En bref
Les thérapeutes en BNC (code 8690F) cotisent à la CIPAV, ceux en BIC (9609Z, 7022Z, etc.) à la SSI. En micro-entreprise, les cotisations retraite sont proportionnelles au CA et peuvent être insuffisantes pour une retraite correcte sur le long terme. Un plan d'épargne retraite (PER) individuel est vivement recommandé en complément.
CIPAV ou SSI : qui cotise où selon son code APE ?
La caisse de retraite d'un thérapeute indépendant dépend directement de son code APE et de son régime fiscal. Les praticiens relevant des Bénéfices Non Commerciaux (BNC) — principalement ceux avec le code 8690F (naturopathes, aromathérapeutes, phytothérapeutes, praticiens en MTC, réflexologues, etc.) — cotisent à la CIPAV. Les praticiens relevant des Bénéfices Industriels et Commerciaux (BIC) — codes 9609Z (sophrologues, hypnothérapeutes, praticiens énergétiques, art-thérapeutes, etc.), 7022Z (coaches), 9604Z (masseurs bien-être), 8559B (professeurs de yoga et de méditation) — cotisent à la SSI.
La CIPAV a longtemps eu une réputation défavorable en raison de difficultés de gestion et d'un système de points peu lisible. Ces problèmes ont en grande partie été résolus depuis 2017, et la CIPAV fonctionne désormais de façon satisfaisante. La SSI (anciennement RSI, fusionné avec le régime général depuis 2020) est adossée au régime général de la Sécurité Sociale : les droits maladie sont identiques à ceux des salariés, ce qui est un avantage significatif en termes de remboursements de santé.
Depuis 2023, certaines professions libérales ont migré de la CIPAV vers la SSI. Si votre activité a évolué ou si vous exercez plusieurs disciplines, il est possible que votre affiliation ait changé. Vérifiez auprès de votre URSSAF ou de la CIPAV directement si vous avez un doute sur votre caisse de rattachement. Cette vérification est importante car elle détermine vos droits à la retraite accumulés. Pour comprendre comment votre code APE détermine votre régime, consultez notre guide des codes APE pour thérapeutes.
Combien de trimestres valide-t-on en micro-entreprise ?
En micro-entreprise, les trimestres de retraite de base sont validés à partir d'un seuil minimum de CA annuel. En 2026, il faut environ 1 500 € de CA par trimestre pour valider ce trimestre au titre de la retraite de base (le seuil exact est indexé annuellement). En dessous de ce seuil, le trimestre n'est pas validé, même si vous avez cotisé. Un micro-entrepreneur avec un CA annuel de 6 000 € valide en général 4 trimestres complets. Avec 3 000 € de CA annuel, seulement 2 trimestres.
La validation des trimestres est souvent insuffisante pour les praticiens qui démarrent avec un CA faible les premières années. Or, pour bénéficier d'une retraite à taux plein, il faut valider entre 166 et 172 trimestres selon votre année de naissance (loi de 2023 portant progressivement à 172 trimestres). Un manque de trimestres entraîne une décote sur la pension de retraite de base. Si vous démarrez votre activité de thérapeute après une carrière salariée, vos trimestres antérieurs s'additionnent — vérifiez régulièrement votre relevé de carrière sur info-retraite.fr.
Pour les cotisants CIPAV en régime BNC, le système de points fonctionne différemment : les points retraite complémentaire CIPAV sont calculés sur les cotisations versées. Plus votre bénéfice est élevé, plus vous cotisez et accumulez de points. Le taux d'acquisition de points est publié annuellement par la CIPAV. En micro-BNC avec un CA modeste, les points accumulés annuellement sont limités — raison pour laquelle une épargne retraite complémentaire volontaire est fortement recommandée.
Le plan d'épargne retraite (PER) : pourquoi et comment s'y prendre
Le Plan d'Épargne Retraite individuel (PER-I) est devenu l'outil de référence pour compléter la retraite obligatoire des indépendants depuis la loi Pacte de 2019. Vous versez des sommes régulièrement sur ce compte, qui sont investies (fonds en euros sécurisés ou unités de compte plus dynamiques), et vous les récupérez sous forme de rente ou de capital à la retraite. L'avantage fiscal principal : les versements sur un PER-I sont déductibles de votre revenu imposable dans la limite d'un plafond annuel (10 % du bénéfice imposable de l'année précédente, avec un plancher et un plafond absolus).
En régime réel (non micro), cette déductibilité est particulièrement avantageuse pour les praticiens dans les tranches d'imposition à 11 % ou 30 %. En micro-entreprise, la déduction fiscale des versements PER n'est pas possible car le régime micro fonctionne sur abattement forfaitaire. En revanche, vous pouvez quand même ouvrir un PER-I pour constituer une épargne retraite défiscalisée, et la déduction fiscale s'appliquera si vous basculez un jour au régime réel.
