FormationThérapeute

Actualité · Publié le 19 août 2026 · 9 min de lecture

Mon Soutien Psy : 12 séances et fin de l'adressage obligatoire, ce que ça change pour les thérapeutes et praticiens de bien-être

Le dispositif Mon Soutien Psy évolue en profondeur : 12 séances remboursées par an au lieu de 8, fin de l'obligation de passer d'abord par un médecin, et généralisation du tiers payant à partir du 1er octobre 2026. Une réforme qui ne concerne pas directement les praticiens de bien-être non conventionnés, mais qui redessine tout l'écosystème du soin psychique en France.

Mon Soutien Psy : 12 séances et fin de l'adressage obligatoire, ce que ça change pour les thérapeutes et praticiens de bien-être

En bref

Un décret et un arrêté font évoluer Mon Soutien Psy : les séances remboursées passent de 8 à 12 par an, l'obligation d'adressage préalable par un médecin, une sage-femme ou un psychologue scolaire est supprimée, et le tiers payant sur la part prise en charge par l'Assurance Maladie sera généralisé à partir du 1er octobre 2026. Le dispositif, réservé aux psychologues conventionnés, a déjà bénéficié à environ 1,8 million de patients depuis 2022. Pour les praticiens de bien-être et thérapeutes non conventionnés (coachs, naturopathes, praticiens en relation d'aide), la réforme ne change rien à leur cadre d'exercice, mais elle élargit le nombre de personnes engagées dans une démarche de soin psychique et donc en recherche d'un accompagnement complémentaire.

Ce qui change concrètement dans le dispositif

Mon Soutien Psy permet depuis 2022 de consulter un psychologue conventionné avec un remboursement partiel par l'Assurance Maladie. Un décret et un arrêté récemment publiés font évoluer le dispositif sur trois points précis : le nombre de séances remboursées par an passe de 8 à 12, réparties entre une séance d'évaluation initiale et onze séances de suivi, contre une séance d'évaluation et sept séances de suivi auparavant. C'est un doublement quasi complet de la durée d'accompagnement possible sur une même année civile, ce qui change concrètement la nature du suivi proposé.

Deuxième évolution majeure : la suppression de l'obligation d'adressage préalable. Jusqu'ici, pour bénéficier du remboursement, il fallait d'abord consulter un médecin traitant, une sage-femme ou, pour les élèves, un professionnel de santé scolaire, qui orientait ensuite vers un psychologue conventionné. Cette étape, pensée à l'origine comme un filtre de régulation, était aussi identifiée comme un frein réel à l'accès aux soins : délais de rendez-vous chez le médecin, appréhension à évoquer un mal-être psychique en consultation générale, ou simple méconnaissance du circuit. Elle disparaît, ce qui permet une prise de contact directe avec le psychologue.

Troisième changement, à effet plus tardif : le tiers payant sur la part prise en charge par l'Assurance Maladie sera généralisé à partir du 1er octobre 2026. Le patient n'aura donc plus à avancer les 30 euros correspondant à la part remboursée avant de se faire rembourser a posteriori, ce qui supprime une barrière financière immédiate, en particulier pour les publics aux revenus modestes ou les jeunes adultes en début de vie active.

Pourquoi cette réforme intervient maintenant

Cette évolution s'inscrit dans un contexte où la santé mentale a été déclarée grande cause nationale en 2025 et reconduite en 2026, avec la création d'une Délégation à la santé mentale et à la psychiatrie rattachée à la Direction générale de la santé. Le dispositif Mon Soutien Psy, depuis son lancement, a déjà accompagné près de 1,8 million de patients, et le nombre de bénéficiaires annuels a été multiplié par cinq entre 2022 et 2025 : la demande dépasse largement les prévisions initiales, ce qui pousse les pouvoirs publics à simplifier l'accès plutôt qu'à le contingenter davantage.

