En bref
Depuis le 1ᵉʳ octobre 2026, les kinésithérapeutes conventionnés peuvent réaliser « Mon bilan prévention », un rendez-vous dédié à la prévention ouvert à quatre tranches d'âge (18-25, 45-50, 60-65 et 70-75 ans), rémunéré 30 € en métropole. Ce dispositif reste un acte médical réservé aux professionnels de santé conventionnés : un naturopathe, un coach santé bien-être ou tout autre praticien indépendant ne peut ni le réaliser, ni l'appeler ainsi. Il peut en revanche s'appuyer sur cette reconnaissance croissante de la prévention pour affiner et valoriser sa propre posture d'accompagnement, en complément — jamais à la place — du parcours de soin.
Ce qui change concrètement au 1ᵉʳ octobre 2026
Le gouvernement a publié sa liste habituelle des changements applicables au mois d'octobre, et l'un d'eux concerne directement l'écosystème de la santé et du bien-être : les masseurs-kinésithérapeutes conventionnés peuvent désormais réaliser « Mon bilan prévention », un rendez-vous jusque-là réservé aux médecins, aux sages-femmes, aux infirmiers et aux pharmaciens. Cette extension a été actée par un arrêté du 28 juillet 2026 relatif aux effecteurs, au contenu et aux modalités de tarification des rendez-vous de prévention, publié au Journal officiel début août.
Concrètement, un kinésithérapeute conventionné peut désormais proposer ce bilan à ses patients qui entrent dans l'une des quatre tranches d'âge ciblées par le dispositif : 18-25 ans, 45-50 ans, 60-65 ans et 70-75 ans. L'acte est rémunéré 30 € en métropole et 31,50 € dans les départements et régions d'outre-mer, sans dépassement d'honoraires, et ne nécessite pas de formation complémentaire pour le professionnel qui le réalise.
Cette évolution s'inscrit dans une actualité plus large du 1ᵉʳ octobre 2026 pour la santé : c'est aussi la date à laquelle le tiers payant se généralise sur la part Assurance Maladie du dispositif « Mon soutien psy », et celle à laquelle le plafond annuel des franchises médicales et participations forfaitaires passe de 100 à 140 €. Un mois d'octobre chargé, donc, pour tout ce qui touche à l'accès aux soins et à la prévention en France.
Qu'est-ce que « Mon bilan prévention » ?
Lancé en 2023, « Mon bilan prévention » est un rendez-vous gratuit, pris en charge à 100 % par l'Assurance Maladie, pensé pour sortir la prévention du strict cadre du soin curatif. Contrairement à une consultation médicale classique, ce rendez-vous n'a pas vocation à traiter une pathologie : il s'agit d'un temps dédié, au cours duquel le professionnel de santé fait le point avec le patient sur ses habitudes de vie, ses facteurs de risque (alimentation, activité physique, sommeil, conduites addictives, santé mentale) et l'oriente si besoin vers des ressources ou des professionnels adaptés.
Le dispositif cible volontairement des âges charnières de l'existence plutôt que l'ensemble de la population : 18-25 ans, moment d'entrée dans la vie adulte et parfois de prises de risque ; 45-50 ans, période de milieu de vie où s'installent souvent des habitudes durables ; 60-65 ans, autour du passage à la retraite ; et 70-75 ans, où la prévention de la perte d'autonomie devient centrale. Cette logique par « âges clés » vise à multiplier les points de contact avec le système de santé à des moments où un changement d'habitude a le plus de chances de produire un effet durable.
Jusqu'à cette réforme, seuls les médecins, sages-femmes, infirmiers et pharmaciens pouvaient réaliser ce bilan. L'arrivée des kinésithérapeutes — une profession qui reçoit déjà un public varié, y compris des personnes qui ne consultent pas nécessairement de médecin traitant de façon régulière — répond à un objectif assumé par les pouvoirs publics : renforcer l'accessibilité du dispositif, en particulier dans les zones où l'offre médicale se raréfie.
Pourquoi cet élargissement n'a rien d'anodin
Ouvrir un acte de prévention à une nouvelle profession n'est jamais une décision purement technique : c'est un choix qui déplace la frontière entre ce que l'on considère comme relevant du soin et ce que l'on considère comme relevant de l'accompagnement au sens large. En intégrant les kinésithérapeutes — des professionnels dont le métier historique est le mouvement et la rééducation, pas le dépistage global — le gouvernement acte que la prévention en santé déborde largement du seul colloque singulier avec un médecin.
Ce mouvement s'inscrit dans un contexte budgétaire tendu pour l'Assurance Maladie, où la prévention est régulièrement présentée comme un investissement rentable à moyen terme : mieux vaut, sur le papier, repérer tôt un facteur de risque que financer plus tard la prise en charge d'une pathologie installée. Le prochain projet de loi de financement de la Sécurité sociale, dont la présentation est attendue début octobre, devrait à nouveau faire de cet arbitrage entre prévention, économies et reste à charge des ménages l'un de ses fils rouges.
Pour le secteur du bien-être au sens large, ce choix politique a une valeur de signal : la prévention et l'accompagnement des habitudes de vie ne sont plus perçus comme des sujets annexes, mais comme des leviers de santé publique à part entière, au même titre que le soin curatif. Un mouvement de fond dans lequel les praticiens indépendants ont un rôle à jouer — à condition de bien mesurer où s'arrête le leur.
