En bref
En micro-entreprise, vous déclarez votre chiffre d'affaires brut encaissé (pas votre bénéfice) chaque mois ou trimestre sur autoentrepreneur.urssaf.fr. Les taux de cotisations sont de 22 % environ pour les BIC services et 23 % pour les BNC. Déclarer 0 € en cas de mois sans CA est obligatoire pour éviter une mise en demeure.
Mensuel ou trimestriel : quelle périodicité choisir ?
Lors de votre inscription en micro-entreprise, vous choisissez entre une déclaration mensuelle et une déclaration trimestrielle. Ce choix peut être modifié chaque année avant le 31 octobre pour l'année suivante. La déclaration mensuelle est plus proche de la réalité de votre flux de trésorerie : vous payez vos cotisations sur le CA du mois précédent, avec un décalage d'un mois. Elle évite les mauvaises surprises d'un paiement trimestriel élevé si vous avez eu un bon trimestre.
La déclaration trimestrielle est souvent préférée en début d'activité car elle réduit la fréquence des démarches administratives. Vous déclarez le CA cumulé des 3 mois précédents et payez les cotisations correspondantes en une fois. Les délais de dépôt sont : 30 avril pour le premier trimestre (janvier–mars), 31 juillet pour le deuxième, 31 octobre pour le troisième, 31 janvier de l'année suivante pour le quatrième. Un retard entraîne une majoration de 5 % des cotisations dues.
Pour les praticiens qui démarrent et ont un CA irrégulier, la périodicité mensuelle permet une meilleure visibilité de la trésorerie disponible. Pour ceux dont le CA est relativement stable et prévisible, le trimestriel simplifie la gestion. Dans tous les cas, provisionnez chaque mois entre 22 et 25 % de votre CA sur un compte séparé dédié aux cotisations et impôts — vous éviterez ainsi les désagréables surprises de fin de trimestre. Pour comprendre les implications de votre code APE sur vos cotisations, consultez notre guide des codes APE pour thérapeutes.
Comment déclarer : pas à pas sur autoentrepreneur.urssaf.fr
La déclaration se fait exclusivement en ligne sur le portail autoentrepreneur.urssaf.fr (ou via l'application mobile URSSAF). Connectez-vous avec vos identifiants, cliquez sur "Déclarer mon chiffre d'affaires", sélectionnez la période concernée, et saisissez le montant total de votre CA encaissé sur la période. Attention : vous déclarez le CA encaissé (les sommes réellement perçues sur votre compte bancaire), pas le CA facturé. Si vous avez émis une facture en décembre mais êtes payé en janvier, le paiement est à déclarer en janvier.
Si vous exercez plusieurs activités relevant de codes NAF différents (par exemple naturopathie en BNC et vente de produits en BIC marchandises), vous devez déclarer chaque activité séparément dans les champs correspondants, car les taux de cotisations sont différents. Ne mélangez pas des CA de natures différentes dans un même champ sous peine de payer le mauvais taux sur une partie de votre revenu.
Une fois la déclaration validée, le montant des cotisations dues est calculé automatiquement et un prélèvement est effectué sur votre compte bancaire. Si vous avez opté pour le prélèvement automatique (fortement recommandé), le paiement est effectué dans les jours suivant la déclaration. Vous pouvez aussi payer par chèque ou virement, mais le prélèvement automatique évite les oublis et les majorations de retard.
Les taux de cotisations selon votre activité
Les taux de cotisations sociales en micro-entreprise varient selon la nature de l'activité. Pour les activités relevant des Bénéfices Industriels et Commerciaux (BIC) — prestations de services commerciales ou artisanales (codes 9609Z, 7022Z, 9604Z, 8559B) — le taux est d'environ 22 % du CA déclaré en 2026. Pour les activités libérales relevant des Bénéfices Non Commerciaux (BNC) — code 8690F, professions libérales non réglementées — le taux est d'environ 23 % du CA.
Ces cotisations couvrent l'ensemble de votre protection sociale : assurance maladie-maternité, retraite de base, retraite complémentaire obligatoire, invalidité-décès, et cotisation à la formation professionnelle (0,2 % du CA pour les BNC, 0,3 % pour les BIC services). Si vous avez opté pour le versement libératoire de l'impôt sur le revenu (VLI), un pourcentage supplémentaire (1 % pour les BNC, 1,7 % pour les BIC services) est prélevé en même temps que les cotisations, pour solder définitivement votre impôt sur les revenus de l'activité.
