En bref
Le gouvernement vise au moins 300 millions d'euros d'économies supplémentaires sur le CPF dans le budget 2027, selon des informations révélées le 8 septembre 2026. L'enveloppe annuelle du dispositif, déjà passée de 2,7 milliards d'euros en 2021 à 1,359 milliard en 2026, pourrait encore se resserrer. Parmi les pistes à l'étude : une hausse du reste à charge, de 100 € à 200 € ou plus, pour les formations jugées « non prioritaires », avec une mise en œuvre progressive annoncée à partir du premier semestre 2027. Pour financer une formation de thérapeute ou de praticien du bien-être avec son CPF, mieux vaut donc s'informer et, le cas échéant, mobiliser ses droits avant que le nouveau cadre n'entre en vigueur.
Une nouvelle réforme du CPF révélée le 8 septembre 2026
Le 8 septembre 2026, Le Figaro a révélé que le gouvernement travaillait à une nouvelle réforme du compte personnel de formation (CPF) dans le cadre de la préparation du budget 2027. L'objectif affiché : générer au moins 300 millions d'euros d'économies supplémentaires sur ce dispositif, déjà largement resserré depuis 2023. Cette annonce s'inscrit dans un mouvement de fond entamé depuis plusieurs années, où chaque exercice budgétaire s'accompagne d'un nouveau tour de vis sur le financement individuel de la formation professionnelle.
France compétences, l'organisme qui finance le CPF, prévoit d'y consacrer 1,359 milliard d'euros en 2026, contre près de 2,7 milliards d'euros en 2021 : l'enveloppe a donc déjà été divisée par deux en cinq ans. Une nouvelle économie de 300 millions d'euros rapprocherait le budget annuel du seuil symbolique d'un milliard d'euros, un niveau qui marquerait une contraction spectaculaire d'un dispositif pourtant présenté, lors de sa création, comme la pierre angulaire du « droit à la formation tout au long de la vie ».
Pour les personnes qui envisagent une reconversion vers les métiers du bien-être et de l'accompagnement thérapeutique, ce nouveau tour de vis budgétaire n'est pas anodin : le CPF reste, pour beaucoup, le premier levier de financement mobilisé pour entamer une formation de naturopathe, de sophrologue, de coach ou de praticien en médecines douces, souvent en complément d'un apport personnel.
Ce que le ministère du Travail a déjà annoncé pour septembre 2026
Au-delà de l'objectif chiffré révélé par voie de presse, le ministère du Travail a précisé ses intentions et annoncé l'ouverture de concertations avec les partenaires sociaux, les régions et les organismes de formation courant septembre 2026. Ces discussions doivent porter sur plusieurs chantiers : la révision des plafonds de prise en charge selon les types de formation, le contrôle des tarifs pratiqués par les organismes, le renforcement du reste à charge pour certaines catégories de formations, l'amélioration de l'accompagnement des bénéficiaires dans leurs choix de parcours, et la lutte contre les pratiques frauduleuses et le démarchage abusif.
Sur le volet financier, la piste la plus documentée concerne une nouvelle hausse de la participation personnelle obligatoire, actuellement fixée à 150 € depuis le décret entré en vigueur le 2 avril 2026 (après un premier saut de 10 € à 100 € en 2024, puis à 150 € en 2026). Pour certaines formations qualifiées de « non prioritaires », le montant pourrait grimper à 200 € ou davantage. Les demandeurs d'emploi, aujourd'hui exonérés de reste à charge, pourraient également se voir demander une contribution réduite.
Le CPF resterait, sur le principe, un droit individuel mobilisable sans autorisation de l'employeur ni validation obligatoire d'un conseil en évolution professionnelle (CEP). Mais une forme de hiérarchisation des parcours semble se dessiner : un projet cofinancé, prescrit ou jugé prioritaire pourrait bénéficier d'une voie facilitée, tandis qu'un projet mené seul, sans accompagnement ni cofinancement, pourrait voir sa participation personnelle augmenter.
Calendrier : rien d'acté avant le dernier trimestre 2026
Selon les informations disponibles à ce stade, la réforme devrait être officiellement présentée au cours du dernier trimestre 2026, à l'issue des concertations lancées en septembre, avant une mise en œuvre progressive à compter du premier semestre 2027. Rien n'est donc figé aujourd'hui : plusieurs acteurs interrogés sur le sujet doutent même que les pistes évoquées jusqu'ici suffisent, à elles seules, à atteindre l'objectif de 300 millions d'euros d'économies, ce qui laisse ouverte la possibilité d'arbitrages supplémentaires d'ici la fin de l'année.
Cette incertitude calendaire a un effet concret pour toute personne qui envisage de mobiliser son CPF pour une formation de thérapeute ou de praticien bien-être : le cadre actuel, reste à charge de 150 € inclus, reste en vigueur au moins jusqu'à la présentation officielle de la réforme, et vraisemblablement jusqu'au premier semestre 2027 pour son application effective. Une formation entamée avant l'entrée en vigueur des nouvelles règles ne devrait, sauf indication contraire, pas être rétroactivement affectée.
Ce n'est pas la première fois que le CPF traverse une phase de restrictions successives : en 2024 et 2026, plusieurs vagues de mesures ont déjà limité le financement des formations au permis de conduire, renforcé les contrôles qualité sur les organismes de formation et introduit le reste à charge actuel. Le secteur de la formation professionnelle, dans son ensemble, s'est donc habitué à un climat de resserrement progressif plutôt qu'à une rupture brutale — ce qui n'empêche pas chaque nouvelle annonce de créer de l'incertitude chez les futurs stagiaires.
