En bref
La note de juillet 2026 de l'Observatoire du Bien-être (CEPREMAP x Insee, enquête Camme) montre que plus d'un quart des Français se sont sentis seuls au cours de la semaine précédant l'enquête, un chiffre suivi depuis un an qui touche en priorité les ménages modestes. La satisfaction de vie générale reste stable et le bien-être émotionnel profite de l'été, mais la satisfaction au travail demeure durablement dégradée depuis juin 2025. Pour les praticiens de bien-être (coachs de vie, praticiens en relation d'aide, instructeurs de méditation), cela confirme une demande réelle d'accompagnement du lien social et de la reconnaissance professionnelle, à condition de rester dans un rôle d'écoute et d'accompagnement, sans jamais se substituer à un suivi médical ou psychologique en cas de détresse installée.
Ce que révèle la note de l'Observatoire du Bien-être
Depuis 2016, l'Observatoire du Bien-être du Cepremap (Centre pour la recherche économique et ses applications) finance un module de vingt questions sur le bien-être des Français, intégré à l'enquête mensuelle de conjoncture auprès des ménages (Camme) réalisée par l'Insee. Chaque trimestre, une note analyse les résultats de ce module sur un échantillon représentatif d'environ 1 800 personnes. La dernière livraison, publiée début juillet 2026 et portant sur les données de juin, s'inscrit dans la continuité du printemps : une satisfaction de vie générale proche de sa moyenne de long terme, un sentiment que la vie a du sens qui reste élevé, et un bien-être émotionnel qui profite des beaux jours.
Le point de bascule de cette édition ne porte donc pas sur l'indicateur central de satisfaction, resté stable depuis trois trimestres, mais sur une question plus récente, introduite il y a un an dans le questionnaire : le sentiment de solitude au cours de la semaine précédente. Résultat, plus d'un quart des personnes interrogées répondent s'être senties seules au moins une fois durant cette période. C'est un chiffre suffisamment élevé pour interpeller au-delà du cercle des chercheurs en économie du bien-être, dans un pays où le sujet de l'isolement reste peu quantifié en dehors des études ciblées sur les personnes âgées.
Autre enseignement de la note : la satisfaction liée au travail continue d'afficher des résultats médiocres, une tendance amorcée dès juin 2025 et qui ne se dément pas un an plus tard. Le Cepremap souligne que cette dimension reste le point noir le plus stable de son tableau de bord trimestriel, alors que les autres indicateurs (sens, émotions positives, satisfaction générale) fluctuent davantage au fil des saisons.
La solitude, un indicateur encore jeune mais déjà parlant
Contrairement à la satisfaction de vie, suivie depuis 2016, la question sur le sentiment de solitude n'a été ajoutée au questionnaire Camme que l'an dernier. Ce recul d'une seule année empêche pour l'instant de parler de tendance de fond : on ne sait pas encore si ce quart de Français concernés progresse, recule ou stagne d'une année sur l'autre. Ce que la note permet en revanche d'affirmer, c'est que le phénomène n'est ni marginal ni circonscrit à une tranche d'âge : il traverse l'échantillon représentatif dans son ensemble, bien au-delà des seules personnes âgées isolées régulièrement documentées par ailleurs.
Ce chiffre rejoint des constats déjà posés par d'autres organismes sur l'isolement social en France, qui documentent depuis plusieurs années la progression du sentiment de solitude chez les actifs comme chez les retraités, sous l'effet conjugué du télétravail, de l'éclatement géographique des familles et de la réduction du temps consacré aux liens de proximité. La nouveauté de la note Cepremap est de replacer ce ressenti dans un cadre de suivi régulier et standardisé, ce qui permettra, trimestre après trimestre, de mesurer si les politiques publiques ou les initiatives associatives parviennent à infléchir la courbe.
Pour les professionnels de l'accompagnement, la portée de ce chiffre dépasse la seule statistique : il objective un ressenti que beaucoup de coachs, de praticiens en relation d'aide ou d'instructeurs de méditation observent déjà en séance, sans disposer jusqu'ici d'un indicateur national aussi régulier pour l'étayer face à leurs clients ou dans leur propre communication professionnelle.
Un décrochage plus marqué chez les ménages modestes
La note insiste sur un point de vigilance : sur l'ensemble des questions relatives aux relations proches (présence d'un entourage sur qui compter, qualité perçue des liens familiaux et amicaux), les ménages aux revenus les plus modestes affichent systématiquement des niveaux de satisfaction plus faibles que le reste de l'échantillon. Le Cepremap y voit la combinaison de deux fragilités qui se renforcent mutuellement : une contrainte budgétaire qui limite les occasions de sociabilité (sorties, activités partagées, déplacements pour voir des proches) et un réseau familial et social qui, pour cette population, s'avère statistiquement moins étoffé et moins protecteur.
Ce croisement entre précarité économique et isolement relationnel n'est pas propre à l'édition 2026 : il apparaît de façon récurrente dans les rapports annuels de l'Observatoire depuis sa création. Mais sa confirmation trimestre après trimestre, alors même que d'autres indicateurs de bien-être restent stables, souligne que l'amélioration générale du contexte économique ou climatique (les beaux jours de l'été, par exemple) ne suffit pas à elle seule à combler cet écart structurel entre catégories de revenus.
