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Découverte · Publié le 2 juin 2026 · 6 min de lecture

Comprendre les etapes du deuil : ce que la recherche dit vraiment

Le modele d'Elisabeth Kubler-Ross est souvent cite pour decrire le deuil en cinq etapes. Mais le deuil ressemble rarement a une progression lineaire. Ce que la recherche et la pratique clinique apprennent sur le processus de perte, ses formes multiples et la place de l'accompagnement bien-etre.

Comprendre les etapes du deuil : ce que la recherche dit vraiment

En bref

Le deuil est un processus individuel, non lineaire, qui peut prendre des mois ou des annees. Les modeles par etapes, comme celui de Kubler-Ross, offrent des reperes utiles mais ne decrivent pas une progression obligatoire. L'accompagnement du deuil dans un cadre bien-etre soutient la personne endeuilee sur le plan emotionnel et relationnel ; il ne remplace pas un suivi psychologique ou psychiatrique lorsque le deuil devient complique ou pathologique.

Le modele de Kubler-Ross : ce qu'il dit et ce qu'il ne dit pas

En 1969, la psychiatre Elisabeth Kubler-Ross publie 'On Death and Dying', dans lequel elle identifie cinq phases que traversent les personnes face a l'annonce d'une mort imminente : le deni, la colere, le marchandage, la depression et l'acceptation. Ce modele, concu initialement pour decrire le vecu des mourants eux-memes, a ete etendu par la suite au processus de deuil des survivants.

Sa force est sa lisibilite. Donner des noms a des etats qui semblent chaos aide enormement les personnes endeuillees a se comprendre et a se sentir moins seules. Savoir que la colere fait partie du deuil, qu'elle n'est pas une anomalie, peut soulager considerablement.

Sa limite est sa rigidite apparente. Le deuil ne suit pas un chemin trace d'avance. On ne passe pas proprement d'une etape a l'autre avant de refermer le livre. On peut osciller entre le deni et la colere pendant des semaines, sauter le marchandage, revenir a la depression apres une periode d'acceptation. La personne endeuilee n'est pas en retard ou en avance : elle est dans son propre rythme.

Les formes multiples du deuil : chaque perte est singuliere

Le deuil n'est pas reserve a la mort. On peut traverser un processus de deuil apres une separation, une maladie grave, une perte d'emploi, un exil ou toute rupture significative avec ce qu'on aimait. La structure emotionnelle est similaire : sideration initiale, douleur, reorganisation progressive du monde interieur.

Mais la mort d'un proche presente ses propres specificites. La nature de la relation influence profondement le vecu : perdre un parent, un enfant, un conjoint ou un ami intime ne declenche pas le meme type de deuil. La qualité de la relation avant le deces compte aussi. Un deuil apres une relation difficile ou conflictuelle peut etre particulierement complexe a traverser.

Le contexte du deces joue egalement un role important. Une mort attendue, survenue au terme d'une longue maladie, laisse parfois le temps d'une forme de preparation. Une mort soudaine ou violente peut provoquer un etat de choc traumatique qui complique l'entree dans le processus de deuil. Ces nuances sont abordees dans la formation a l'accompagnement en fin de vie, qui consacre un module entier aux etapes du deuil et a leur variabilite. L'article sur ce qu'est l'accompagnement en fin de vie situe ce travail dans son cadre plus large.

Le deuil complique : quand faut-il orienter vers un professionnel de sante ?

Un deuil dit 'complique' ou 'prolonge' se distingue d'un deuil ordinaire par son intensite, sa duree et son impact fonctionnel. La personne reste envahie par la douleur de la perte bien au-dela de la periode attendue, au point de ne plus pouvoir fonctionner normalement dans sa vie quotidienne.

Parmi les signes d'alerte : une douleur qui ne s'attenue pas apres plus d'un an, l'incapacite a accepter la realite de la mort, un sentiment persistant que la vie n'a plus de sens, des idees suicidaires, une consommation accrue d'alcool ou de substances, un isolement social severe.

