En bref
Le décret n° 2026-728 du 1er août 2026, publié au Journal officiel le 4 août, met à jour le référentiel national qualité qui sert de base à la certification Qualiopi. La nouvelle version passe de 32 à 33 indicateurs et impose surtout une transparence renforcée : les organismes devront afficher leurs taux de réussite et d'insertion par formation et par promotion, et non plus sous forme de moyenne globale flatteuse. Le texte entre en vigueur le 1er novembre 2026, laissant environ trois mois aux organismes concernés pour s'y conformer. Pour toute personne en reconversion vers un métier du bien-être, ce changement offre un critère concret et vérifiable pour distinguer une formation rigoureuse d'une offre approximative.
Ce que dit le nouveau décret
Le décret n° 2026-728 du 1er août 2026, publié au Journal officiel le 4 août sous la référence NOR TRSD2619632D, modifie le référentiel national qualité (RNQ) des organismes réalisant des actions concourant au développement des compétences. Ce référentiel est le socle technique sur lequel repose la certification Qualiopi, obligatoire pour tout organisme de formation, centre de formation d'apprentis (CFA) ou prestataire de bilans de compétences et d'accompagnement à la validation des acquis de l'expérience (VAE) souhaitant percevoir des fonds publics ou mutualisés — dont le Compte Personnel de Formation (CPF).
Concrètement, cette mise à jour, déjà surnommée « Qualiopi V10 » par les professionnels du secteur, fait passer le référentiel de 32 à 33 indicateurs répartis sur les sept critères qualité existants, qui restent eux inchangés dans leur architecture générale. Un organisme de formation « classique » continue de ne répondre qu'à une sélection d'environ 22 indicateurs sur les 33, le nouvel indicateur numéro 33 étant spécifiquement dédié aux CFA et aux parcours d'apprentissage.
Le texte prévoit une entrée en vigueur au 1er novembre 2026, ce qui laisse environ trois mois aux organismes concernés pour ajuster leurs procédures internes, leurs supports de communication et leurs enquêtes de satisfaction avant le prochain audit de surveillance ou de renouvellement Qualiopi.
Pourquoi cette réforme intervient maintenant
Cette évolution du référentiel ne surgit pas isolément : elle s'inscrit dans un mouvement de durcissement du contrôle qualité de la formation professionnelle engagé depuis le début de l'année 2026. Depuis le 2 avril, toute personne mobilisant son CPF doit s'acquitter d'une contribution de 150 euros par formation, une mesure destinée à responsabiliser les stagiaires dans leur choix. Depuis le 1er juillet, seuls les organismes certifiés Qualiopi restent éligibles aux financements du FAFCEA pour les artisans.
Le Comité français d'accréditation (Cofrac), chargé d'accréditer les organismes certificateurs, dispose par ailleurs de pouvoirs renforcés pour mener des contrôles directs sur le terrain, afin de vérifier que les certifications délivrées correspondent bien aux pratiques réelles des organismes et pas seulement à des dossiers administratifs bien remplis.
Cette accumulation de mesures répond à un même constat, documenté depuis plusieurs années par France Compétences et la Cour des comptes : une partie de l'offre de formation financée par des fonds publics reste de qualité inégale, avec des taux de satisfaction et d'insertion parfois embellis dans la communication commerciale sans que l'acheteur — souvent un particulier en reconversion — puisse aisément vérifier la réalité des chiffres avancés.
La fin des moyennes globales trompeuses
La mesure la plus concrète de cette réforme pour le grand public tient à l'obligation de transparence renforcée sur les résultats. Jusqu'ici, un organisme pouvait légitimement communiquer un taux de satisfaction ou d'insertion professionnelle agrégé sur l'ensemble de son catalogue, ce qui permettait à une formation peu performante de se fondre dans une moyenne flattée par d'autres programmes plus solides de la même structure.
Le nouveau référentiel impose désormais que ces indicateurs soient publiés formation par formation et, pour les parcours diplômants ou certifiants, promotion par promotion. Un organisme proposant à la fois une formation de naturopathe très suivie et un module confidentiel peu abouti ne pourra plus dissimuler les résultats du second derrière les bons résultats du premier.
Cette exigence s'accompagne d'une clarification du langage commercial autorisé : les débouchés annoncés devront correspondre à une réalité vérifiable du marché de l'emploi ou de l'activité indépendante, et non à une promesse générique difficile à objectiver — un point sensible dans le secteur du bien-être, où les perspectives de revenus varient fortement selon le métier et le territoire.
Qui est concerné et selon quel calendrier
Le texte s'applique à l'ensemble des organismes de formation professionnelle continue, aux CFA, ainsi qu'aux prestataires réalisant des bilans de compétences ou un accompagnement à la VAE, dès lors qu'ils sollicitent ou perçoivent des financements publics ou mutualisés. Les organismes qui ne fonctionnent que sur fonds strictement privés, sans mobiliser de CPF ni d'autre dispositif public, ne sont pas soumis à l'obligation Qualiopi et donc pas directement concernés par ce décret.