Ce que ça change concrètement pour financer une reconversion vers le bien-être
Pour une personne qui envisage de devenir naturopathe, sophrologue, praticien en massage bien-être ou coach de vie, le CPF reste aujourd'hui un des moyens de financement les plus accessibles, aux côtés de l'autofinancement, du plan de développement des compétences de l'employeur ou, pour les demandeurs d'emploi, des aides régionales et de France Travail. Le durcissement annoncé ne remet pas en cause l'existence du dispositif, mais il confirme une tendance de fond : la participation personnelle augmente d'année en année, et il devient plus important de bien anticiper son projet plutôt que de le décider dans l'urgence.
Concrètement, cela signifie qu'il est utile de vérifier, avant de s'engager, si la formation visée est éligible au CPF (ce qui suppose une certification enregistrée au Répertoire spécifique ou au RNCP), de simuler le reste à charge actuel sur son compte personnel, et de se renseigner sur les compléments de financement mobilisables (OPCO pour les salariés, aides régionales, financement personnel partiel). Ces vérifications, déjà recommandées avant toute inscription, prennent une importance accrue dans un contexte où les règles peuvent évoluer d'une année sur l'autre.
Pour les personnes dont le projet est suffisamment mûr, engager sa formation avant l'entrée en vigueur d'un éventuel relèvement du reste à charge en 2027 peut représenter une économie concrète, sans pour autant se précipiter sur un choix de formation mal préparé : la question du financement ne doit jamais prendre le pas sur celle de la pertinence du projet professionnel lui-même.
Bien choisir sa formation dans un contexte de financement plus contraint
Ce contexte de resserrement budgétaire rend d'autant plus stratégique le choix de l'organisme de formation et du programme suivi. Une formation reconnue, avec un contenu structuré et une certification lisible, reste un meilleur investissement à long terme qu'une formation bon marché mais peu solide, même si le reste à charge personnel venait à augmenter. Le ministère du Travail cite d'ailleurs explicitement, parmi les chantiers des concertations de septembre, le contrôle des tarifs et la lutte contre le démarchage abusif, deux enjeux qui concernent en premier lieu les organismes proposant des formations aux métiers du bien-être, où la vigilance sur la qualité pédagogique varie beaucoup d'un acteur à l'autre.
Pour une reconversion vers le métier de naturopathe, par exemple, la formation de naturopathe permet d'acquérir les fondamentaux de la discipline (hygiène de vie, alimentation, plantes, techniques naturelles) à travers un programme structuré, éligible aux dispositifs de financement classiques selon l'organisme choisi. Quel que soit le métier visé, il reste indispensable de vérifier l'éligibilité CPF précise de la formation retenue directement sur son espace personnel moncompteformation.gouv.fr, les règles pouvant varier d'un organisme à l'autre.
Le guide pour se reconvertir dans le bien-être détaille plus largement les étapes d'un projet de reconversion réussi, du choix du métier au montage du plan de financement, dans un contexte où la question budgétaire devient un critère de décision à part entière, au même titre que le contenu pédagogique ou les débouchés visés.
Sources
Le Figaro, « Budget 2027 : le gouvernement veut réformer le CPF pour économiser 300 millions d'euros », information révélée le 8 septembre 2026, reprise notamment par des titres spécialisés en formation professionnelle (monpoleformation.fr, cpformation.com, titrespresse.com).
AEF info, « Ajustements du CPF : le ministère du Travail précise ses intentions et annonce des concertations en septembre 2026 » — thèmes des concertations : plafonds de prise en charge, contrôle des tarifs des organismes, renforcement du reste à charge pour certaines formations, accompagnement des bénéficiaires, lutte contre la fraude.
France compétences — budget prévisionnel CPF 2026 : 1,359 milliard d'euros, contre 2,7 milliards d'euros en 2021. Décret du 2 avril 2026 relevant le reste à charge CPF à 150 €, après un premier relèvement à 100 € en 2024. Pour le contexte de ce précédent relèvement, voir notre article sur le reste à charge CPF de 150 € pour les formations bien-être.
Questions fréquentes
Le CPF va-t-il disparaître pour financer une formation de thérapeute ou de praticien bien-être ?
Non, aucune annonce ne prévoit la suppression du CPF. La réforme en préparation pour le budget 2027 vise à réaliser 300 millions d'euros d'économies supplémentaires, notamment via un possible relèvement du reste à charge pour certaines formations jugées « non prioritaires », pas à supprimer le dispositif, qui reste un droit individuel.
Quel est le reste à charge CPF actuel en septembre 2026 ?
Depuis le décret entré en vigueur le 2 avril 2026, le reste à charge CPF s'élève à 150 € par dossier de formation, sauf exonération (notamment pour les demandeurs d'emploi). La réforme annoncée pour 2027 pourrait faire évoluer ce montant, avec une mise en œuvre progressive envisagée à partir du premier semestre 2027, mais rien n'est encore acté à ce stade.
Faut-il se précipiter pour utiliser son CPF avant la réforme de 2027 ?
Cela peut être pertinent pour une personne dont le projet de reconversion est déjà mûr et qui a identifié une formation sérieuse et éligible, puisque le cadre actuel (150 € de reste à charge) reste en vigueur au moins jusqu'à la présentation officielle de la réforme. En revanche, la précipitation ne doit jamais conduire à choisir une formation par défaut : la qualité et la pertinence du programme restent le premier critère de décision.




