En bref
Le décret n° 2026-905 du 28 septembre 2026 crée une délégation interministérielle à la santé mentale et à la psychiatrie, sous l'autorité du ministre de la Santé, en vigueur depuis le 1er octobre 2026. Elle coordonne la stratégie nationale entre ministères. Elle ne crée aucun statut ni aucune obligation pour les praticiens de bien-être : l'enjeu pour eux est de comprendre le cadre, de rester dans leur champ de compétence et d'identifier les besoins d'accompagnement non médical qui montent.
Ce que dit le décret : les faits vérifiés
Selon les informations publiées par la presse spécialisée, le décret n° 2026-905 du 28 septembre 2026 a été publié au Journal officiel le 30 septembre et est entré en vigueur le 1er octobre 2026. Il crée une délégation interministérielle à la santé mentale et à la psychiatrie, placée sous l'autorité du ministre chargé de la Santé.
Sa mission est de contribuer à la définition, à l'élaboration, à l'orientation et à la mise en œuvre de la stratégie nationale en santé mentale et en psychiatrie, et de coordonner l'action des différents ministères concernés. Elle assure aussi la préparation et le suivi des décisions prises lors de la session annuelle du comité interministériel de la santé consacrée à la santé mentale.
Sur le plan de l'organisation, la fonction de délégué interministériel est exercée par le directeur général de la Santé ou par son adjoint, assisté d'un responsable. Le texte abroge le dispositif de 2019, fondé sur un délégué ministériel à la santé mentale et à la psychiatrie. En clair : on passe d'un pilotage ministériel à un pilotage interministériel, avec une porte d'entrée plus transversale.
Pourquoi cette réorganisation arrive maintenant
La santé mentale a été déclarée Grande cause nationale en 2025, puis prolongée en 2026 : cette année-là, on estime qu'environ une personne sur cinq est concernée par un trouble psychique ou une difficulté de santé mentale. Le gouvernement avait annoncé en juin 2026 sa volonté de relancer cette grande cause, et la création d'une délégation interministérielle en est une traduction institutionnelle.
Le choix de l'interministériel n'est pas anodin. La santé mentale ne se joue pas seulement à l'hôpital ou en cabinet : elle touche l'école, le travail, le logement, la justice, la jeunesse. Coordonner ces politiques publiques était un angle mort souvent cité par les acteurs du secteur, qui décrivent des dispositifs empilés et difficiles à lire pour les usagers comme pour les professionnels.
Ce calendrier croise aussi d'autres signaux : la généralisation du tiers payant sur Mon Soutien Psy depuis le 1er octobre, l'objectif affiché de passer de 6 000 à 12 000 psychologues partenaires d'ici 2027, et les Semaines d'information sur la santé mentale du 5 au 18 octobre. La période est donc marquée par une forte attention publique, qui ouvre un espace de visibilité aux acteurs de l'accompagnement.
Ce que ça ne change pas pour les praticiens de bien-être
Soyons précis, car les raccourcis sont tentants. Ce décret organise l'administration de l'État ; il ne crée pas de nouveau titre, ne réglemente pas les pratiques de bien-être et n'impose aucune obligation supplémentaire aux praticiens indépendants. Un hypnologue, un sophrologue, un coach ou un praticien en relation d'aide exerce aujourd'hui dans le même cadre qu'avant le 1er octobre.
Rappelons les repères de base : en France, les titres de psychologue et de psychothérapeute sont protégés, et le diagnostic, la prescription et le traitement des troubles relèvent des professionnels de santé. Un praticien de bien-être n'a pas à promettre de soigner une dépression, un trouble anxieux ou un trouble du comportement alimentaire, ni à conseiller d'arrêter un traitement.
La vigilance reste d'ailleurs un sujet de politique publique : depuis 2024, l'incitation à abandonner un traitement ou à adopter des pratiques dangereuses pour la santé est un délit. Une pratique sérieuse repose sur trois réflexes simples : annoncer clairement ce qu'on fait, ce qu'on ne fait pas, et orienter vers un médecin ou un psychologue dès qu'un signal d'alerte apparaît.
Les implications concrètes : où se situent les opportunités
Une meilleure coordination des politiques de santé mentale ne crée pas de débouchés automatiques, mais elle déplace l'attention vers des besoins que les praticiens de bien-être connaissent bien : le mal-être du quotidien, l'écoute, la gestion du stress, le soutien aux aidants, les transitions de vie. Les dispositifs remboursés ne couvrent que les difficultés légères à modérées avec un psychologue partenaire, et les délais restent longs dans de nombreux territoires.