Ces situations relevent d'un suivi psychologique ou psychiatrique. Un accompagnant en fin de vie ou un praticien bien-etre n'est pas forme ni habilite a traiter un deuil pathologique. Son role est de soutenir et, si necessaire, d'orienter. Cette frontiere est fondamentale : la reconnaitre est une marque de serieux, pas une limitation. Les therapies et pratiques emotionnelles qui soutiennent ce travail de deuil s'inscrivent dans un cadre complementaire, jamais substitutif.

Quelle place pour l'accompagnement bien-etre dans le processus de deuil ?

L'accompagnement bien-etre intervient dans l'espace qui separe la souffrance aigue du deuil et le retour progressif a une vie ordinaire. Il ne guerit pas, il soutient. Il offre une presence reguliere, un espace d'expression non clinique, des outils concrets pour traverser les periodes les plus difficiles.

Concretes, ces formes d'accompagnement incluent des entretiens d'ecoute, des pratiques de pleine conscience, des techniques de relaxation, des approches corporelles douces. Elles aident la personne endeuilee a ne pas rester seule avec sa douleur, a trouver un rythme progressif, a ritualiser certains aspects de la perte quand cela a du sens pour elle.

La specificite de l'accompagnant forme a la fin de vie, c'est sa familiarite avec le processus du mourir et du deuil. Il ne sera pas derange par les larmes, par les coleres ou par les mots que la personne endeuilee n'ose pas dire ailleurs. Cette capacite a tenir le cadre sans se laisser deborder est une competence qui se construit, et non une disposition innee. Pour ceux qui envisagent d'exercer dans ce domaine, l'article sur la realite du metier d'accompagnant en fin de vie pose les bases de ce que cela implique concrètement.

Comment soutenir une personne en deuil au quotidien ?

L'entourage d'une personne en deuil commet souvent les memes erreurs bien intentionnees : vouloir que ca aille vite, proposer des distractions, dire 'il faut penser aux autres', 'tu as la chance d'avoir tes enfants', 'le temps guerit tout'. Ces phrases, aussi sinceres soient-elles, minimisent et isolent.

Ce qui aide : maintenir un contact regulier sans attendre que la personne en prenne l'initiative, nommer la personne decedee plutot que de l'eviter, proposer de l'aide concrete (repas, demarches, garde d'enfants), accepter que les jours difficiles coexistent avec des moments ordinaires sans que ce soit contradictoire.

Le deuil n'a pas de calendrier. Les anniversaires, les fetes, les dates symboliques peuvent raviver la douleur des mois ou des annees apres. Une presence sobre et constante vaut plus que des grands gestes ponctuels. Pour aller plus loin sur la posture d'accompagnant, le guide pour devenir therapeute offre une perspective d'ensemble sur les qualités necessaires a ce type de soutien relationnel.

Questions fréquentes

Est-ce que le deuil suit toujours les cinq etapes de Kubler-Ross ?

Non. Le modele de Kubler-Ross decrit des etats emotionnels possibles, pas une progression obligatoire et lineaire. Le deuil est un processus individuel, non previsible : certaines etapes peuvent etre absentes, d'autres tres longues ou repetees. Ce modele est un repere, pas un chemin trace.

Combien de temps dure un deuil normal ?

Il n'existe pas de duree 'normale'. Le deuil s'attenue generalement au fil des mois, mais certaines pertes laissent une empreinte durable. On parle de deuil complique ou prolonge lorsque la douleur reste aussi intense apres plus d'un an et empeche de fonctionner. Dans ce cas, un suivi psychologique est recommande.

L'accompagnement bien-etre peut-il remplacer une therapie psychologique pour le deuil ?

Non. L'accompagnement bien-etre soutient la personne endeuilee sur le plan emotionnel et relationnel, mais il ne traite pas un deuil complique ou un etat depressif associe. Ces situations relevent d'un psychologue ou d'un psychiatre. Un accompagnant serieux sait reconnaitre ces situations et orienter vers le professionnel competent.

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