Ce que « Mon bilan prévention » n'est pas pour un praticien indépendant
Il faut le dire clairement : « Mon bilan prévention » reste un acte médical réservé à des professionnels de santé conventionnés par l'Assurance Maladie. Un naturopathe, un coach en santé et bien-être, un praticien en phytothérapie ou tout autre praticien indépendant du bien-être ne peut ni réaliser ce bilan, ni le facturer, ni utiliser cette dénomination précise pour désigner sa propre offre d'accompagnement — même si le contenu de son intervention porte, lui aussi, sur les habitudes de vie.
Cette distinction n'est pas qu'une question de vocabulaire : elle protège à la fois le patient, qui doit savoir clairement à qui il s'adresse et dans quel cadre réglementaire, et le praticien lui-même, qui s'expose à un risque de confusion, voire d'exercice illégal d'une profession réglementée, s'il laisse entendre qu'il propose un acte médical remboursé par l'Assurance Maladie. Le guide pour devenir thérapeute revient en détail sur cette frontière entre accompagnement non médical et actes réservés aux professions de santé.
Cette vigilance n'enlève rien à la légitimité du praticien indépendant : elle l'invite simplement à situer précisément son offre, comme un accompagnement complémentaire aux habitudes de vie et au mieux-être, distinct par nature des bilans médicaux pris en charge par la Sécurité sociale, et à orienter sans hésiter vers un médecin ou un professionnel de santé toute question qui dépasse ce cadre.
Ce que ça change concrètement pour les praticiens du bien-être
Cette actualité offre d'abord un argument de communication solide : elle confirme, par une décision publique et chiffrée, que la prévention et l'accompagnement des habitudes de vie sont des enjeux de santé reconnus au plus haut niveau, et non de vagues promesses marketing propres au secteur du bien-être. Un praticien peut s'appuyer sur ce contexte pour expliquer à ses clients pourquoi un accompagnement régulier sur l'alimentation, le sommeil ou la gestion du stress a du sens, sans jamais prétendre se substituer au bilan médical lui-même.
Elle ouvre aussi des perspectives de collaboration : de plus en plus de kinésithérapeutes, de médecins ou de maisons de santé pluriprofessionnelles cherchent des partenaires de confiance vers qui orienter un patient repéré comme fragile lors d'un bilan de prévention — sommeil dégradé, stress chronique, désir d'accompagnement en médecines douces. Se faire connaître localement auprès de ces professionnels de santé, avec un discours clair sur son propre champ d'intervention, devient un axe de développement d'activité à part entière.
Enfin, cette actualité rappelle l'intérêt de se former sérieusement plutôt que de s'improviser sur des sujets de prévention et d'hygiène de vie : plus l'institution structure et professionnalise la prévention côté santé publique, plus les praticiens indépendants doivent, en miroir, pouvoir justifier d'une formation solide pour rester crédibles face à des clients de mieux en mieux informés sur ces questions.
Se former pour occuper sa juste place dans l'écosystème de la prévention
La formation de naturopathe reste l'une des voies les plus complètes pour bâtir une expertise sérieuse sur les habitudes de vie — alimentation, sommeil, gestion du stress, activité physique — et accompagner des clients dans une logique proche, dans son esprit, de celle que l'Assurance Maladie cherche à développer avec ses propres bilans de prévention, tout en restant clairement positionnée comme un accompagnement de bien-être non médical.
Le guide pour se reconvertir dans le bien-être détaille les étapes pour construire un projet solide dans ce secteur en pleine structuration, du choix de la formation jusqu'à la clarification du positionnement professionnel, tandis que des articles comme celui sur la reconversion vers la naturopathie permettent d'explorer des débouchés concrets, y compris en entreprise.
Dans un contexte où l'État professionnalise et finance de plus en plus la prévention côté soin, la meilleure stratégie pour un praticien indépendant reste la complémentarité assumée : se former sérieusement, communiquer avec justesse sur son propre champ d'intervention, et construire des relations de confiance avec les professionnels de santé du territoire plutôt que de chercher à se substituer à eux.
Sources
Arrêté du 28 juillet 2026 et extension du dispositif aux kinésithérapeutes : Les kinésithérapeutes pourront réaliser des « bilans prévention » dès octobre, dans le but de « renforcer l'accessibilité du dispositif », franceinfo.
Détail du dispositif, âges concernés et rémunération : Les kinésithérapeutes désormais acteurs de premier plan dans la réalisation des bilans de prévention, Ordre des masseurs-kinésithérapeutes.
Liste complète des mesures entrant en vigueur en octobre 2026, dont le tiers payant « Mon soutien psy » et les franchises médicales : Ce qui change en octobre 2026, info.gouv.fr.
Questions fréquentes
Un naturopathe ou un coach bien-être peut-il réaliser « Mon bilan prévention » ?
Non. « Mon bilan prévention » est un acte médical réservé aux professionnels de santé conventionnés par l'Assurance Maladie : médecins, sages-femmes, infirmiers, pharmaciens et, depuis le 1ᵉʳ octobre 2026, masseurs-kinésithérapeutes. Un praticien indépendant du bien-être ne peut ni le réaliser, ni utiliser cette dénomination pour son propre accompagnement.
Quelles sont les tranches d'âge concernées par ce bilan de prévention ?
Le dispositif cible quatre tranches d'âge : 18-25 ans, 45-50 ans, 60-65 ans et 70-75 ans. Ce sont des moments de vie considérés comme charnières pour installer ou ajuster durablement des habitudes favorables à la santé.
Pourquoi cette actualité concerne-t-elle quand même les praticiens du bien-être ?
Parce qu'elle confirme, au niveau institutionnel, que la prévention et l'accompagnement des habitudes de vie sont reconnus comme des enjeux de santé publique à part entière. Cela renforce la légitimité d'un accompagnement complémentaire sérieux, à condition de rester clair sur la distinction avec les actes médicaux réservés aux professionnels de santé.




