En bref
Le baromètre Absentéisme 2026 de Malakoff Humanis (10e édition, publié début juillet 2026) établit que les troubles psychologiques représentent 37,8 % des arrêts de travail de plus de 30 jours en 2025, contre 21,6 % pour les TMS : c'est la première fois que la souffrance psychique dépasse les troubles physiques comme première cause d'arrêt long en France. Le taux d'absentéisme global atteint 4,3 %, en hausse de 25,5 % depuis 2019. Les cadres (44,4 % de leurs arrêts longs liés au psychologique) et les femmes (36,9 %) sont surreprésentés. Pour les praticiens de bien-être, cette bascule confirme la place croissante de l'accompagnement psycho-émotionnel en entreprise, à condition de toujours distinguer prévention du mal-être et prise en charge d'une pathologie qui relève du médecin.
Ce que révèle le baromètre Malakoff Humanis 2026
Publié début juillet 2026, le baromètre Absentéisme de Malakoff Humanis en est à sa dixième édition. Il s'appuie sur une méthodologie robuste et rare dans ce secteur : l'analyse des absences déclarées de 3,8 millions de salariés du secteur privé, le suivi médical de plus de 300 000 personnes en arrêt de longue durée, et les résultats d'une enquête de perception menée chaque année auprès de salariés, d'entreprises et de médecins. C'est ce croisement de données objectives et de ressenti qui donne à l'étude son poids de référence dans le débat public sur la santé au travail.
Le chiffre qui a le plus retenu l'attention est celui-ci : en 2025, les troubles psychologiques (dépression, burn-out, anxiété) sont devenus la première cause des arrêts de travail de longue durée (plus de 30 jours), avec 37,8 % des situations recensées. Les troubles musculo-squelettiques (TMS), qui occupaient cette première place depuis que ce type d'observatoire existe, reculent à 21,6 %. C'est un renversement statistique inédit, et il ne s'agit pas d'un accident ponctuel : la part des troubles psychologiques dans les arrêts longs a progressé de 7,5 points depuis 2020, année de référence marquée par la crise sanitaire.
Le taux d'absentéisme global du secteur privé atteint 4,3 % en 2025, ce qui signifie que les salariés ont été absents en moyenne 4,3 jours sur 100 jours calendaires. Ce taux progresse de 25,5 % depuis 2019, avant la pandémie de Covid-19. Malakoff Humanis souligne que la tendance de fond n'est plus tirée par la fréquence des arrêts courts, mais par l'explosion des absences longues et la dégradation continue de la santé mentale au travail, deux phénomènes intimement liés.
Qui est le plus touché par cette bascule psychologique ?
L'étude met en évidence une surreprésentation nette de certains profils. Chez les cadres, 44,4 % des arrêts longs sont liés à des motifs psychologiques, contre 32,5 % chez les non-cadres. Cet écart s'explique en partie par une charge mentale et une pression sur les résultats plus fortes dans l'encadrement, mais aussi par une meilleure capacité de ces profils à mettre des mots sur leur souffrance et à consulter un médecin, ce qui peut aussi jouer sur les chiffres observés.
Les femmes sont également surreprésentées, avec 36,9 % de leurs arrêts longs liés au psychologique contre 28,7 % chez les hommes. Cette différence recoupe des constats déjà documentés par d'autres études sur la charge mentale domestique, les inégalités professionnelles persistantes et l'exposition différenciée aux violences ou au harcèlement au travail. Le baromètre insiste enfin sur un point souvent négligé : la moitié des salariés concernés n'osent pas aborder le sujet de leur souffrance psychologique avec leur employeur, ce qui retarde la prise en charge et alimente le cercle vicieux de l'aggravation.
Face à ce constat, Malakoff Humanis appelle les entreprises à sortir du simple diagnostic pour agir concrètement sur la prévention des risques psychosociaux (RPS) : formation des managers au repérage des signaux faibles, dispositifs d'écoute internes, et recours croissant à des intervenants extérieurs — psychologues du travail, sophrologues, coachs certifiés en santé et bien-être — pour accompagner les collectifs de travail avant que la situation ne débouche sur un arrêt long.
Pourquoi ce basculement change la donne pour les praticiens de bien-être
Ce basculement statistique n'est pas qu'un indicateur RH : il traduit une réalité vécue par des millions de salariés, et il ouvre un espace de plus en plus légitime pour les professionnels de l'accompagnement non médical. Les entreprises qui prennent la mesure du coût humain et financier de l'absentéisme psychologique (arrêts longs, remplacements, perte de compétences, dégradation du climat social) cherchent des solutions en amont, avant que la situation ne se transforme en arrêt de travail. C'est précisément le terrain d'intervention d'un coach santé et bien-être formé aux enjeux de qualité de vie et conditions de travail (QVCT) : ateliers de gestion du stress, accompagnement individuel de salariés en tension, programmes de sensibilisation à la prévention de l'épuisement professionnel.
