En bref
La 37e édition des Semaines d'Information sur la Santé Mentale (SISM) se tiendra du 5 au 18 octobre 2026 partout en France, sur le thème « Pour notre santé mentale, ouvrons-nous aux arts ». Le programme national, coordonné avec un large réseau d'acteurs locaux (établissements de santé mentale, associations, collectivités), propose expositions, spectacles, ateliers et forums autour des liens entre pratiques artistiques et santé psychique. Pour les praticiens de bien-être formés à l'art-thérapie ou à la musicothérapie, c'est l'occasion de se faire connaître localement et de mieux comprendre où se situe leur intervention, en complément — jamais en remplacement — d'un suivi médical ou psychologique quand celui-ci est nécessaire.
Une 37e édition placée sous le signe de l'art
Chaque année en octobre, les Semaines d'Information sur la Santé Mentale rassemblent pendant deux semaines des centaines de manifestations organisées dans toute la France : hôpitaux psychiatriques, associations d'usagers, collectivités locales, structures médico-sociales et, de plus en plus, praticiens indépendants du bien-être s'associent pour proposer expositions, spectacles, ciné-débats, forums et ateliers ouverts au grand public. L'édition 2026, la 37e du genre, se tiendra du 5 au 18 octobre autour d'un thème resserré et évocateur : « Pour notre santé mentale, ouvrons-nous aux arts ».
Le programme national, dont les grandes lignes viennent d'être diffusées ce mois-ci et décliné localement par les agences régionales de santé et leurs relais associatifs, met en avant les liens entre pratiques culturelles, création artistique et équilibre psychique. L'objectif affiché reste celui de toutes les éditions des SISM depuis leur création : sensibiliser un large public aux questions de santé mentale, faire connaître les ressources de proximité, et créer du lien entre professionnels, usagers et citoyens autour d'un sujet encore trop souvent tabou.
Pourquoi l'art, et pourquoi maintenant ?
Le choix de ce thème n'est pas isolé : il s'inscrit dans un mouvement plus large de reconnaissance progressive des pratiques artistiques comme leviers de bien-être psychique, aux côtés des approches plus classiques de prévention et de soin. Musique, arts plastiques, théâtre, écriture ou danse sont de plus en plus mobilisés dans des cadres variés — services hospitaliers, EHPAD, écoles, entreprises — pour accompagner le stress, favoriser l'expression émotionnelle ou simplement recréer du lien social autour d'une activité partagée.
Ce mouvement de fond avait déjà été documenté sur ce blog à l'occasion de la Fête de la musique, où le rôle de la musicothérapie auprès des thérapeutes illustrait comment une pratique artistique grand public pouvait aussi devenir un outil professionnel d'accompagnement. Les SISM 2026 élargissent cette focale à l'ensemble des pratiques artistiques, dans une époque où la demande de sens et d'expression créative n'a jamais été aussi forte, notamment chez les personnes en reconversion professionnelle vers les métiers de l'accompagnement.
Ce que propose concrètement le programme 2026
Sur le terrain, le programme des SISM prend la forme d'une mosaïque d'initiatives locales plutôt que d'un événement centralisé unique. Expositions d'œuvres réalisées par des personnes suivies en psychiatrie, spectacles et concerts organisés dans des structures de soin ouvertes au public, ateliers d'écriture ou d'arts plastiques animés par des professionnels, ciné-débats autour de films traitant de santé mentale, forums réunissant soignants, usagers et familles : chaque territoire décline le thème national selon ses ressources et ses partenariats locaux.
Cette organisation décentralisée signifie concrètement que la participation d'un praticien de bien-être — art-thérapeute, musicothérapeute, praticien en médiation créative — dépend largement des initiatives prises localement par les comités d'organisation départementaux, souvent adossés à un établissement de santé mentale ou à une association de promotion de la santé. Se rapprocher de ces comités, généralement identifiables sur le site national des SISM, est la première étape pour qui souhaite proposer une intervention ou simplement participer aux événements de sa région.
Ce que l'on sait des bienfaits de l'art sur le psychisme, et ses limites
Les pratiques artistiques appliquées au bien-être psychique bénéficient d'un corpus de travaux de plus en plus étoffé, en particulier en soins palliatifs, en oncologie et dans l'accompagnement du vieillissement, où l'art-thérapie est aujourd'hui intégrée comme soin de support dans de nombreux établissements. Ces travaux documentent des effets positifs sur l'expression émotionnelle, la réduction du stress perçu et le maintien du lien social, sans pour autant faire de la pratique artistique un traitement à part entière des troubles psychiatriques caractérisés.