L'été 2026 a par ailleurs été marqué par plusieurs vagues de canicule successives, avec un impact documenté sur la santé mentale : hausse des consultations pour anxiété, attaques de panique et services d'urgences psychiatriques sous tension. Ce contexte climatique et sanitaire renforce l'urgence perçue d'un accès facilité aux soins psychologiques, au moment même où la rentrée concentre traditionnellement les décompensations liées au stress accumulé pendant l'été et à la reprise du rythme professionnel et scolaire.

Le calendrier n'est donc pas anodin : en simplifiant l'accès juste avant la rentrée, l'objectif affiché est d'éviter que les personnes en difficulté psychique n'attendent plusieurs semaines avant de consulter, période pendant laquelle une souffrance modérée peut s'aggraver. C'est une logique de prévention précoce qui rejoint les orientations déjà prises pour le repérage en milieu scolaire.

Un dispositif réservé aux psychologues, mais un signal pour tout l'écosystème

Il est important de le préciser clairement : Mon Soutien Psy est réservé aux psychologues conventionnés par l'Assurance Maladie, un statut professionnel encadré qui ne concerne ni les coachs, ni les naturopathes, ni les praticiens en relation d'aide, en hypnose ou en art-thérapie. Ces derniers exercent dans un cadre non médical, non remboursé, et ne peuvent en aucun cas se présenter comme relevant de ce dispositif. La distinction entre psychologue, psychothérapeute, psychopraticien et coach reste un repère essentiel, aussi bien pour les professionnels que pour le public qu'ils accompagnent.

Pour autant, cette réforme envoie un signal fort à l'ensemble du secteur du bien-être : la France investit massivement dans l'accès aux soins psychiques, ce qui légitime et normalise la démarche de consulter pour aller mieux. Les personnes qui franchissent le pas avec un psychologue via Mon Soutien Psy sont statistiquement plus enclines, une fois engagées dans une dynamique de mieux-être, à s'intéresser à des approches complémentaires : gestion du stress, sophrologie, méditation, coaching de vie, ou accompagnement à la parentalité.

Cet effet d'entraînement profite à l'ensemble de l'écosystème du soin et de l'accompagnement, à condition que chaque professionnel reste précisément dans son rôle et sa légitimité. Un praticien de bien-être n'est ni un substitut ni un concurrent du psychologue conventionné : il occupe un espace complémentaire, souvent plus accessible en termes de délais, mais non remboursé et non médical.

Des opportunités concrètes pour les praticiens de bien-être

La première opportunité est celle du réseau. À mesure que le dispositif Mon Soutien Psy se démocratise, des psychologues conventionnés, souvent débordés par la demande malgré l'assouplissement des règles, orientent parfois leurs patients vers des ressources complémentaires pour la gestion quotidienne du stress ou de l'anxiété entre deux séances. Un praticien en relation d'aide, en sophrologie ou en coaching qui a construit une relation de confiance avec des psychologues locaux peut bénéficier de ce relais, à condition de communiquer sur son positionnement de manière claire et honnête.

La seconde opportunité concerne la structuration de l'offre. Plus le grand public se familiarise avec l'idée de consulter pour sa santé mentale, plus il devient réceptif à des accompagnements non médicaux qui travaillent sur des dimensions voisines : confiance en soi, gestion des émotions, sommeil, équilibre de vie. Se former sérieusement à l'écoute active et à la relation d'aide permet de proposer un accompagnement crédible, cadré, qui trouve naturellement sa place aux côtés du soin psychologique plutôt qu'en opposition avec lui.

Enfin, cette actualité est aussi l'occasion, pour qui envisage une reconversion vers les métiers de l'accompagnement, de mesurer à quel point la demande d'écoute et de soutien psychologique au sens large progresse en France. Ce n'est pas un marché de niche : c'est un besoin de société qui structure durablement l'offre de soin et de bien-être, bien au-delà du seul cadre médical.

Les limites à connaître avant de se positionner

Cette réforme ne doit pas être interprétée comme une invitation à brouiller les rôles. La Miviludes rappelle régulièrement que la santé et le bien-être figurent parmi les premiers domaines de signalement de dérives sectaires ou thérapeutiques en France, notamment lorsque des praticiens non médicaux laissent entendre, explicitement ou non, qu'ils peuvent traiter une dépression, un trouble anxieux caractérisé ou toute pathologie relevant du soin psychiatrique ou psychologique.

