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Actualité · Publié le 6 septembre 2026 · 8 min de lecture

Grève des psychiatres publics confirmée le 17 septembre 2026 : ce que ça change pour les thérapeutes et praticiens de bien-être

Après plusieurs mois d'alertes restées sans réponse gouvernementale jugée suffisante, les quatre principaux syndicats de psychiatres hospitaliers publics — IDEPP, SPEP, SPH et USP — ont confirmé début septembre 2026 une journée de mobilisation et de grève pour le jeudi 17 septembre. Les chiffres avancés donnent la mesure de la crise : environ 30 % des postes de praticiens hospitaliers en psychiatrie sont vacants, 15 % des postes d'internes ne trouvent pas preneur, et il manquerait près de 10 000 lits d'hospitalisation sur l'ensemble du territoire. Pour les thérapeutes et praticiens de bien-être — coachs, sophrologues, psychopraticiens — cette confirmation n'est pas une simple actualité syndicale de plus : elle éclaire, avec des chiffres précis, l'ampleur de l'écart entre la demande d'accompagnement psychologique et l'offre de soins publics disponible en France.

Grève des psychiatres publics confirmée le 17 septembre 2026 : ce que ça change pour les thérapeutes et praticiens de bien-être

En bref

Les syndicats IDEPP, SPEP, SPH et USP ont confirmé début septembre 2026 une grève des psychiatres publics pour le jeudi 17 septembre, faute de moyens nouveaux à l'issue d'une réunion interministérielle jugée décevante. Les chiffres cités par les syndicats : environ 30 % des postes de praticiens hospitaliers en psychiatrie vacants, 15 % des postes d'internes non pourvus, un déficit d'environ 10 000 lits d'hospitalisation, plus de 2 millions de patients suivis en centres médico-psychologiques (CMP) avec des listes d'attente en hausse, et environ 480 000 hospitalisations par an. Pour les praticiens de bien-être, cette crise structurelle confirme un besoin d'accompagnement qui déborde largement le système de soins public — à condition de toujours savoir distinguer ce qui relève de leur champ d'action de ce qui nécessite une orientation médicale ou psychiatrique urgente.

Une grève confirmée pour le jeudi 17 septembre 2026

Après des semaines d'incertitude, la mobilisation n'est plus une simple menace : les quatre organisations qui représentent les psychiatres hospitaliers publics en France — l'Intersyndicale de défense de la psychiatrie publique (IDEPP), le Syndicat des psychiatres d'exercice public (SPEP), le Syndicat des psychiatres des hôpitaux (SPH) et l'Union syndicale de la psychiatrie (USP) — ont confirmé début septembre une journée nationale de mobilisation et de grève fixée au jeudi 17 septembre 2026. Le communiqué intersyndical, titré sans détour « Stop au mépris et à la maltraitance de la psychiatrie publique », résume l'état d'esprit d'une profession qui se dit à bout après des années d'alertes.

Cette confirmation fait suite à une réunion interministérielle organisée début juin 2026, dont les quatre syndicats attendaient un plan structuré, chiffré et calendarisé. Ils disent n'y avoir trouvé que des annonces de communication et des mesures jugées cosmétiques, sans engagement de moyens supplémentaires à la hauteur de la crise décrite. Notre précédent article sur la crise de la psychiatrie publique et la menace de grève annoncée cet été revenait sur les prémices de ce mouvement ; il est aujourd'hui suivi d'effet avec une date précise et un calendrier réel de mobilisation.

Le mouvement est annoncé comme national, portant sur l'ensemble des établissements publics de psychiatrie, hôpitaux comme centres médico-psychologiques (CMP). Les syndicats réclament une réponse structurée à trois crises qu'ils jugent imbriquées : une crise des effectifs médicaux, une crise des vocations chez les internes, et une crise capacitaire liée au manque de lits d'hospitalisation disponibles sur le territoire.

Des chiffres qui documentent une crise devenue chronique

Les syndicats avancent des chiffres précis pour objectiver ce qu'ils décrivent depuis plusieurs années : environ 30 % des postes de praticien hospitalier (PH) en psychiatrie publique resteraient aujourd'hui non pourvus, un niveau de vacance qui pèse directement sur la charge de travail des équipes en poste et sur les délais de prise en charge des patients. À cela s'ajoute une crise des vocations, avec environ 15 % des postes ouverts aux internes en psychiatrie qui ne trouvent pas preneur lors des choix de spécialité.

Sur le plan capacitaire, le déficit est estimé à environ 10 000 lits d'hospitalisation à l'échelle nationale, ce qui se traduit concrètement par des patients qui attendent parfois plusieurs jours aux urgences avant qu'un lit ne se libère. Cette tension capacitaire n'est pas nouvelle, mais elle continue de s'aggraver alors même que la demande de prise en charge ne cesse de croître, notamment chez les plus jeunes.

En ambulatoire, plus de 2 millions de patients sont aujourd'hui suivis dans les centres médico-psychologiques (CMP), avec des listes d'attente que les professionnels du secteur qualifient eux-mêmes de préoccupantes. Environ 480 000 hospitalisations en psychiatrie sont recensées chaque année en France : un volume d'activité considérable qui repose sur des équipes en sous-effectif chronique, ce qui explique en grande partie l'exaspération à l'origine du mouvement du 17 septembre.

Ce que la grève va concrètement changer dans les services

Comme pour tout mouvement de grève dans un service public de santé, un service minimum sera assuré pour les urgences vitales et les situations à risque immédiat : personne en crise suicidaire, décompensation aiguë ou nécessité d'une hospitalisation sous contrainte continuera d'être pris en charge le 17 septembre. En revanche, une partie des consultations programmées en CMP et des rendez-vous de suivi ordinaire pourrait être reportée dans les établissements suivant le mouvement, avec des disparités selon les régions et les hôpitaux concernés.

