En bref
Le coach ikigai peut accompagner les personnes qui approchent de la retraite ou viennent d'y entrer en les aidant à clarifier leurs envies, leurs talents et leur utilité sociale, puis à construire un emploi du temps porteur de sens. Il ne traite ni dépression ni deuil : en cas de souffrance durable, il oriente vers un médecin ou un psychologue.
La retraite, une transition de vie sous-estimée
On prépare son départ à la retraite sur le plan financier et administratif : trimestres, pension, mutuelle. On prépare beaucoup moins ce que l'on y fera de son temps. Pourtant, le travail structure bien plus que les revenus : il donne des horaires, des interlocuteurs, un sentiment d'utilité et une identité sociale. Quand tout cela disparaît d'un coup, certains décrivent une période de flottement, parfois de désorientation, qui peut durer plusieurs mois.
Ce vécu n'a rien de pathologique en soi. Il ressemble à toute transition majeure : on quitte un rôle connu pour un autre encore à inventer. Les personnes qui s'en sortent le mieux sont rarement celles qui planifient chaque heure, mais celles qui ont réfléchi à ce qui leur donne de l'énergie et du sens, et qui testent progressivement de nouvelles activités plutôt que d'attendre qu'une envie apparaisse d'elle-même.
C'est ici que le coaching trouve sa place. Un accompagnement de quelques séances permet de mettre des mots sur ce qui compte, de lever des blocages (« je n'ai plus rien à apporter », « c'est trop tard pour apprendre ») et de bâtir des premières expériences concrètes. Ce n'est pas un traitement, c'est un temps de réflexion guidée, structuré et bienveillant.
Pourquoi l'ikigai se prête bien à cette étape
Le concept japonais d'ikigai désigne ce qui donne envie de se lever le matin. Les modèles utilisés en coaching le représentent à l'intersection de quatre dimensions : ce que l'on aime, ce en quoi l'on excelle, ce dont le monde a besoin et ce pour quoi l'on peut être reconnu ou rémunéré. Appliquée à la retraite, la quatrième dimension se transforme : il ne s'agit plus forcément de gagner sa vie, mais de se sentir reconnu et utile.
L'intérêt de la démarche est de partir de la personne, non de ses obligations. Un cadre de santé retraité peut découvrir que ce qui l'animait n'était pas la fonction mais la transmission ; un artisan, le plaisir de la belle ouvrage et du compagnonnage. Une fois ce fil repéré, les possibilités se multiplient : mentorat, bénévolat de compétences, ateliers intergénérationnels, projets associatifs, activité indépendante à petite échelle.
L'outil est également rassurant par sa simplicité. Quatre questions, un schéma, des exemples : la méthode n'exige aucune connaissance préalable et se prête à un travail en autonomie entre deux séances. Pour une personne qui redoute de se voir « psychanalysée », ce cadre pragmatique tourné vers l'action est souvent plus acceptable qu'un travail introspectif long.
Un accompagnement type en quatre étapes
La première séance sert à poser le contexte : date de départ, situation familiale, ressources, attentes. Le coach explore ce que la personne ressent à l'idée d'arrêter, sans chercher à rassurer trop vite. On repère aussi les besoins que le travail comblait — lien social, reconnaissance, rythme, défi intellectuel — car ce sont eux qu'il faudra retrouver autrement.
Les deuxième et troisième séances déroulent les quatre dimensions de l'ikigai. Le coach propose des exercices simples : lister les moments où l'on a perdu la notion du temps, interroger ses proches sur ce qu'ils attendent de nous, noter les sujets d'actualité qui mettent en colère ou donnent envie d'agir. Ces matériaux sont ensuite croisés pour faire émerger trois ou quatre pistes réalistes.
La dernière étape consiste à passer à l'action par petits tests : une demi-journée de bénévolat, un atelier d'essai, un café avec quelqu'un qui exerce l'activité envisagée. On évalue ensuite l'énergie ressentie, on ajuste. Le coach suit les premières semaines pour éviter l'effet de découragement. Pour approfondir la logique de ces transitions, vous pouvez lire notre article sur l'ikigai et les transitions professionnelles.
Les limites du coaching : savoir orienter
Tout le monde n'a pas besoin d'un coach, et certaines situations dépassent son périmètre. Une tristesse persistante, une perte d'intérêt généralisée, des troubles du sommeil ou de l'appétit, des idées sombres ne relèvent pas d'une question de projet de vie mais d'une souffrance qui mérite un avis médical. Le coach n'établit aucun diagnostic et ne remplace ni un médecin ni un psychologue.
De même, un deuil récent — du conjoint, d'un proche, de sa propre vie active — demande souvent un espace d'écoute particulier. Le coach peut accueillir ce que la personne exprime, mais il doit savoir proposer un relais vers un professionnel formé. Cette humilité fait partie de la qualité de l'accompagnement et de la confiance que le client lui accorde.
*Disclaimer bien-être : le coaching ikigai est une démarche d'accompagnement personnel, pas un soin ni un traitement. En cas de détresse, contactez votre médecin traitant ; en urgence, le 3114 (numéro national de prévention du suicide, 24 h/24) ou le 15.* Cette précision doit figurer sur vos documents d'accueil, et vous pouvez aussi consulter l'article sur le positionnement et les revenus d'un coach ikigai.
Un marché de niche réel, à aborder avec réalisme
Les générations du baby-boom arrivent massivement à la retraite avec une espérance de vie en bonne santé plus longue que leurs aînés. Beaucoup souhaitent rester actifs, apprendre, transmettre. Les caisses de retraite, les mutuelles, les associations de seniors et certaines entreprises proposent déjà des ateliers de préparation à la retraite : autant de relais possibles pour un coach, en intervention individuelle ou collective.
Il ne faut pas pour autant imaginer une manne. Ce public paie rarement plusieurs centaines d'euros pour un accompagnement et préfère souvent des formats courts ou collectifs. Un coach peut combiner séances individuelles, ateliers de groupe et interventions en structures, en construisant sa visibilité localement et par le bouche-à-oreille. La patience et la constance comptent plus que la communication tapageuse.
Si cette niche vous attire, la formation pour devenir coach ikigai vous donne la méthode et la posture, et le guide pour devenir thérapeute éclaire les aspects d'installation. Comptez de la rigueur sur l'éthique : aucune promesse de résultat, un contrat clair et une présentation honnête de ce que le coaching peut — et ne peut pas — apporter.
Questions fréquentes
À partir de quand faut-il commencer à préparer sa retraite avec un coach ?
Idéalement six à douze mois avant le départ, pour avoir le temps de tester des pistes. Mais l'accompagnement reste utile après le départ, y compris plusieurs mois ou années plus tard, quand le sentiment de vide s'installe.
Le coaching ikigai convient-il à quelqu'un qui se sent déprimé après son départ ?
Pas en première intention. Une tristesse persistante ou une perte d'intérêt durable nécessite d'abord un avis médical. Le coaching peut intervenir en complément, une fois la situation prise en charge par un professionnel de santé.
Quel public cible un coach ikigai peut-il viser avec la retraite ?
Des salariés à 6-24 mois de la retraite, de jeunes retraités, des dirigeants qui cèdent leur activité, ainsi que des structures (mutuelles, associations, entreprises) organisant des ateliers de préparation. Les formats collectifs courts sont souvent les plus adaptés.