Pour les organismes déjà certifiés, la bascule ne sera pas immédiate : ils continueront d'être audités sur l'ancienne version du référentiel jusqu'à leur prochain audit programmé après le 1er novembre 2026, ce qui laisse un délai d'adaptation progressif plutôt qu'un big bang réglementaire du jour au lendemain.
France Compétences a par ailleurs annoncé qu'une réforme plus large du référentiel national qualité, portant notamment sur les modalités de contrôle documentaire, serait engagée entre septembre 2026 et janvier 2027 — signe que ce décret d'août constitue une première étape dans un mouvement de fond, et non un ajustement isolé.
Ce que ça change pour choisir sa formation de thérapeute ou de praticien
Pour toute personne qui envisage une reconversion vers un métier du bien-être — naturopathe, praticien en médecines douces, coach ou accompagnant — ce durcissement offre un critère de sélection concret et vérifiable, là où le choix reposait trop souvent sur la seule qualité perçue d'une page de vente ou d'avis clients parfois difficiles à authentifier.
À partir du 1er novembre 2026, il deviendra pertinent de demander directement à un organisme ses taux de réussite et d'insertion par formation, et pas seulement son taux de satisfaction global affiché sur son site. Un organisme réellement engagé dans une démarche qualité communiquera sans difficulté ces chiffres détaillés ; une réticence à les fournir constitue en soi un signal utile.
Ce réflexe rejoint une vigilance déjà nécessaire face aux dérives commerciales ou sectaires parfois observées dans le secteur du bien-être, un sujet que ce blog a déjà abordé à propos du renforcement des contrôles RGPD et Miviludes : la transparence sur les résultats est un rempart de plus contre les organismes qui misent sur la promesse plutôt que sur la preuve.
Une opportunité pour les praticiens qui envisagent de former à leur tour
Ce texte concerne aussi, plus directement, les praticiens de bien-être installés qui envisagent de développer une activité de formation ou de transmission — une évolution de carrière fréquente après plusieurs années d'exercice en cabinet. Pour ces professionnels, le nouveau référentiel implique d'anticiper dès maintenant la mise à jour de leurs enquêtes de satisfaction et de leurs indicateurs de suivi, plutôt que de découvrir ces exigences au moment de l'audit.
C'est également un argument de différenciation à moyen terme : un organisme qui adopte par anticipation cette transparence renforcée, avant même l'échéance de novembre, envoie un signal de sérieux fort à des prospects de plus en plus attentifs à la fiabilité des chiffres avancés dans un marché du bien-être en croissance rapide mais parfois concurrentiel sur la communication plus que sur les résultats.
Que l'on soit en train de choisir sa propre formation de naturopathe ou d'envisager, à terme, de transmettre son métier, ce mouvement réglementaire pointe dans la même direction : la vérifiabilité des résultats devient un critère central. Le guide pour se reconvertir dans le bien-être détaille les autres points de vigilance à connaître avant de s'engager dans une formation.
Sources
Légifrance, décret n° 2026-728 du 1er août 2026 relatif au référentiel national sur la qualité des actions concourant au développement des compétences, publié au Journal officiel le 4 août 2026 (NOR TRSD2619632D).
Certification QSE, « Décret 2026-728 : ce que change le nouveau référentiel Qualiopi V10 pour votre organisme de formation », août 2026.
Filiz, « Qualiopi CFA : 33 indicateurs au 1er novembre 2026 et V10 », août 2026.
MonPoleFormation, « CPF : nouvelles règles de qualité et d'utilisation en 2026 » et « Nouvelles règles CPF 2026 : ce qui change pour mobiliser vos droits », 2026.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le décret n° 2026-728 du 1er août 2026 change concrètement ?
Il met à jour le référentiel national qualité qui sert de base à la certification Qualiopi, en le faisant passer de 32 à 33 indicateurs et en imposant aux organismes de publier leurs taux de réussite et d'insertion professionnelle formation par formation, et non plus sous forme de moyenne globale. Les sept critères Qualiopi restent inchangés dans leur architecture.
Quand ce nouveau référentiel Qualiopi entre-t-il en vigueur ?
Le texte, publié au Journal officiel le 4 août 2026, entre en vigueur le 1er novembre 2026. Les organismes déjà certifiés continueront d'être audités sur l'ancienne version jusqu'à leur prochain audit programmé après cette date, ce qui laisse un délai d'adaptation progressif.
En quoi ce décret aide-t-il à choisir une formation de thérapeute ou de praticien bien-être sérieuse ?
À partir du 1er novembre 2026, il devient possible de demander à un organisme ses taux de réussite et d'insertion détaillés par formation plutôt qu'une moyenne globale flatteuse. Un organisme rigoureux communique ces chiffres sans difficulté ; une réticence à les fournir constitue un signal d'alerte utile avant de s'engager financièrement, notamment via le CPF.