Un praticien de bien-être sérieux ne se substitue jamais à un suivi médical ou psychologique : il oriente, au contraire, vers un professionnel de santé dès qu'un signe de mal-être dépasse le champ de l'accompagnement non médical, et il communique sur ses limites avec la même clarté que sur ses compétences. C'est cette rigueur, bien plus qu'un projet de reconversion mal préparé, qui construit une réputation durable dans un secteur de plus en plus regardé de près par les pouvoirs publics.

Ces approches de bien-être ne remplacent ni un diagnostic médical, ni un suivi psychologique ou psychiatrique : elles s'inscrivent en complément, dans un cadre déontologique clair, et jamais en substitution d'un accompagnement de santé quand celui-ci est nécessaire.

Sources

Cet article s'appuie sur les publications relatives à l'évolution du dispositif Mon Soutien Psy parues en 2026, notamment l'article de Vidal.fr « Évolution du dispositif Mon soutien psy : des séances en plus et un accès simplifié » (6 août 2026), ainsi que les synthèses reprises par la presse spécialisée santé et protection sociale sur le décret et l'arrêté modifiant l'article R. 162-65 du code de la sécurité sociale (passage à 12 séances, suppression de l'adressage, généralisation du tiers payant au 1er octobre 2026). Les chiffres sur la fréquentation du dispositif (1,8 million de patients, multiplication par cinq des bénéficiaires entre 2022 et 2025) proviennent des communications de l'Assurance Maladie et du portail interministériel info.gouv.fr sur la santé mentale, grande cause nationale 2025-2026.

Les modalités précises d'application (calendrier exact de mise en œuvre selon les territoires, conditions de facturation pour les psychologues conventionnés) peuvent évoluer. Cet article a une vocation informative et ne constitue ni un conseil médical ni une garantie de prise en charge : pour toute question sur un accompagnement psychologique, l'interlocuteur de référence reste un professionnel de santé.

Questions fréquentes

Qui peut bénéficier du dispositif Mon Soutien Psy ?

Toute personne de plus de 3 ans peut consulter un psychologue conventionné dans le cadre de Mon Soutien Psy. Depuis l'évolution récente du dispositif, il n'est plus nécessaire d'obtenir au préalable un adressage par un médecin, une sage-femme ou un professionnel de santé scolaire : la prise de rendez-vous se fait directement auprès du psychologue conventionné.

Un coach, un naturopathe ou un praticien en relation d'aide peut-il proposer Mon Soutien Psy ?

Non. Le dispositif est strictement réservé aux psychologues conventionnés par l'Assurance Maladie, un statut professionnel encadré par un diplôme reconnu. Les praticiens de bien-être non médicaux exercent dans un cadre différent, non remboursé, complémentaire au soin psychologique mais jamais substitutif.

Cette réforme a-t-elle un impact direct sur l'activité des praticiens de bien-être ?

Pas de manière réglementaire directe, puisqu'elle concerne un dispositif qui leur est inaccessible. En revanche, elle a un effet indirect : en démocratisant l'accès aux soins psychologiques, elle familiarise davantage de Français avec la démarche de consulter pour leur santé mentale, ce qui accroît aussi la réceptivité du public aux accompagnements de bien-être complémentaires, à condition qu'ils restent clairement positionnés comme tels.

Cette page peut aider quelqu'un ?

Partagez-la en un clic — l'aperçu (image et titre) est généré automatiquement.

Et vous, quel thérapeute êtes-vous fait pour devenir ?

Faites votre bilan d'orientation gratuit en 3 minutes et recevez par e-mail votre voie idéale et les formations qui vous correspondent.

Suivez l'actualité du secteur

Réglementation, financement, marché du bien-être : nous publions chaque jour ce qui change pour les thérapeutes et les praticiens.

Suivre sur LinkedIn