C'est une nuance essentielle que tout praticien sérieux doit connaître et transmettre : un atelier créatif proposé dans le cadre des SISM relève de la sensibilisation, du soutien au bien-être ou, pour un art-thérapeute formé exerçant en établissement, d'un soin de support complémentaire — jamais d'un substitut à un suivi psychiatrique ou psychologique quand celui-ci est cliniquement nécessaire. Le guide pour devenir thérapeute détaille plus largement cette frontière entre accompagnement bien-être et prise en charge médicale.
Une vitrine utile pour les praticiens de l'accompagnement créatif
Pour les personnes déjà formées ou en cours de reconversion vers l'art-thérapie, les SISM 2026 représentent une occasion concrète de visibilité locale : proposer un atelier, intervenir lors d'un forum ou simplement échanger avec les acteurs de santé mentale de son territoire permet de nouer des contacts professionnels utiles — établissements médico-sociaux, associations, collectivités — souvent à l'origine de premières missions rémunérées une fois la formation achevée.
C'est aussi l'occasion de mesurer, sur le terrain, l'ampleur de la demande sociale pour ce type d'accompagnement : la formation pour devenir art-thérapeute forme précisément à cette double compétence, artistique et relationnelle, qui permet d'intervenir avec justesse auprès de publics parfois fragiles, dans le respect du cadre propre à chaque structure d'accueil.
Comment un praticien de bien-être peut s'associer aux SISM localement
Concrètement, un praticien installé ou en projet d'installation peut contacter le comité départemental d'organisation des SISM de son département, souvent porté par un établissement public de santé mentale, un conseil local de santé mentale ou une association de promotion de la santé, pour proposer une intervention ou simplement se signaler comme ressource disponible pour les éditions suivantes. Les délais étant courts avant le 5 octobre, une participation à l'édition 2026 suppose d'agir rapidement, mais rien n'empêche de se positionner dès maintenant pour être identifié à l'occasion de la prochaine édition.
Pour celles et ceux qui envisagent une reconversion vers ces métiers de l'accompagnement créatif, notre guide sur la reconversion dans le bien-être détaille les étapes pour construire un projet professionnel solide, de la formation jusqu'aux premières missions de terrain, dont des événements comme les SISM peuvent constituer un point de départ concret.
Sources
Semaines d'Information sur la Santé Mentale (SISM), site national, programme et présentation de la 37e édition, « Pour notre santé mentale, ouvrons-nous aux arts », 5-18 octobre 2026.
Établissements de santé mentale et fédérations relayant le programme 2026 (CH Laborit, CODES 06, CODES 83, GHT de Psychiatrie du Nord Pas-de-Calais, Promotion Santé Auvergne-Rhône-Alpes, Fédération des acteurs de la solidarité), communiqués de rentrée 2026.
Questions fréquentes
Que sont les SISM et quand ont-elles lieu en 2026 ?
Les Semaines d'Information sur la Santé Mentale (SISM) sont un rendez-vous annuel national de sensibilisation, organisé chaque octobre depuis 37 ans. L'édition 2026 se déroule du 5 au 18 octobre sur le thème « Pour notre santé mentale, ouvrons-nous aux arts », avec des expositions, spectacles, ateliers et forums organisés localement partout en France.
Un art-thérapeute peut-il participer aux SISM sans être professionnel de santé ?
Oui : la plupart des manifestations des SISM sont ouvertes à un large réseau d'acteurs, y compris des praticiens de bien-être non soignants (art-thérapeutes, musicothérapeutes, praticiens en médiation créative), en lien avec les comités d'organisation locaux. La participation se fait toujours en complément de l'offre de soin existante, jamais en remplacement d'un suivi médical ou psychologique.
Quelle formation pour devenir art-thérapeute ?
Une formation sérieuse d'art-thérapeute associe des techniques de médiation artistique (arts plastiques, musique, écriture, théâtre selon les spécialités) à une solide compétence relationnelle et à une connaissance claire du cadre d'intervention, notamment en établissement de santé. Elle doit aussi enseigner à repérer les situations qui relèvent d'une orientation vers un psychiatre ou un psychologue.