Les meilleures offres de PER-I pour les indépendants en 2026 sont proposées par des bancassureurs (Crédit Mutuel, MACSF, AG2R La Mondiale) et des plateformes en ligne spécialisées (Linxea, Meilleurtaux Placement). Comparez les frais de gestion (visez moins de 0,8 %/an), la performance historique des fonds, et la flexibilité des versements (possibilité de versements irréguliers). Même des versements modestes (50 à 100 €/mois) sur 20 à 30 ans constituent un capital retraite significatif grâce aux intérêts composés. Notre guide pour devenir thérapeute aborde l'ensemble des aspects pratiques du lancement.
Racheter des trimestres et régulariser sa situation
Si vous constatez que votre relevé de carrière présente des trimestres manquants (années de faible CA, périodes non déclarées, études supérieures, etc.), il est possible de racheter des trimestres dans certaines conditions. Le rachat de trimestres est possible pour les années d'études supérieures (jusqu'à 12 trimestres) ou pour les années de faible cotisation. Le coût d'un trimestre racheté dépend de votre âge et de votre revenu au moment du rachat : plus on est jeune et plus le revenu est faible, moins c'est coûteux. À 35 ans, racheter un trimestre coûte généralement entre 1 500 et 3 000 € selon les cas.
Pour les thérapeutes qui ont exercé des activités diverses avant de s'installer en libéral (CDD, intérim, emploi à temps partiel), vérifiez que toutes vos périodes d'activité salariée sont bien enregistrées sur votre relevé de carrière. Des oublis ou erreurs d'enregistrement ne sont pas rares. Vous pouvez corriger votre relevé en ligne sur info-retraite.fr ou en contactant la caisse compétente avec les justificatifs nécessaires (bulletins de salaire, attestations d'emploi).
Si vous avez des doutes sur votre future pension ou souhaitez une simulation de retraite personnalisée, les caisses proposent gratuitement des bilans retraite individuels. La CIPAV et la SSI ont chacune un service de simulation en ligne. Un conseiller retraite indépendant (ou votre expert-comptable) peut vous aider à modéliser plusieurs scénarios : poursuite en libéral jusqu'à 65 ans, retour au salariat, mi-temps sénior, etc. Commencer à réfléchir à sa retraite à 40 ans plutôt qu'à 55 permet de corriger le cap avec bien moins d'efforts. Notre guide de reconversion dans le bien-être vous accompagne dans la structuration complète de votre projet.
Les stratégies d'épargne retraite selon votre situation
Pour un thérapeute qui démarre à 30–35 ans avec un CA modeste : priorité à la constitution de la clientèle et à la montée en CA. Un versement minimum sur un PER (50–100 €/mois) permet de prendre l'habitude et de ne pas rater les meilleures années de capitalisation. Dès que le revenu le permet, augmentez progressivement vos versements.
Pour un thérapeute en milieu de carrière (45–50 ans), déjà avec un CA stable : évaluez précisément votre future pension via la simulation sur info-retraite.fr. Si le gap entre votre pension attendue et votre revenu actuel est important, intensifiez les versements PER en profitant de la déductibilité fiscale (en régime réel). Étudiez également les stratégies de cumul emploi-retraite si vous envisagez de continuer à exercer partiellement après 62–64 ans.
Pour les thérapeutes qui ont exercé longtemps en salariat avant de se lancer en libéral : vos droits acquis en salariat sont généralement significatifs. La reconversion vers le libéral même tard dans la carrière (50 ans) peut donc être viable en termes de retraite, surtout si vous maintenez un CA raisonnable. La simulation de retraite combinée (droits salariés + droits libéraux) vous donnera une image précise de vos droits totaux.
Questions fréquentes
La CIPAV est-elle vraiment moins bien que la SSI ?
La réputation négative de la CIPAV date d'avant 2017 et les problèmes de gestion ont largement été résolus. Aujourd'hui, CIPAV et SSI offrent des prestations globalement comparables. La principale différence pratique est que la SSI est adossée au régime général de la Sécurité Sociale, ce qui peut simplifier les démarches maladie. Pour la retraite proprement dite, les deux régimes sont équivalents à niveau de cotisation égal.
Puis-je cotiser au PER même en micro-entreprise sans déduction fiscale ?
Oui. L'ouverture d'un PER-I n'est pas réservée aux régimes réels. En micro-entreprise, vous ne pouvez pas déduire vos versements de votre revenu imposable (puisque vous payez des impôts sur un revenu calculé forfaitairement), mais vous pouvez quand même y faire des versements et bénéficier de la capitalisation à long terme et de la défiscalisation à la sortie.
À quel âge peut-on débloquer les fonds d'un PER ?
Les fonds d'un PER sont normalement bloqués jusqu'à l'âge légal de départ à la retraite (62 à 64 ans selon votre année de naissance). Des cas de déblocage anticipé existent : invalidité, décès du conjoint, surendettement, expiration de droits chômage, cessation d'activité non salariée après liquidation judiciaire. L'achat de la résidence principale permet aussi le déblocage anticipé de l'épargne d'un PER.