Au-delà de cette journée précise, la portée du mouvement est avant tout symbolique et médiatique : il vise à remettre sur le devant de la scène une crise que les professionnels jugent installée dans la durée et insuffisamment prise en compte par les pouvoirs publics, malgré son inscription répétée parmi les priorités de santé publique ces dernières années.

Pour toute personne suivie en psychiatrie publique et inquiète d'un impact sur son propre parcours de soin, le réflexe le plus utile reste de se rapprocher directement de son CMP ou du service hospitalier concerné dans les jours précédant le 17 septembre, afin de connaître les aménagements prévus localement plutôt que de se fier à des informations générales.

Un vide structurel que les praticiens de bien-être ne peuvent pas combler seuls

Cette nouvelle étape de la crise confirme, chiffres à l'appui, une tendance déjà documentée : l'écart entre le besoin d'accompagnement psychologique et émotionnel de la population et la capacité du système de soins public à y répondre continue de se creuser. Une partie de ce besoin — stress chronique, anxiété légère à modérée, difficultés relationnelles, périodes de transition de vie — relève légitimement de l'accompagnement non médical que proposent coachs, sophrologues ou psychopraticiens formés.

Mais cette même tension crée aussi un risque bien identifié : celui de voir des personnes en réelle détresse psychiatrique, faute de rendez-vous disponible en CMP dans des délais raisonnables, se tourner par défaut vers un praticien de bien-être qui n'a ni la formation ni la mission clinique pour y répondre seul. Le réflexe professionnel reste alors identique quelle que soit l'actualité : savoir repérer les signaux qui dépassent son cadre d'intervention et orienter sans délai vers un médecin, un psychiatre ou, en cas d'urgence vitale, vers le 15 ou le 3114.

Ce contexte explique en partie pourquoi les métiers de l'accompagnement bien-être continuent d'attirer des personnes en reconversion professionnelle, en particulier après 40 ou 50 ans : la demande sociale d'écoute et de soutien psycho-émotionnel ne faiblit pas, alors même que l'offre de soins publics se tend davantage chaque année.

Le psychopraticien, une posture d'accompagnement à la frontière assumée

Parmi les professions de l'accompagnement bien-être, celle de psychopraticien occupe une place particulière : sa formation croise plusieurs grandes approches thérapeutiques — psychanalyse, thérapies cognitivo-comportementales, Gestalt, hypnose, PNL, analyse transactionnelle — pour accompagner des difficultés psychologiques et émotionnelles qui ne relèvent pas d'une hospitalisation ni d'un suivi psychiatrique lourd.

Dans un contexte où la psychiatrie publique fait régulièrement la une pour ses tensions capacitaires, la solidité d'une formation de psychopraticien se juge aussi à la clarté avec laquelle elle enseigne les limites de cette posture : reconnaître les signaux qui imposent une orientation vers un psychiatre ou un médecin, et ne jamais chercher à se substituer à un suivi médical quand la situation l'exige. C'est un point de vigilance à vérifier avant de choisir un organisme de formation.

La formation pour devenir psychopraticien permet d'acquérir cette double compétence — une palette d'outils thérapeutiques et une lecture claire de ses propres limites professionnelles. Notre guide pour devenir thérapeute détaille plus largement la frontière entre accompagnement bien-être et suivi psychologique ou psychiatrique, une distinction que cette actualité rend une nouvelle fois particulièrement concrète.

Sources

Union Syndicale de la Psychiatrie (USP), communiqué intersyndical IDEPP, SPEP, SPH et USP « Stop au mépris et à la maltraitance de la psychiatrie publique ! », 2026.

WhatsUpDoc Le Mag, « "Une urgence républicaine" : la psychiatrie publique confirme sa grève le 17 septembre », septembre 2026.

Franceinfo, « Les psychiatres du secteur public menacent d'une grève mi-septembre », rubrique Santé mentale, 2026.

Appel à une journée de mobilisation et de grève des psychiatres publics du jeudi 17 septembre 2026, relayé par ESS et société / Santé-Environnement-Politique, juin et septembre 2026.

Questions fréquentes

Pourquoi les psychiatres publics font-ils grève le 17 septembre 2026 ?

Les quatre syndicats représentant les psychiatres hospitaliers publics (IDEPP, SPEP, SPH, USP) dénoncent l'absence de moyens supplémentaires à l'issue d'une réunion interministérielle de juin 2026, alors que la profession fait face à environ 30 % de postes de praticiens hospitaliers vacants, 15 % de postes d'internes non pourvus et un déficit d'environ 10 000 lits d'hospitalisation.

Que se passe-t-il pour les patients suivis en CMP ou hospitalisés pendant la grève ?

Un service minimum est assuré pour les urgences vitales et les situations à risque immédiat. Certaines consultations de suivi ordinaire en centre médico-psychologique (CMP) peuvent en revanche être reportées selon les établissements. Il est recommandé de se renseigner directement auprès de son CMP ou de son service hospitalier avant le 17 septembre.

Un coach ou un psychopraticien peut-il remplacer un suivi psychiatrique ?

Non. Un praticien de bien-être accompagne le stress, l'anxiété légère à modérée ou les difficultés relationnelles, mais n'a ni la formation ni la mission de traiter une pathologie psychiatrique. Face à des signaux de crise ou de danger, l'orientation immédiate vers un médecin, un psychiatre ou les secours (15, 3114) reste impérative, quel que soit le contexte de tension du système de soins public.

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