Résultat : une partie du public cherche des espaces d'écoute et d'accompagnement non médicaux, complémentaires et accessibles. Le praticien en relation d'aide, le coach ou le thérapeute par les approches corporelles peut répondre à une demande réelle, à condition de se positionner avec honnêteté, sans empiéter sur le champ médical ni sur celui de la psychologie.
La valeur ajoutée se jouera sur la qualité du cadre : contrat de séance clair, supervision, réseau de professionnels vers qui orienter, formation continue. Un praticien capable de dire « voici ce que je peux faire pour vous, et voici à qui vous adresser pour le reste » inspire davantage confiance. C'est précisément ce que le contexte actuel, très attentif aux dérives, valorise.
Se former dans un contexte de forte attention publique
Pour qui envisage une reconversion dans l'accompagnement, ce moment est une invitation à choisir une formation qui travaille l'écoute, la posture, le cadre déontologique et les limites. La formation de praticien en relation d'aide, par exemple, se concentre sur ces fondamentaux : accueillir sans juger, reformuler, identifier ses propres limites. Vous pouvez en découvrir le programme sur la fiche /formation/devenir-praticien-relation-aide.
Si votre projet est plus large, notre guide /guide/comment-devenir-therapeute détaille les étapes à suivre, du choix de la pratique à l'installation. Et pour mesurer ce que représente un changement de métier dans le secteur du soin, le guide /guide/se-reconvertir-bien-etre propose des repères concrets sur le financement, la durée et le rythme de montée en charge.
Enfin, gardez un œil sur l'actualité : la délégation interministérielle devra produire ses premières orientations, et le comité interministériel de la santé consacré à la santé mentale fixera le calendrier. Pour la place des approches d'écoute dans ce paysage, notre analyse du 27 septembre, /blog/pair-aidance-larousse-journee-mondiale-sante-mentale-2026-therapeutes, éclaire un autre pan du sujet : l'expérience vécue comme ressource.
Notre lecture, et ce qu'il faut surveiller
Notre lecture est mesurée. Le décret du 28 septembre est un signal politique et organisationnel plus qu'une révolution pour les praticiens. Il confirme que la santé mentale reste une priorité de l'agenda public, au moins jusqu'à la fin de la Grande cause nationale, et que l'État cherche à mieux articuler ses différentes politiques.
Trois points méritent d'être suivis : la feuille de route que produira la délégation, la manière dont elle associera les usagers et les associations, et d'éventuelles précisions sur les pratiques non conventionnelles ou les accompagnements non médicaux. À ce stade, rien dans le texte ne les évoque, et il serait imprudent de leur prêter des intentions.
En attendant, la meilleure stratégie reste la même : se former sérieusement, rester dans son champ de compétence, informer clairement ses clients et construire un réseau de professionnels de santé. Ces réflexes protègent à la fois les personnes accompagnées et votre activité. Rappel : une pratique de bien-être ne remplace ni un avis médical ni un suivi psychologique ; en cas de détresse, le 3114 est joignable 24 h/24.
Sources
Santé Mentale, « Publication du décret portant création d'une délégation interministérielle à la santé mentale et à la psychiatrie » : https://www.santementale.fr/2026/09/publication-du-decret-portant-creation-dune-delegation-interministerielle-a-la-sante-mentale-et-a-la-psychiatrie/ ; Environnement Santé Politique, « Création de la délégation interministérielle santé mentale et psychiatrie » (2 octobre 2026) : https://environnementsantepolitique.fr/2026/10/02/creation-de-la-delegation-interministerielle-sante-mentale-et-psychiatrie/ ; La Gazette des communes, « Création d'une délégation interministérielle à la santé mentale et à la psychiatrie ». Contexte Grande cause nationale 2026 : monparcourshandicap.gouv.fr, « Santé mentale : cause nationale en 2026 ».
Questions fréquentes
Que prévoit le décret du 28 septembre 2026 sur la santé mentale ?
Le décret n° 2026-905 crée une délégation interministérielle à la santé mentale et à la psychiatrie, sous l'autorité du ministre de la Santé. Elle coordonne l'action des ministères et prépare les décisions du comité interministériel annuel. Il est en vigueur depuis le 1er octobre 2026.
Les praticiens de bien-être sont-ils concernés par ce texte ?
Pas directement. Le décret organise l'administration de l'État et ne crée ni statut, ni titre, ni obligation nouvelle pour les praticiens indépendants. Le cadre de leur activité reste inchangé : ils n'ont pas à diagnostiquer ni à traiter, et orientent vers un professionnel de santé si nécessaire.
Une reconversion vers l'accompagnement est-elle pertinente en ce moment ?
L'attention publique portée à la santé mentale et les délais d'accès aux soins nourrissent une demande d'écoute non médicale. Une reconversion reste un projet à construire avec sérieux : formation, cadre déontologique, clientèle et réseau. Aucun revenu n'est garanti.
