En bref
Du 18 au 24 septembre 2026, la CGT Santé Action Sociale appelle à la grève dans les établissements de santé et du médico-social, après un préavis spécifique du 15 septembre ciblant les EHPAD, l'aide à domicile et les foyers pour personnes âgées ou handicapées : les revendications portent sur les sous-effectifs, les salaires et l'épuisement professionnel des personnels soignants et non soignants. Cette mobilisation, qui s'inscrit dans une journée d'action nationale de la CGT le 24 septembre sur les salaires, met en lumière la tension durable du secteur du grand âge. Elle ne concerne pas directement les praticiens du bien-être, mais elle éclaire deux réalités qui les touchent : le rôle complémentaire qu'ils peuvent jouer auprès des équipes et des résidents en institution, et le vivier de reconversion que représentent des professionnels du soin en recherche de sens et de conditions de travail plus soutenables.
Une semaine de mobilisation dans le médico-social
Le 15 septembre 2026, la Fédération CGT des services publics a déposé un préavis de grève spécifique pour les personnels du secteur social et médico-social de la fonction publique territoriale : agents des EHPAD, des services d'aide et d'accompagnement à domicile (SAAD) et des foyers pour personnes âgées ou en situation de handicap. Trois jours plus tard, le 18 septembre, la fédération CGT Santé Action Sociale a élargi le mouvement avec un préavis de grève courant jusqu'au 24 septembre dans l'ensemble des établissements de santé et du médico-social.
Ces deux préavis s'inscrivent dans un climat social plus large : la CGT appelle à une journée de mobilisation nationale le 24 septembre 2026, centrée sur les salaires et le pouvoir d'achat, dans un contexte de tensions budgétaires persistantes pour les collectivités et les établissements publics. Le secteur du grand âge et du handicap, déjà identifié depuis plusieurs années comme l'un des plus fragiles sur le plan des ressources humaines, se retrouve une nouvelle fois au coeur de ces mobilisations.
Les revendications portées par les syndicats sont sans surprise pour quiconque suit ce secteur depuis quelques années : hausse des salaires pour les personnels soignants comme non soignants, renforcement des effectifs jugés structurellement insuffisants au regard de la charge de travail, et amélioration des conditions d'exercice pour lutter contre un épuisement professionnel devenu endémique chez les aides-soignants, les auxiliaires de vie et les accompagnants en établissement.
Pourquoi le secteur du grand âge reste sous tension
Cette mobilisation ne sort pas de nulle part. Le secteur du soin et de l'accompagnement, en particulier dans le grand âge, cumule depuis plusieurs années les difficultés de recrutement : selon les enquêtes de besoins de main-d'oeuvre de France Travail, les métiers d'aide-soignant et d'auxiliaire de vie figurent parmi les postes les plus difficiles à pourvoir, avec des taux de tension qui dépassent régulièrement 60 %. Le vieillissement de la population française accentue mécaniquement cette pression : plus de résidents en établissement, plus de personnes accompagnées à domicile, pour un nombre de professionnels qui peine à suivre.
Le résultat, documenté année après année par les organisations syndicales comme par les rapports parlementaires, est un cercle qui se referme sur lui-même : les conditions de travail dégradées alimentent le turn-over et l'absentéisme, ce qui aggrave à son tour les sous-effectifs et la charge pesant sur les professionnels restants. C'est précisément ce cercle que la grève du 18-24 septembre entend dénoncer, en réclamant des moyens humains et financiers à la hauteur des besoins réels du secteur.
Pour les résidents d'EHPAD, les personnes accompagnées à domicile et leurs familles, cette tension se traduit concrètement par une présence humaine plus rare, des temps d'échange écourtés et une attention portée en priorité aux soins techniques, au détriment parfois de l'accompagnement relationnel — l'écoute, la présence, le lien social — pourtant essentiel au bien-être des personnes âgées ou en fin de vie.
Le rôle complémentaire des praticiens de bien-être en institution
C'est précisément sur ce terrain de l'accompagnement relationnel que des praticiens de bien-être formés peuvent apporter une contribution réelle, sans jamais se substituer aux soignants ni empiéter sur leurs missions. Un accompagnant en fin de vie intervient par exemple en établissement ou à domicile pour offrir une présence, une écoute et un réconfort aux personnes en fin de vie et à leurs proches — une dimension humaine que des équipes en sous-effectif chronique ont de moins en moins de temps à consacrer.
Cette intervention ne relève à aucun moment du soin médical : elle vient en complément du travail des équipes soignantes, jamais à leur place. De nombreux établissements font déjà appel, en complément de leurs équipes internes, à des intervenants extérieurs pour des ateliers de bien-être, de la présence bénévole ou associative, ou un accompagnement ponctuel des familles endeuillées, comme le détaille l'article sur le bénévolat en soins palliatifs.