Cette opportunité s'accompagne d'une responsabilité claire. Un praticien de bien-être qui intervient en entreprise n'a pas vocation à traiter une pathologie installée ni à se substituer à la médecine du travail, aux psychologues cliniciens ou aux psychiatres. Son rôle se situe en amont, sur le terrain de la prévention et du soutien aux personnes qui traversent une période de tension sans (encore) relever d'un trouble caractérisé. Savoir reconnaître les signaux qui appellent une orientation médicale — épuisement sévère, idées noires, décompensation — fait partie intégrante d'un accompagnement professionnel sérieux, quelle que soit la discipline pratiquée.
Les entreprises qui investissent dans ces dispositifs de prévention le font aussi pour des raisons économiques directes : les indemnités journalières versées par l'Assurance maladie au titre des arrêts de travail atteignent désormais près de 18 milliards d'euros par an, en forte progression sur dix ans. Réduire, même marginalement, la part évitable de ces arrêts représente un enjeu financier de premier ordre pour les employeurs, ce qui explique la multiplication des appels d'offres et des partenariats avec des praticiens indépendants ou des cabinets de conseil en bien-être au travail.
Comment se positionner professionnellement sur ce marché en croissance
Pour un coach ou un praticien de bien-être qui souhaite développer une activité tournée vers les entreprises, plusieurs leviers se dessinent à la lecture de ce baromètre. Le premier est la spécialisation thématique : proposer une offre clairement identifiée autour de la prévention de l'épuisement professionnel, de la gestion du stress ou de l'accompagnement des transitions (reprise après un arrêt, changement de poste, réorganisation) est plus lisible pour un service RH qu'une offre généraliste. Le second est la preuve de sérieux : les entreprises qui investissent sur ce sujet recherchent des intervenants formés, capables de justifier d'un cadre méthodologique clair et d'une assurance responsabilité civile professionnelle adaptée à l'intervention en milieu professionnel.
Le format d'intervention compte également. Les ateliers collectifs (gestion du stress, communication bienveillante, prévention du burn-out) permettent de toucher un grand nombre de salariés à moindre coût pour l'entreprise, tandis que l'accompagnement individuel — souvent proposé dans le cadre de programmes d'aide aux employés — cible plus spécifiquement les personnes en difficulté. Beaucoup de praticiens combinent les deux formats pour construire une offre complète et un revenu plus stable que la seule activité en cabinet libéral.
Ce mouvement de fond confirme, une nouvelle fois, la pertinence d'une reconversion vers les métiers de l'accompagnement pour les personnes en recherche de sens professionnel. Le guide pour se reconvertir dans le bien-être détaille les étapes pour construire un projet solide dans ce secteur, et le guide pour devenir thérapeute présente l'ensemble des parcours possibles pour celles et ceux qui souhaitent transformer cette prise de conscience collective en projet professionnel concret.
Sources
Malakoff Humanis, « Baromètre Absentéisme 2026 » (10e édition), Newsroom Malakoff Humanis, publié le 1er juillet 2026 — méthodologie basée sur l'analyse des absences déclarées de 3,8 millions de salariés du secteur privé et le suivi médical de plus de 300 000 personnes en arrêt de longue durée.
Le Soleil / dépêches de presse, « Absentéisme en entreprise : près d'un salarié du privé sur trois a connu un arrêt de travail en 2025 selon l'étude 2026 de Malakoff Humanis », 1er juillet 2026.
HelloWorkplace, « Absentéisme : la santé mentale, première cause des arrêts longs », juin 2026 — synthèse des données du baromètre Malakoff Humanis sur la répartition des arrêts longs par pathologie et par profil de salarié.
Questions fréquentes
Pourquoi les troubles psychologiques dépassent-ils désormais les TMS dans les arrêts de travail longs ?
Le baromètre Absentéisme 2026 de Malakoff Humanis montre que les troubles psychologiques (dépression, burn-out, anxiété) représentent 37,8 % des arrêts de plus de 30 jours en 2025, contre 21,6 % pour les troubles musculo-squelettiques. Cette bascule reflète une dégradation continue de la santé mentale au travail depuis 2020, accentuée par l'intensification de la charge de travail, la porosité entre vie professionnelle et vie personnelle, et une meilleure reconnaissance de la souffrance psychique comme motif d'arrêt légitime.
Un coach en bien-être peut-il intervenir en entreprise sur ces sujets de santé mentale ?
Oui, à condition de rester dans son champ de compétence : prévention, sensibilisation, accompagnement des personnes en tension avant l'installation d'un trouble caractérisé. Un coach santé et bien-être formé peut animer des ateliers de gestion du stress ou accompagner individuellement des salariés, mais il oriente systématiquement vers un médecin, un psychologue ou la médecine du travail dès lors qu'une situation relève du soin médical.
Ce baromètre concerne-t-il uniquement les grandes entreprises ?
Non, l'étude Malakoff Humanis porte sur un large panel de salariés du secteur privé, toutes tailles d'entreprises confondues, même si les grandes structures disposent généralement de plus de moyens pour mettre en place des dispositifs de prévention. Les PME et TPE sont également concernées par la hausse de l'absentéisme lié à la santé mentale, et représentent un marché en développement pour les praticiens de bien-être proposant des interventions adaptées à des budgets plus modestes.




