens : il n'y a rien à réussir, seulement à créer et ressentir.
Les praticiens qui interviennent auprès de ce public adaptent nécessairement leur approche : séances plus courtes, consignes très simples et répétées, matériel sécurisé, attention constante aux signes de fatigue ou d'agitation. Le rôle de l'intervenant se rapproche alors autant de l'accompagnement bienveillant que de la conduite technique d'un atelier — une posture qui s'apprend et qui distingue une intervention de qualité d'une simple activité occupationnelle.
Ce terrain d'intervention, déjà identifié comme un débouché naturel de l'art-thérapie par de nombreux établissements médico-sociaux, illustre bien la vocation de complémentarité de la discipline : elle ne diagnostique rien, ne traite aucun symptôme au sens médical, mais elle apporte un mieux-être réel et documenté par de nombreux retours de terrain, en coordination étroite avec les équipes soignantes et les familles.
Ne pas oublier les aidants, premiers concernés par l'épuisement
Le thème 2026 de la Journée mondiale, « Avec vous, sur tous les terrains », insiste précisément sur cette dimension : accompagner la maladie d'Alzheimer, c'est aussi et surtout accompagner l'entourage. Les études sur l'épuisement des aidants (fatigue chronique, isolement social, risque dépressif) sont convergentes depuis plusieurs années, et les 2 millions d'aidants familiaux concernés en France restent, dans l'ensemble, peu et tardivement accompagnés sur le plan psychologique.
C'est un second terrain d'intervention, souvent moins visible que l'accompagnement du malade lui-même, mais tout aussi légitime pour un praticien de bien-être : coaching de soutien, techniques de gestion du stress, groupes de parole encadrés par un professionnel formé, ou simplement un espace de répit régulier proposé à l'aidant pendant que le proche malade participe à un atelier. Plusieurs associations de patients recherchent d'ailleurs activement des intervenants formés pour organiser ce type de temps de répit.
Pour un praticien en développement d'activité, ce volet « aidants » mérite d'être identifié comme une offre à part entière, avec sa propre communication : le message qui s'adresse à un aidant épuisé (souffler, se recentrer, ne pas culpabiliser) diffère sensiblement de celui destiné à la personne malade elle-même, et gagne à être formulé distinctement.
Un cadre à respecter scrupuleusement
S'engager sur ce terrain suppose une rigueur de cadre non négociable. Un praticien en art-thérapie ou en accompagnement bien-être n'établit aucun diagnostic, ne promet jamais un ralentissement de la maladie ni une amélioration cognitive mesurable, et ne se substitue à aucun moment à l'équipe médicale ou paramédicale qui suit la personne (médecin traitant, neurologue, psychomotricien, orthophoniste). Le vocabulaire employé dans sa communication doit rester prudent : « mieux-être », « moment de plaisir », « lien maintenu » plutôt que « stimulation cognitive prouvée » ou toute formulation à consonance thérapeutique médicale.
En pratique, une intervention sérieuse en établissement se construit toujours en coordination avec l'équipe soignante en place, qui connaît l'historique et les besoins spécifiques de chaque résident. À domicile, le praticien travaille en lien avec l'aidant principal et, autant que possible, informe le médecin traitant de la nature de son intervention — une transparence qui protège à la fois la personne accompagnée et la crédibilité du praticien.
C'est précisément ce cadre — les publics spécifiques comme les personnes âgées, les bases de psychologie nécessaires et la conduite de séance adaptée — qu'aborde la formation pour devenir art-thérapeute, qui consacre une part de son programme à l'accompagnement de publics fragiles. Pour resituer ce projet dans une démarche de reconversion plus large, le guide pour se reconvertir dans le bien-être donne des repères utiles sur les étapes à anticiper.
Sources
France Alzheimer, « Journée mondiale Alzheimer 2026 », francealzheimer.org, septembre 2026.
E-Sante.fr, « Journée mondiale Alzheimer 2026 : l'appel de France Alzheimer contre l'isolement », e-sante.fr, 21 septembre 2026.
So'Lyon Mutuelle, « Journée mondiale de l'Alzheimer — 21 septembre 2026 », solyon-mutuelle.fr, septembre 2026 ; Weka, « Journée mondiale de la maladie d'Alzheimer, le 21 septembre 2026 », weka.fr.
Questions fréquentes
Un art-thérapeute peut-il intervenir auprès de personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer sans formation spécifique ?
Les bases de l'art-thérapie s'appliquent, mais l'intervention auprès de ce public demande une adaptation réelle : séances plus courtes, consignes simplifiées, attention aux signes de fatigue et coordination avec l'équipe soignante ou l'aidant. Une formation qui aborde spécifiquement les publics fragiles (personnes âgées, troubles cognitifs) permet d'intervenir avec la sécurité et la justesse nécessaires.
L'art-thérapie peut-elle ralentir ou soigner la maladie d'Alzheimer ?
Non, et aucun praticien sérieux ne doit le laisser entendre. L'art-thérapie ne traite pas la maladie et ne remplace aucun suivi médical. Elle apporte un mieux-être documenté par de nombreux retours de terrain (expression, lien maintenu, apaisement), en complément du parcours de soins, jamais à sa place.
Comment un praticien de bien-être peut-il accompagner les aidants familiaux ?
Par des temps de répit, du coaching de soutien, des techniques de gestion du stress ou des groupes de parole encadrés. Ce volet mérite une communication spécifique, distincte de celle destinée à la personne malade, car les besoins d'un aidant épuisé (souffler, ne pas culpabiliser) diffèrent de ceux du proche accompagné.