Le contexte de tension sociale actuel rend ce rôle complémentaire d'autant plus visible : quand les effectifs internes sont mobilisés par la grève ou fragilisés par le sous-effectif chronique, la présence de bénévoles et de praticiens extérieurs formés à l'écoute et à l'accompagnement humain devient un appui réel pour les équipes, sans jamais remplacer les postes de soignants qui font aujourd'hui l'objet des revendications syndicales.
Un secteur en tension, un vivier naturel de reconversions
Cette mobilisation éclaire aussi une autre réalité, documentée par de nombreux témoignages : une partie significative des reconversions vers les métiers du bien-être provient justement des professions du soin et du médico-social. Aides-soignants, infirmiers, auxiliaires de vie ou accompagnants en établissement, confrontés à l'épuisement professionnel et à des conditions de travail dégradées, sont nombreux à se tourner vers des pratiques comme l'accompagnement de fin de vie, le coaching en santé et bien-être ou la sophrologie, où ils retrouvent la dimension relationnelle qui les avait attirés vers le soin à l'origine.
Cette trajectoire a une cohérence forte : ces professionnels arrivent avec une expérience humaine précieuse — la proximité avec la souffrance, la fin de vie, la dépendance — qu'ils peuvent réinvestir dans un cadre différent, en libéral ou en institution, avec davantage d'autonomie sur leur temps et leurs conditions d'exercice. Le guide pour se reconvertir dans le bien-être détaille les étapes de ce type de transition, de la formation jusqu'à l'installation.
D'autres choisissent une voie hybride, sans quitter totalement le secteur : se former en complément à une approche de coaching en santé et bien-être pour proposer, en parallèle de leur emploi ou en évolution de carrière, des ateliers de prévention de l'épuisement professionnel destinés à leurs propres collègues ou à d'autres structures médico-sociales confrontées aux mêmes tensions.
Ce que cette actualité ne change pas
Il est important de le rappeler clairement : cette mobilisation est un mouvement social qui concerne les personnels salariés du secteur public et associatif du soin, leurs employeurs et les pouvoirs publics. Elle ne confère aux praticiens de bien-être aucun rôle nouveau, aucune reconnaissance institutionnelle particulière, ni aucune place dans les négociations en cours. Le soin médical et l'accompagnement social restent, et doivent rester, la mission exclusive des professionnels de santé et du travail social.
Un accompagnant en fin de vie, un coach en santé et bien-être ou tout autre praticien intervenant en institution doit impérativement se positionner en appui, jamais en substitut : orienter systématiquement vers l'équipe soignante ou le personnel encadrant en cas de besoin médical ou social identifié, et ne jamais laisser penser que sa présence pourrait pallier durablement un sous-effectif structurel, qui relève d'une réponse politique et budgétaire, non d'un accompagnement de bien-être.
C'est cette clarté sur le périmètre d'intervention qui permet aux praticiens de bien-être de construire une place légitime et respectée auprès des équipes soignantes et des directions d'établissement, dans un secteur par ailleurs justement vigilant, en ce moment de tension sociale, sur la place et le rôle de chaque intervenant.
Sources
Fédération CGT des services publics, préavis de grève du 15 septembre 2026 pour les personnels du secteur social et médico-social de la fonction publique territoriale (EHPAD, aide à domicile, foyers pour personnes âgées et en situation de handicap).
CGT Santé Action Sociale, préavis de grève du 18 au 24 septembre 2026 dans les établissements de santé et du médico-social.
France Travail, enquête Besoins en Main-d'Oeuvre (BMO) 2026, sur les tensions de recrutement dans les métiers d'aide-soignant et d'auxiliaire de vie.
Questions fréquentes
Que réclament les personnels des EHPAD et du médico-social en grève en septembre 2026 ?
Les préavis déposés par la CGT Santé Action Sociale et la Fédération CGT des services publics portent principalement sur trois points : la revalorisation des salaires des personnels soignants et non soignants, le renforcement des effectifs jugés insuffisants au regard de la charge de travail, et l'amélioration des conditions de travail pour lutter contre l'épuisement professionnel dans le secteur du grand âge et du handicap.
Un praticien de bien-être peut-il remplacer un poste de soignant manquant en EHPAD ?
Non, en aucun cas. Un praticien de bien-être, comme un accompagnant en fin de vie, intervient en complément des équipes soignantes pour la dimension relationnelle et humaine de l'accompagnement, jamais en substitut d'un poste de soin. Le sous-effectif dénoncé par les syndicats relève d'une réponse en moyens humains et budgétaires, pas d'un accompagnement de bien-être.
Pourquoi de nombreux soignants se reconvertissent-ils vers les métiers du bien-être ?
Confrontés à l'épuisement professionnel et à des conditions de travail dégradées dans le soin institutionnel, de nombreux aides-soignants, infirmiers et auxiliaires de vie se tournent vers des pratiques comme l'accompagnement de fin de vie ou le coaching en santé et bien-être, qui leur permettent de retrouver la dimension relationnelle du soin avec davantage d'autonomie sur leurs conditions d'exercice.