Le VLI est avantageux si votre tranche marginale d'imposition (TMI) dépasse le taux du VLI. Par exemple, si votre TMI est à 11 % ou 30 % et que le VLI est de 1 % ou 1,7 %, le VLI est fiscalement très favorable. Mais il ne peut pas être exercé si votre revenu fiscal de référence du foyer de l'année N-2 dépasse certains plafonds (environ 27 000 € pour une personne seule). Vérifiez votre éligibilité lors de la création. Pour les démarches de création complètes, notre guide pour devenir thérapeute vous accompagne étape par étape.
Que faire si vous n'avez aucun CA à déclarer ?
En cas de mois ou trimestre sans chiffre d'affaires, vous devez obligatoirement déclarer "0" dans votre espace URSSAF. Cette déclaration à zéro est obligatoire et ne déclenche aucun prélèvement, mais elle est indispensable pour maintenir votre statut actif. L'absence de déclaration (même à zéro) entraîne d'abord une relance, puis une mise en demeure, puis une taxation d'office basée sur une estimation forfaitaire de l'URSSAF — souvent supérieure à la réalité.
Si votre activité est nulle ou très faible pendant plusieurs mois consécutifs, envisagez la possibilité de mettre en sommeil votre micro-entreprise (cessation temporaire d'activité) ou de la fermer si vous n'avez pas l'intention de reprendre. Une micro-entreprise inactive pendant trop longtemps peut également être radiée d'office par l'URSSAF. La fermeture est simple : déclarez la cessation d'activité sur le guichet-unique.fr, puis déclarez votre dernier CA.
La déclaration tardive (après la date limite) entraîne une majoration de 5 % des cotisations dues, ou un montant minimum si aucun CA n'est déclaré. En cas de retard répété, l'URSSAF peut exiger que vous passiez en prélèvement automatique obligatoire. Pour éviter ces situations, activez les rappels par e-mail ou SMS dans votre espace URSSAF, ou paramétrez une alerte récurrente dans votre agenda.
Régularisation, contrôle URSSAF et gestion des erreurs
L'URSSAF dispose d'un droit de contrôle sur les 3 dernières années de votre activité. En cas de contrôle, vous devrez présenter l'ensemble de vos factures et reçus pour la période vérifiée. Le contrôle compare votre CA déclaré à l'URSSAF avec votre CA déclaré aux impôts et vos relevés bancaires. Toute discordance significative peut entraîner un redressement — c'est-à-dire le paiement des cotisations manquantes, majorées de pénalités.
Les erreurs courantes lors des contrôles : déclarer des remboursements de frais comme du CA (si vous refacturez des frais à un client B2B, seuls vos honoraires nets sont du CA, pas les frais remboursés), omettre des revenus encaissés en espèces, ou confondre CA HT et CA TTC lorsque vous avez dépassé le seuil de TVA. Tenez un livre de recettes chronologique (même dans un simple tableur) et conservez chaque facture émise.
Si vous découvrez une erreur dans une déclaration passée (CA sous-déclaré ou sur-déclaré), vous pouvez régulariser spontanément en contactant l'URSSAF. Une régularisation volontaire est généralement traitée sans pénalités ou avec des pénalités minimales, contrairement à un redressement suite à contrôle. Ne laissez pas une erreur se cumuler sur plusieurs mois. Notre guide de reconversion dans le bien-être vous donne tous les repères pour démarrer sereinement.
Questions fréquentes
Dois-je déclarer les pourboires ou dons reçus lors de séances ?
Oui. Tout paiement reçu dans le cadre de votre activité professionnelle doit être déclaré comme CA, y compris les paiements en espèces, les virements informels ou les paiements via PayPal ou Lydia. Un "don" pour une séance est fiscalement assimilé à un honoraire. L'omission de ces montants constitue une fraude fiscale et sociale.
Que se passe-t-il si je dépasse le plafond de 77 700 € de CA ?
Si votre CA dépasse 77 700 € deux années de suite, vous êtes automatiquement exclu du régime micro et basculez au régime réel simplifié. Si vous dépassez le plafond une seule année, vous bénéficiez d'une année de tolérance. À partir du mois suivant le dépassement du plafond de franchise TVA (37 500 €), vous devez commencer à facturer la TVA à 20 %.
Puis-je corriger une déclaration erronée après l'avoir validée ?
Oui, dans un délai limité. Vous pouvez modifier une déclaration sur l'espace URSSAF jusqu'à la date limite de la période suivante dans certains cas, ou en contactant directement votre URSSAF régionale. Pour les corrections portant sur des périodes antérieures, un courrier de régularisation avec justificatifs est nécessaire.



