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Actualité · Publié le 5 septembre 2026 · 7 min de lecture

Tiers payant intégral chez le psychologue au 1er octobre 2026 : ce que ça change pour les thérapeutes et praticiens de bien-être

Dans moins d'un mois, un patient qui consulte un psychologue conventionné Mon Soutien Psy n'avancera plus les 30 € pris en charge par l'Assurance Maladie. Généralisation du tiers payant, objectif de doublement du nombre de psychologues conventionnés, 93 % de refus persistant : voici ce que ce compte à rebours change concrètement pour les praticiens de bien-être qui accompagnent, eux, en dehors du soin psychologique remboursé.

Tiers payant intégral chez le psychologue au 1er octobre 2026 : ce que ça change pour les thérapeutes et praticiens de bien-être

En bref

À partir du 1er octobre 2026, la loi de financement de la Sécurité sociale 2026 généralise le tiers payant sur la part Assurance Maladie (30 €) des séances Mon Soutien Psy, en application de la nouvelle convention type publiée par arrêté le 19 juin 2026. Cette convention a aussi porté le nombre de séances remboursées de 8 à 12 par an et revalorisé le tarif à 50 € la séance. Mais plus de 6 700 psychologues seulement se sont conventionnés sur environ 30 000 exerçant en libéral, soit près de 93 % de refus stable depuis 2022. Pour les praticiens de bien-être (sophrologues, coachs, hypnothérapeutes, art-thérapeutes, psychopraticiens...), ce paysage qui bouge sans se transformer confirme que leur rôle de première écoute et d'accompagnement complémentaire reste, et restera, très demandé.

Ce qui change concrètement au 1er octobre 2026

Depuis son lancement en 2022, le dispositif Mon Soutien Psy permet à toute personne de consulter un psychologue conventionné pour des difficultés psychiques d'intensité légère à modérée : anxiété, mal-être, épuisement, difficultés relationnelles. Jusqu'ici, le patient devait avancer sa part et attendre le remboursement de l'Assurance Maladie. Une nouvelle convention type, publiée par arrêté le 19 juin 2026, a fait évoluer trois paramètres à la fois : l'accès direct sans prescription médicale préalable, le nombre de séances remboursées porté de 8 à 12 par an, et le tarif revalorisé à 50 € la séance.

Le changement qui arrive maintenant est le dernier étage de cette réforme : à partir du 1er octobre 2026, le tiers payant sur la part obligatoire (30 € pris en charge par l'Assurance Maladie) est généralisé à l'ensemble des séances conventionnées. Concrètement, le patient ne sortira plus 50 € de sa poche pour se faire rembourser ensuite : il ne réglera plus que le reste à charge, éventuellement couvert par sa mutuelle, dès la sortie du cabinet.

Sur le papier, c'est une simplification bienvenue pour les patients, en particulier ceux pour qui avancer 50 € par séance, douze fois par an, représentait un frein réel à la régularité du suivi. Le gouvernement affiche par ailleurs l'objectif de faire progresser sensiblement le nombre de psychologues conventionnés dans les prochaines années, pour élargir l'accès à ce premier niveau de prise en charge psychologique remboursée.

Un dispositif qui s'améliore mais qui reste boudé par les psychologues

Le paradoxe de Mon Soutien Psy tient en un chiffre qui n'a presque pas bougé depuis 2022 : environ 93 % des psychologues libéraux refusent toujours de se conventionner. Sur près de 30 000 psychologues exerçant en libéral en France, un peu plus de 6 700 sont aujourd'hui conventionnés, soit environ 22 % des libéraux et moins de 8 % de l'ensemble de la profession, salariés compris.

Les raisons de ce refus, documentées depuis le lancement du dispositif, restent largement les mêmes malgré les revalorisations successives : un tarif encore jugé trop bas au regard d'une consultation libérale classique, un cadre perçu comme rigide (nombre de séances plafonné, primo-prescription initialement obligatoire), et une charge administrative que beaucoup de praticiens indépendants ne souhaitent pas absorber. La généralisation du tiers payant règle un problème d'avance de frais pour le patient, mais elle n'agit pas sur ces freins structurels du côté des professionnels.

Résultat : la file d'attente pour consulter un psychologue conventionné reste tendue dans de nombreux territoires, notamment ruraux et périurbains, y compris avec un accès financier facilité. C'est un point que les thérapies émotionnelles et les praticiens d'accompagnement psychologique non médical connaissent bien : la demande de soutien existe largement au-delà de ce que l'offre conventionnée peut absorber aujourd'hui.