Cette donnée intéresse directement les praticiens de bien-être qui interviennent en collectivité, en entreprise ou via des dispositifs à tarifs solidaires : elle rappelle que l'accès à un accompagnement de qualité — coaching, ateliers de groupe, séances collectives de méditation ou de relaxation — reste inégalement réparti, et que les publics qui en auraient le plus besoin sont aussi souvent ceux qui y accèdent le moins spontanément.
La satisfaction au travail, un point noir qui dure
Depuis juin 2025, la dimension « travail » du tableau de bord de l'Observatoire affiche des résultats systématiquement moins bons que les autres dimensions suivies. Un an plus tard, la note de juillet 2026 confirme que cette dégradation n'était pas un accident conjoncturel : elle s'installe dans la durée, pendant que le reste des indicateurs (sens donné à sa vie, émotions positives, satisfaction générale) retrouve des niveaux plus proches de leur moyenne historique. Le Cepremap ne détaille pas dans cette note les causes précises de ce décrochage sectoriel, mais le constat rejoint celui d'autres baromètres professionnels qui pointent, depuis plusieurs éditions, une tension persistante autour de la reconnaissance au travail et de la charge mentale des salariés.
Ce contraste entre un bien-être général qui tient et une satisfaction professionnelle qui ne décolle pas dessine un terrain familier pour les coachs de vie et les coachs santé et bien-être en entreprise : des personnes globalement stables dans leur vie personnelle, mais en tension chronique sur leur rapport au travail, sans que cette tension bascule nécessairement vers une pathologie relevant du soin. C'est précisément l'espace d'intervention du coaching non thérapeutique, centré sur la clarification des objectifs et la reprise de contrôle sur sa situation professionnelle.
Le maintien de ce point noir sur plusieurs trimestres consécutifs plaide aussi pour des accompagnements dans la durée plutôt que ponctuels : un problème qui persiste depuis un an ne se résout généralement pas en une seule séance, ce qui renforce l'intérêt des formats de coaching structurés sur plusieurs mois plutôt que des interventions isolées.
Quel rôle pour les coachs et praticiens de bien-être ?
Ces chiffres ne transforment pas les coachs ou les praticiens de bien-être en professionnels de santé mentale : ce n'est ni leur rôle, ni leur cadre légal en France, où le coaching demeure une profession non réglementée qui ne diagnostique ni ne traite aucune pathologie. Mais ils confirment une réalité de terrain que beaucoup de professionnels du secteur constatent déjà : une part croissante de leur clientèle vient chercher, au-delà d'un objectif professionnel ou personnel précis, un espace d'écoute régulier et un lien humain structuré dans le temps, deux réponses concrètes au sentiment d'isolement documenté par la note du Cepremap.
Pour un coach de vie, cela peut se traduire par une attention particulière portée aux dimensions relationnelles de l'accompagnement, au-delà du seul objectif affiché par le client au départ : encourager la reconstitution d'un réseau de soutien, valoriser les petites victoires sociales, ou simplement offrir un rendez-vous régulier qui structure la semaine. La formation pour devenir coach de vie insiste d'ailleurs sur une méthode en six séances qui installe précisément ce cadre récurrent, plutôt qu'un accompagnement ponctuel sans suivi.
Cette vigilance a cependant une limite claire qu'il convient de toujours garder à l'esprit : quand la solitude s'accompagne de signes de détresse psychologique installée (perte d'élan durable, idées noires, repli total), le rôle du praticien de bien-être est d'orienter sans délai vers un médecin ou un psychologue, jamais de chercher à traiter seul une situation qui dépasse son cadre d'intervention. Le guide pour devenir thérapeute ou praticien de bien-être détaille précisément où se situent ces limites déontologiques, essentielles à connaître avant de se lancer.
Sources
Cepremap (Centre pour la recherche économique et ses applications), Observatoire du Bien-être, note trimestrielle « Le bien-être des Français — Juin 2026 », publiée en juillet 2026 (cepremap.fr), à partir du module bien-être de l'enquête mensuelle de conjoncture auprès des ménages (Camme) réalisée par l'Insee auprès d'environ 1 800 personnes représentatives de la population française.
Questions fréquentes
Que mesure exactement l'Observatoire du Bien-être du Cepremap ?
Depuis 2016, l'Observatoire finance un module de vingt questions sur le bien-être des Français (satisfaction de vie, émotions, sens, relations proches, solitude), intégré à l'enquête Camme de l'Insee et analysé chaque trimestre auprès d'environ 1 800 personnes représentatives.
Un coach de vie peut-il accompagner une personne qui se sent seule ?
Oui, dans la mesure où l'isolement relève d'un accompagnement du lien social et des objectifs de vie, sans pathologie associée. Un coach de vie n'est en revanche pas habilité à traiter une détresse psychologique installée : dans ce cas, l'orientation vers un médecin ou un psychologue reste indispensable.
Pourquoi la satisfaction au travail reste-t-elle basse alors que le bien-être général se stabilise ?
La note du Cepremap ne détaille pas les causes précises, mais souligne que cette dégradation, amorcée en juin 2025, est désormais installée dans la durée alors que les autres indicateurs de bien-être (sens, émotions, satisfaction générale) évoluent plus favorablement au fil des saisons.




