En bref
Un projet de décret annoncé le 24 août 2026 relève le plafond annuel des franchises médicales et de la participation forfaitaire de 100 € à 140 € par an, avec une entrée en vigueur prévue au 1er octobre 2026. Ce plafond se répartit en deux enveloppes de 70 € : l'une pour les consultations et actes médicaux, l'autre pour les médicaments, les actes paramédicaux et les transports sanitaires. La loi interdit aux mutuelles de rembourser ces franchises, qui restent donc intégralement à la charge du patient. Pour les praticiens de bien-être, cette hausse du reste à charge sur le soin conventionnel renforce l'intérêt économique des démarches de prévention (naturopathie, coaching santé, gestion du stress), sans jamais dispenser de rappeler que ces approches ne remplacent ni une consultation médicale ni un traitement prescrit.
Ce que prévoit le projet de décret annoncé le 24 août 2026
Le gouvernement a annoncé le 24 août 2026 son intention de porter, par décret, le plafond annuel des franchises médicales et de la participation forfaitaire de 100 € à 140 €, soit une hausse de 40 %. Le texte, présenté comme un projet de décret à ce stade, doit encore suivre son parcours réglementaire avant sa publication définitive au Journal officiel, mais son entrée en application est annoncée pour le 1er octobre 2026.
Ce plafond global de 140 € se décompose en deux enveloppes distinctes de 70 € chacune : une première pour les consultations médicales, une seconde pour les médicaments, les actes paramédicaux (infirmiers, kinésithérapeutes) et les transports sanitaires. Jusqu'ici, chacune de ces enveloppes était plafonnée à 50 €, un montant resté inchangé depuis la création du dispositif en 2005 — d'où la justification gouvernementale d'un simple rattrapage sur l'inflation accumulée depuis vingt ans.
Les franchises médicales elles-mêmes ne sont pas nouvelles : elles correspondent à un montant fixe déduit des remboursements de l'Assurance maladie sur chaque boîte de médicament (0,50 €), chaque acte paramédical (0,50 €) ou chaque transport sanitaire (2 €), tandis que la participation forfaitaire s'applique aux consultations et aux actes médicaux (1 € ou 2 € selon les cas). Ce qui change avec ce projet de décret n'est donc pas le principe, mais le plafond annuel cumulé au-delà duquel ces prélèvements cessent de s'appliquer.
Pourquoi cette hausse intervient maintenant
Cette mesure s'inscrit dans un mouvement plus large de maîtrise des dépenses de l'Assurance maladie, engagé avec la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026. Le gouvernement a d'abord envisagé de doubler purement et simplement le plafond, avant d'arbitrer pour une hausse plus mesurée, présentée comme une simple indexation sur l'inflation constatée depuis 2005, date de création du dispositif des franchises médicales.
Le calendrier n'est pas anodin : cette annonce du 24 août 2026 intervient quelques semaines seulement après l'entrée en vigueur, le 1er septembre 2026, du plafonnement inédit de la durée des arrêts de travail, et à un mois de la généralisation du tiers payant sur Mon Soutien Psy prévue pour le 1er octobre. Ces trois réformes dessinent une même logique : responsabiliser davantage l'usager sur le soin curatif classique, tout en orientant les moyens publics vers des dispositifs de prévention et d'accompagnement psychologique léger jugés plus soutenables budgétairement.
Plusieurs grandes mutuelles (MGEN, Harmonie Mutuelle, Malakoff Humanis) ont par ailleurs déjà réduit ou supprimé, sur leurs nouveaux contrats, le forfait dédié aux médecines douces, dans un contexte de gel des cotisations des complémentaires santé. Cette double pression — hausse du reste à charge sur le soin conventionnel, recul de la prise en charge complémentaire du bien-être — redessine l'équilibre économique du secteur pour les mois à venir.
Un reste à charge qui ne sera jamais compensé par la mutuelle
Point important pour bien comprendre l'impact concret de cette réforme : la loi interdit explicitement aux organismes complémentaires (mutuelles, assurances, institutions de prévoyance) de rembourser les franchises médicales et la participation forfaitaire, quel que soit le niveau de garantie du contrat souscrit. Ce reste à charge de 140 € par an reste donc, par construction, intégralement supporté par chaque assuré, sans possibilité de s'en prémunir par une meilleure complémentaire santé.
Concrètement, un patient suivant un traitement chronique avec plusieurs consultations et boîtes de médicaments par mois atteindra le nouveau plafond plus tard dans l'année qu'auparavant, ce qui signifie davantage de prélèvements cumulés avant d'atteindre le seuil au-delà duquel ils cessent de s'appliquer. Pour les foyers aux consommations de soins les plus régulières — personnes âgées, malades chroniques, familles avec de jeunes enfants —, l'effet sur le budget annuel de santé est direct et mécanique.
Cette évolution s'ajoute à un climat déjà tendu sur le financement de la santé en France : hausse des tickets modérateurs sur plusieurs actes, gel des cotisations des complémentaires, suppression progressive des forfaits médecines douces chez plusieurs grandes mutuelles. Le fil conducteur de ces réformes reste le même : un déplacement progressif du financement du système de santé vers le patient lui-même, en particulier sur les postes de dépense jugés les moins prioritaires par les pouvoirs publics.