Ce que ce mouvement révèle pour les praticiens de bien-être

Ce compte à rebours vers le 1er octobre n'annonce pas une concurrence nouvelle pour les praticiens de bien-être : psychopraticiens, sophrologues, coachs, hypnothérapeutes ou art-thérapeutes n'interviennent pas sur le même périmètre que le psychologue conventionné, qui évalue, oriente et peut poser un diagnostic dans le champ de la santé mentale. Le praticien de bien-être, lui, accompagne hors du soin médical ou psychologique remboursé : gestion du stress, développement personnel, transitions de vie, écoute et accompagnement non thérapeutique au sens clinique.

Mais ce mouvement confirme une tendance de fond utile à observer : la demande d'accompagnement psychique augmente plus vite que l'offre remboursée ne peut suivre, même quand cette offre s'améliore sur le papier. Beaucoup de personnes qui ne trouvent pas de créneau chez un psychologue conventionné, ou qui cherchent un accompagnement complémentaire entre deux rendez-vous, se tournent vers des praticiens de bien-être formés et sérieux. C'est une réalité de terrain, pas une invitation à se substituer au soin psychologique.

Pour les praticiens déjà installés ou en reconversion, ce contexte renforce l'intérêt d'une posture claire : se présenter comme un complément à l'écoute et à l'accompagnement, jamais comme un substitut au suivi psychologique ou psychiatrique, et savoir orienter sans hésiter une personne en souffrance importante vers un professionnel de santé. La formation pour devenir psychopraticien insiste précisément sur cette délimitation du cadre, qui protège à la fois le praticien et les personnes accompagnées.

Se positionner intelligemment dans cet écosystème en mouvement

Pour un praticien de bien-être, suivre ce type d'actualité n'est pas un exercice théorique : cela permet d'ajuster son discours face à des clients de mieux en mieux informés sur les dispositifs remboursés. Savoir expliquer, sans dénigrer ni se substituer, la différence entre un accompagnement Mon Soutien Psy et un accompagnement en cabinet de bien-être est un vrai gage de sérieux professionnel.

C'est aussi l'occasion de rappeler à sa patientèle les signaux qui doivent conduire vers un psychologue ou un médecin : une souffrance qui s'installe, s'aggrave ou s'accompagne de symptômes qui dépassent le simple mal-être passager. Un praticien qui sait orienter au bon moment construit une réputation de confiance qui dépasse largement le cadre d'une seule séance.

Enfin, pour ceux qui envisagent une reconversion vers l'accompagnement à la personne, ce paysage confirme qu'il existe une vraie place pour des pratiques de bien-être complémentaires, à condition de se former sérieusement et de poser un cadre déontologique clair dès le départ. Le guide pour se reconvertir dans le bien-être et le guide pour devenir thérapeute détaillent les étapes pour construire une activité sur des bases solides, sans jamais empiéter sur le champ du soin médical ou psychologique.

Sources

Arrêté du 19 juin 2026 portant approbation de la convention type Mon Soutien Psy entre l'Union nationale des caisses d'assurance maladie et les représentants des psychologues, prévoyant l'accès direct, 12 séances annuelles remboursées à 50 €, et la généralisation du tiers payant sur la part obligatoire à compter du 1er octobre 2026 (loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026).

Données de conventionnement des psychologues Mon Soutien Psy (environ 6 700 psychologues conventionnés sur près de 30 000 libéraux en France, soit un taux de refus stable d'environ 93 % depuis 2022) recoupées auprès de plusieurs analyses professionnelles indépendantes du dispositif publiées à l'été 2026.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qui change exactement pour les patients au 1er octobre 2026 ?

À partir de cette date, le patient qui consulte un psychologue conventionné Mon Soutien Psy n'aura plus à avancer les 30 € pris en charge par l'Assurance Maladie sur chaque séance à 50 €. Ce tiers payant généralisé s'ajoute aux évolutions déjà en place depuis l'arrêté du 19 juin 2026 : accès direct sans ordonnance et 12 séances remboursées par an au lieu de 8.

Un praticien de bien-être peut-il se substituer à un psychologue conventionné ?

Non. Un praticien de bien-être (psychopraticien, sophrologue, coach, hypnothérapeute...) accompagne hors du cadre du soin psychologique ou médical remboursé. Il ne pose pas de diagnostic et ne traite pas de pathologie psychologique. Toute situation de souffrance importante ou persistante doit être orientée vers un psychologue, un psychiatre ou un médecin.

Pourquoi si peu de psychologues acceptent-ils de se conventionner ?

Malgré les revalorisations successives, environ 93 % des psychologues libéraux restent à l'écart du dispositif. Les raisons les plus citées sont un tarif encore jugé insuffisant au regard d'une consultation libérale classique, un cadre perçu comme contraignant et une charge administrative supplémentaire que beaucoup ne souhaitent pas assumer.

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