En bref
Une séance de psychogénéalogie dure en général 1 h 15 à 1 h 30 : on précise la demande, on construit le génogramme, on repère événements, dates et répétitions, puis on dégage des pistes de prise de conscience. C'est un accompagnement de bien-être, pas une psychothérapie ni un diagnostic.
Avant la séance : la demande et le cadre
On vient rarement en psychogénéalogie par simple curiosité généalogique. Derrière la démarche, il y a souvent une question : pourquoi les mêmes scénarios reviennent-ils dans ma vie, pourquoi ce poids autour d'un anniversaire, d'un métier, d'une rupture, d'un deuil ? Le praticien commence donc par comprendre cette demande, reformuler l'objectif et vérifier qu'il relève bien de son champ d'intervention.
Le cadre est posé dès le départ : durée de la séance, tarif, confidentialité, fréquence éventuelle des rendez-vous. Le praticien précise aussi ce qu'il ne fait pas : il ne pose pas de diagnostic, ne traite pas un trouble psychique et ne remplace ni un médecin ni un psychologue. Si la personne traverse une souffrance importante, il l'invite à consulter un professionnel de santé en parallèle.
Selon les praticiens, on demande parfois de préparer quelques informations : noms, dates de naissance et de décès, professions, lieux, événements marquants (guerres, migrations, séparations, maladies, deuils précoces). Aucune obligation d'avoir tout retrouvé : les trous de mémoire et les silences de la famille sont déjà des informations, et la séance se construit avec ce que la personne sait, ou ne sait pas.
Le génogramme : construire l'arbre de façon vivante
Le cœur de la séance est la construction du génogramme, un arbre familial qui ne se limite pas aux liens de parenté. On y reporte les dates, les âges, les événements, les relations (proches, conflictuelles, distantes) et parfois les métiers ou les lieux de vie. Sur trois ou quatre générations, une carte se dessine, et des éléments invisibles jusque-là apparaissent.
Le praticien guide par ses questions, sans suggérer d'explication toute faite. Qui a perdu un enfant jeune ? Quelles dates se répètent ? Quelles places familiales (aîné, enfant de remplacement, soutien de la fratrie) se transmettent ? Ce travail fait émerger des coïncidences et des échos que la personne n'avait jamais rapprochés. Il faut toutefois rester prudent : une coïncidence n'est pas une preuve, et l'arbre propose des hypothèses, non des vérités.
Pour approfondir ce travail, notre article sur le géno-sociogramme et l'arbre généalogique émotionnel détaille comment lire un arbre au-delà des dates. Pour une introduction générale, vous pouvez aussi lire comment l'arbre familial influence nos vies.
Explorer les répétitions, les loyautés et les non-dits
Une fois l'arbre posé, la séance s'attache aux répétitions et aux loyautés invisibles : ces fidélités inconscientes qui poussent à reproduire un schéma pour rester proche de sa famille. On peut ainsi remarquer que plusieurs femmes de la lignée ont arrêté de travailler à la naissance du premier enfant, ou que les réussites professionnelles sont souvent suivies d'un échec.
Les secrets et les non-dits occupent une place particulière. Un décès jamais évoqué, un enfant caché, une faillite honteuse : ces silences laissent des traces dans l'ambiance familiale. Le praticien aide à les repérer et à mesurer leur impact émotionnel, sans forcer la personne à enquêter ni à confronter ses proches. Vous trouverez plus de détails dans notre article sur les secrets de famille et loyautés invisibles.
À ce stade, le rôle du praticien est de contenir les émotions qui apparaissent : tristesse, colère, soulagement. Il s'appuie sur l'écoute et la reformulation, sans interprétation hâtive. Si les émotions deviennent trop intenses ou renvoient à un traumatisme, il ralentit, propose une pause et, si nécessaire, oriente vers un psychologue ou un psychothérapeute, plus à même de prendre le relais.
Les bienfaits possibles, et ceux qu'il ne faut pas promettre
Les bienfaits les plus souvent décrits sont la prise de recul, le sentiment de mieux comprendre sa place dans la famille, l'apaisement de certaines culpabilités et la possibilité de faire des choix plus conscients. Voir son histoire sur un schéma, avec ses dates et ses liens, aide à replacer ce qui appartient à soi et ce qui appartient à d'autres générations.
Ces effets sont personnels et ne sont pas garantis. La psychogénéalogie n'est pas une discipline scientifiquement validée en tant que thérapie, et ses hypothèses (transmission transgénérationnelle, syndrome d'anniversaire) restent débattues. Un praticien sérieux le dit clairement, évite les formules du type « votre maladie vient de votre arrière-grand-mère » et ne promet ni guérison ni résolution d'un symptôme.
La séance se termine généralement par un temps de synthèse : ce que la personne retient, ce qui l'a surprise, ce qu'elle souhaite faire ou ne pas faire. Des pistes concrètes peuvent émerger : parler à un proche, rédiger une lettre non envoyée, consulter les archives familiales, prendre un temps de deuil. Le praticien laisse la liberté de choisir le rythme, et propose, si besoin, une séance de suivi.
Pratiquer la psychogénéalogie : formation, éthique et activité
Exercer demande une formation solide : méthode du génogramme, écoute, cadre déontologique, connaissance de ses limites. La psychogénéalogie est une pratique de bien-être non réglementée en France : il appartient donc au praticien de se former sérieusement, de s'assurer et de communiquer sans promesse thérapeutique.
Pour découvrir le parcours, consultez la formation de praticien en psychogénéalogie. Si vous songez à en faire un métier, notre article sur le statut, les tarifs et la clientèle d'un praticien et le guide pour devenir thérapeute vous aideront à bâtir votre projet.
Dernier rappel : la psychogénéalogie est une démarche de bien-être et de développement personnel. Elle ne remplace pas un suivi médical ou psychologique. Si vous traversez une période de souffrance, parlez-en à votre médecin ou à un professionnel de santé mentale, et en cas de détresse, le 3114 est joignable 24 h/24.
Questions fréquentes
Combien de temps dure une séance de psychogénéalogie ?
Elle dure en général entre 1 h 15 et 1 h 30. Selon la demande, un travail peut tenir en une séance ou s'étaler sur plusieurs rendez-vous espacés de quelques semaines.
Faut-il connaître toute son histoire familiale pour consulter ?
Non. Les informations manquantes et les silences de la famille font partie du travail. La séance se construit avec ce que vous savez, ou ne savez pas, sur vos ascendants.
La psychogénéalogie est-elle une thérapie ?
Non, c'est un accompagnement de développement personnel. Elle ne pose pas de diagnostic et ne remplace ni un médecin ni un psychologue, vers lesquels le praticien oriente si nécessaire.