Ce que cette pression budgétaire change pour les praticiens de bien-être
Pour les praticiens de bien-être — naturopathes, coachs en santé, praticiens en médecines douces — cette hausse continue du reste à charge sur le soin conventionnel a un effet paradoxal : elle renforce l'argument économique de la prévention, sans pour autant garantir un afflux immédiat de nouveaux clients. Un ménage confronté à des franchises et participations plus élevées cherchera logiquement à limiter le recours répété aux soins curatifs, ce qui valorise mécaniquement les démarches destinées à éviter la maladie plutôt qu'à la traiter : alimentation, gestion du stress, hygiène de vie, accompagnement du sommeil.
C'est précisément le positionnement du coaching en santé et bien-être : accompagner une personne dans la durée sur des habitudes de vie qui réduisent la fréquence des recours au système de soin classique, en complément — jamais en remplacement — d'un suivi médical. Ce discours de la prévention, déjà porté par la naturopathie depuis des décennies, trouve dans ce contexte budgétaire un écho plus concret et plus chiffrable pour convaincre une clientèle sensible à son reste à charge annuel.
Mais ce contexte favorable a une contrepartie exigeante : à mesure que le débat public sur le financement de la santé s'intensifie, la vigilance des pouvoirs publics sur les pratiques non réglementées se renforce également, comme en témoignent les contrôles accrus de la DGCCRF sur les allégations santé des praticiens de bien-être. Un argumentaire de prévention doit rester factuel et mesuré, sans jamais promettre d'éviter une pathologie ou de se substituer à un parcours de soin.
Rester dans son cadre : ce que la franchise médicale ne change pas
Il est essentiel de ne pas confondre deux logiques distinctes. La franchise médicale et la participation forfaitaire concernent exclusivement le parcours de soin remboursé par l'Assurance maladie : consultations médicales, médicaments prescrits, actes paramédicaux, transports sanitaires. Les séances de naturopathie, de coaching bien-être, de sophrologie ou de tout autre accompagnement non médical ne sont, par définition, pas concernées par ce dispositif : elles ne sont pas prises en charge par la Sécurité sociale et ne l'ont jamais été.
Ce distinguo est important à expliquer clairement à une clientèle qui pourrait, par méconnaissance, assimiler la hausse des franchises médicales à une évolution du remboursement des médecines douces. Les deux sujets, bien que liés par un même contexte de tension budgétaire sur la santé, obéissent à des logiques et des textes entièrement différents : l'un relève du droit de la Sécurité sociale, l'autre du seul choix contractuel de chaque complémentaire santé.
Pour les praticiens en reconversion qui s'interrogent sur la solidité économique du secteur du bien-être dans ce contexte de tension généralisée sur les dépenses de santé, le guide pour se reconvertir dans le bien-être et le guide pour devenir thérapeute détaillent les repères concrets — statut, positionnement, cadre déontologique — pour construire une activité crédible et pérenne, quel que soit le climat budgétaire du moment.
Sources
Franceinfo, « Le plafond des franchises médicales finalement fixé à 140 euros par an dans le projet de décret, contre 100 euros actuellement », 24 août 2026.
Europe1, « Franchises médicales : le plafond porté à 140 euros contre 100 aujourd'hui », 24 août 2026.
Service-public.fr et Code du travail numérique, synthèses de la répartition du plafond (70 € consultations / 70 € médicaments, actes paramédicaux et transports) et de son entrée en application prévue au 1er octobre 2026.
France Épargne, « Médecines douces : mutuelles sous pression en 2026 », synthèse du rapport du Sénat et du gel des cotisations des complémentaires santé, sur la réduction des forfaits médecines douces par plusieurs grandes mutuelles.
Questions fréquentes
À partir de quand le nouveau plafond de 140 € s'applique-t-il ?
Le projet de décret annoncé le 24 août 2026 prévoit une entrée en application au 1er octobre 2026. À cette date, le plafond annuel cumulé des franchises médicales et de la participation forfaitaire passera de 100 € à 140 €, réparti en deux enveloppes de 70 € chacune.
Ma mutuelle peut-elle rembourser cette hausse des franchises médicales ?
Non. La loi interdit aux organismes complémentaires de rembourser les franchises médicales et la participation forfaitaire, quel que soit le niveau de garantie souscrit. Ce reste à charge reste donc intégralement supporté par chaque assuré, sans possibilité de s'en prémunir via une meilleure complémentaire santé.
Cette réforme concerne-t-elle les séances de naturopathie ou de coaching bien-être ?
Non, directement. Les franchises médicales et la participation forfaitaire s'appliquent uniquement aux actes remboursés par l'Assurance maladie (consultations, médicaments, actes paramédicaux, transports sanitaires). Les séances de médecines douces ou d'accompagnement bien-être, non remboursées par la Sécurité sociale, ne sont pas concernées par ce dispositif, même si le contexte budgétaire global qui l'entoure touche aussi, par ailleurs, les forfaits médecines douces de certaines mutuelles.




